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il MUSÉE DE U CORÉOlE-niAlICtlSE
/t* ^ — ^VJ".
C« tîlre pariillra sans doute un peu
brétflUtieUK au plus grand nombre des
Qhtrisiens et deâ ^IraDgers qui sont on-
Lti^s 11 In Comédie-Fraii>;aise. Un masée, lu
ifeunion d'une dizaine de bustes, de sîx. ou
'pt elittues qui décorent le foyer public et
j« couloirs! Malgré le mérite de certaîiius
le ces ojiivres, cela ne justifie ^uâic cette
k^noDÙtulioii qui implique l'idée d*UQe
lollection considérable. Quelle imaginatJoa
ic celle de ces écrivains ! A ce eomplâ-U,
^arîa posséderait dix mille musées, et Isa
iltent» de Cook et C ne sauraient plus i\-
luel guide bc vouer et se contenteraient
[ans la crainte de ne pouvoir les visiter .
[ou9i de parcourir les Halles et de faire
"ascension de la colonne Vcndi>me. VoiU
■tainement quelqi "'^unes des réflesîons
'il nous semble dej^'î '"îndre. Or, rien
_i'est plus exact ; la Coni^-iie-Frainjaifie
lipossêde bel et bien un œusée particulier,
Un musée pi'écieu-t, original, fort curîeui,
amU parfaiteaient ignoré, hormis des rares
privilégiés qui ont la bonue fortune d'ftre
Admis dans l'iiitimité de U m-jîson de Mo-
lière : un muBJe qui a fourni ^ un de nos
unis et confn'res, M. René Delorme, le
iDJet d'un ouvrage des plus intéressafitâ,
' lité a\-ec un très grand luje par un jeune
iteur, M. OlIendorfF.
Ce musée> dont les éléments sout dlssé-
un peu partout dans l'édifice, sous le
éristyle d'entrée, dans les esc.iUers, au
lyer du public, dans les couloirs du ihéà-
I, dans quelques It^es, au foj-er des .ir-
t«s, dans les salles de l'administration,
M les gaierieSi etc., etc., ne compte
pta moins de 171 peintures, C3 dca^ii»,
aquarûlK'S ou miniatures. 110 sculptures :
jûitue^t bas-iMîefs, bustes en marbre, plâ-
M(pe, bronzes et terres-cuites, figurines eu cé-
'-TWDiqve.
Les peintures sont signées : Mignard, Cé-
r V;m Loo, Largiilière. Notscber, d«
Troy, Lcnoir, Charles Lebrun, Jouvenet,
Fra^onard, Lagrenée, Nattier, David, Dela-
croik. Boilly, Gros, Nonnotte. Ingres, Du-
bulft. Geoffroy, Picot, Robert Fleury, Lch-
mann. L6rè\-re, Gérom?, PerignoB, Boutan-
Lflr, Vigée Lebrun, Chaplin, Muller, Coi-
gnet, etc. Au bas des statues et des bustes,
nous lisons les noms suivants : Houdon,
CBllIeri.Pajou, Clésinger, Galteaus, Oliva,
David d'Angers. Etex, Dantan aSud. Chapu,
Durct. BaMboldi, Feuchères. Coysevox,
Dantan jeune, Jouffroy, etc. ijuandi! s'agît
de tels noms et d'un cbifTre d'œuvres aussi
sérieux, le terme de musée n'est certaine-
ment pas prét«ntieux.
Tn dehors de la valeur artistique d'un
certain nombre d'œuvres, telles que le
T Voltaire et \e Molière de Iloudon, k»\a-
S inv t)e ' JfPrcc Sand, de Cliiainaer,
'f la Coi!iédif-l''rnn.;-aise par M. È,
.Jli portrait de Wle Duelm par Lar^ïîjre!
de cctaî do Mlle lolj par David, du B(ww
da de Troy, dea portraits réunis d* h
Chnmpiii«.ilé et de Mlle Desmarcs, par Fi'9l|
>;*!B de Troy, du Pn't'Hk de César Vm
l.oo: du />/.Yun de Lcnoir, du bualaj
Uiitreny par l^jou. de« biulcs de Rotd
de Corneille. Piron, Th. Corneille par flB
tieri, etc., ce qui donne su mus^ do la 19
raédi»-Fran<:ai>e un prix ineslimAhl*!
un trO'B vif înlcrêt, c'est que loui* ksi*
l.leaux, sculptures, detsina, etc., «ont de
documenta historiques d'une autheoUriU
indiscutable, oencernant exclus! venm^
Couiédia- Frsai;«ise. le^ artistes célébre^fl
•n ont fait partia depui» aa nwdotioni'fl
ron, Fleury, Talma, Mole, Poiiïon, Lel^|
Lai'iv«i, Fù-min, Monval, Ugfitr, HîoflH
Grandmesnil, IVéville, Dapti^le atoé, 13
jraïoni Dufrosny, Joanny, Mîcbot, Afin
V.r^trbt CUampmeslé, Ouclos, Joly. FletuS
I}uniesn\li Rachel. Mars, Reucourt, etc.» «
Jes éi^rivains dont les oi^uvres forment sm
répertoire incomparable.
V'n des tableaux les plus prûcîoux at
point de vue historique, est uno compoai
n d'auteur, datée do 1U70,
pr*
I, gami
■nnadi
vidëa
lolS
1. U»\a-; ot\;«
•. c6ûèfti\ Uo'v
deG\rac^\ \*^
venant de la galerie du cardinal de Loyoet
archevêque de Sens, et donnée en l^Jir> à b
Corné die- Française par un amateur, M. Af
t'redLorne- D'upri\s une inscription, placéi
en haut de la toile sur un écussoa. elle re
présente les Farceurs françaU et italien,
depuis soixaiUe aru H piaa. La scijne es
un décor de place publique, au milieu du-
quel paradent tous I« ty^ies de la comédb
française et de la eomédie italienne, gr —
badaut et grimaçant. Ti-ois personnt
ont iSté traiiésavec une déférence évïdb
par l'arlistô : Jodelet, Poisson et MoliJ-,
Le grand poëte, dans le costume d'Araoli
phe de VEco!e des fcrrtm's, calmn ot dign»
et debout à la gauche du tableau, montri
du doigt les fantoches de la conurdic ils
Tienne. 3a physionomie correspond exacte
ment au signalement qu'a laissé de l'iin
mortel artiste Mlle Poisson. Oo est do]i<
autorisé à considéi'er ce portrait comme al)
solument authentique.
Les tableaux de Gefïiroy : la CotnédU
Française en 18J>0 et la 'ComédicFrfm
çaiêe en ISGJ,. sont également du plu
haut iotéft't au point de vue historique; U
noua offrent les porlraîLs des artialos coin
posant la Iroupe de la maison de Jloliép
et de Corneille il ce» deux époques et dan
les costumes typiques de leurs princîpau:
rôles. Nous citerons aussi dans lo mSia
genre l'esquisse du Dn-nier moment d
Talnia. de RuLeit-FIeurv, où doue ifijS
vons réunis dana cette sct-ne émsuvaufl
de Jony, Amault, Pînnia, Caroline Vanhove;
.Marchais, Nicault, Paul et Jules "lalnu.
Oos documents, pour U çtuqai-t w^i4ya
d^ ïMtfWrt^ft-œiftti.VS. ^î*tV
Comddie-l''rani;aise et sur la vie de quel-
ques artistes et écrivains. Nous signalons
entre antres une pétilion collective adres-
sée en 1780 au préaident de l'Assem-
blée nationale par les arlistei pour ré-
clamer lours droits de citoyens français :
K Des hommes honnêtes, " y est-il dit,
» peuvent braver un préjugé que 1*"' loi
» désavoue ; maïs personne ne peut braver
H un décret ni même le silence de l'As-
ji ssemblée sur son état, n
Le musée de la Corné die -Franc aise eat
un musée assez important et assez intéres-
sant pour que l'on doive reâretter qu'il no
soit pas plus connu, et que le public si in-
telligent qui se presse chaque soir dans
notre premier théâti-e dramatique ne puisse
le voir et l'admirer. Nous nous associons
complètement au vœu fermé par M. René
Delorme pour la création au théâtre l'Vaa-
çais d'une galerie spéciale, d'un fojertrés
vaste, où toutes ces œuvres précieuses, tous
ces documents artistiques si curieux, dissé-
minés, enfouis et perÂus dans des salons et
des couloirs mal éclairés et exigus, seraient
exposés aux regards du public. Cette ga-
lerie des ancêtres et des gloires de la Co-
médie-Française formerait une annexe
toute naturelle et très utile du théâtre où
le culte de leur mémoire et l'étude de leurs
œuvres, constituent une des traditions les
plus religieusement conservées.
Makil's Vacoon.
DOCUMENTS HISTORIQUES
SDR LA
COMÉDIE FRANÇAISE
l'AKIS — TVPOGHAPHIE DK FIIIMIX DIIHIT KI'.KHHS, KrKyAllOB, Mr».
DOCUMENTS HISTORIQUES
SUR LA.
COMÉDIE FRANÇAISE
PENDANT LE BÈGNE
DE
8. 1. L EMPEREUR NAPOLÉON V%
rilCIDBS
De toas les actes constitutifs qai régissent la société da Théitre-Fraiçais ,
depuis sa fondation , le 25 août 1680 , jusqu*à nos jours ,
PAR
fiVCïBlVK IiAreifiR.
PARIS,
LIBRAIRIE DE FIRMIN DIDOT FRÈRES,
RUE JACOB, 56.
TRESSE, SUCCESSEUR DE BARBA,
1853.
*.
f L 3*=! b% \ -L •:»•
habvaho coiieee libraiy
fROM
THE KQUEST OF
EVCRT JAN8CN WENDELL
1918
A SA MAJESTÉ
L'EMPEREUR NAPOLÉON ffl,
HOMMAGE RESPECTUEUX
DE SON TRÈS-HUMBLE, TRÈS-OBÉISSANT ET TRÈS-FIDÈLE
SERVITEUR ET SUJET
EUGENE LAUGIER.
b
V
Je n'ai pas la prétention d'écrire une his-
toire du Théâtre-Français, même celle d'une
époque partielle. Seulement , la pensée qui a
présidé à ce livre est la même qui déjà une
fois m'a inspiré.
Lorsque j'écrivais, en i844> un petit livre,
intitulé : De la Comédie française' depuis
i83o, je n'avais pas d'autre but que de jeter
un coup d'œil rapide sur des événements ré-
cemment accomplis , sur des faits contempo-
rains, que je pouvais avoir l'ambition de pré-
senter sous leur vrai jour, embarrassés cju'ils
étaient peut-être, pour l'intelligence du plus
grand nombre , dans les discussions du mo-
^ — 8 —
ment. Ce léger travail , tout de circonstance,
était bien imparfait, et je ne Tai jamais con- '-'
sidéré que comme un jalon préparé pour un
chroniqueur futur. J'y reviendrai sans doute
moi-même, si une plus grande tâche, dont je
rêve l'accomplissement , peut se réaliser ja-
mais.
Aujourd'hui, une ère nouvelle s'ouvre pour
la Comédie française comme pour la France.
Un grand règne , que l'avenir proclamera il-
lustre , va faire revivre pour l'art les tradi-
tions impérissables du règne auguste qui a
inauguré le dix-neuvième siècle. La Comédie
française , qui a revu , sous Napoléon P% ses
plus beaux jours de gloire et de prospérité ,
espère en Napoléon III une même grandeur
et une même fortune. Cette grandeur, cette
gloire , cette fortune sont inséparables de la
protection du souverain.
Je n'ai donc qu'un but bien simple : ce-
lui de remettre autant que possible en évi-
dence quelques années écoulées, mais non
pas complètement oubliées, de la Comédie
française, de 1802 à i8i4, alors que le maî-^
tre du monde dictait ses lois.
-V.
— 9 — .
Dans les préoccupations si vastes du grand
génie dont la France aura. toujours à s'enor-
gueillir, la Comédie française, notre première
institution dramatique , fut l'objet d'une
prédilection toute particulière , on pourrait
^même dire d'une sérieuse affection. Cette af-
fection et cette estime ont inspiré le grand
homme jusqu'au milieu des neiges de la Rus-
sie , et ce sont ces sentiments de haute pro-
tec|;ion et de bienveillance qui inspirent ,
nous en sommes convaincu , le digne héri-
tier de son nom et de son trône.
Je crois donc devoir bien humblement sou-
mettre à Sa Majesté l'Empereur ce modeste
travail. Il ne se compose guère que de sim-
ples notes ; mais ces notes émanent de sources
officielles qui disent les faits dans leur simpli-
cité naïve , tout en leur laissant le caractère
de grandeur qui est inséparable du temps.
Je le répète , je ne prétends pas écrire une
histoire. L'histoire de la Comédie française,
depuis son origine jusqu'à nos jours, n'est
pas autre chose que l'œuvre tout entière de
la vie d'un homme, d'un écrivain savant,
assidu et érudit; encore ne pourrait- il accom-
• — 10 —
plir ce labeur immense qu'aidé par les tra-
vaux antérieurs de ses devanciers.
Je publie donc seulement des documents,
dont la plupart sont inédits , pour prouver
que 4a Comédie française est un monument
impérissable , et que le plus grand génie des*
temps modernes a mis une de ses gloires les
plus chères à consolider ce monument et à en
perpétuer la durée.
Voilà pourquoi je mentionne les actes cons-
titutifs de la Comédie française , depuis son
organisation jusqu'à! nos jours ; vpilà pour-
quoi j'insiste sur les années écoulées de 1802
à 181 4. C'est non pas l'histoire, mais le ta-
bleau de l'histoire d'un règne pour le Théâ-
tre-Français.
LES REGLEMENTS
DU
THEATRE-FRANÇAIS,
Depuis son établissement, en 1680, jusqu'à l'acte de société
di27geniinalanXli(17avriM804).
La trace des origines de la Comédie française se
retrouve partout. On sait que l'existence légale de
notre premier théâtre , tel qu'il existe encore au-
jourd'hui, date de l'acte de réunion des deux troupes
de rhôtel de Bourgogne et de l'hôtel Guénégaud.
Le théâtre de l'hôtel de Bourgogne remonte à 1552.
En 1658, Molière commence ses représentations au
faubourg Saint-Germain, près de l'Abbaye, et plus
tard dans la salle du Petit-Bouii)on, sur l'emplace-
ment du Louvre, sous le nom A' Illustre théâtre. En
1660, Molière et ses acteurs entrent en possession de
la salle du Palais-Royal, à peu près dans la direc-
tion de la rue des Bons-Enfants actuelle , et pren-
nent le titre de troupe de Monsieur j pour devenir
enfin troupe du Roi en 1665. Molière mort, ses co-
— 12 —
médieus réunis, le 9 juillet 1673, aux acteurs du
Marais, s'installent à l'hôtel Guénégaud , rue des
Fossés - Saint - Germain-des-Prés , aujourd'hui rue
Mazarine. C'est là que la jonction de cette troupe
ayec celle de l'hôtel de Bourgogne s'opère, en 1680,
par la volonté suprême de Louis XIV. La Comédie
française est fondée.
Cent dix années s'écoulent jusqu'au moment où,
en 1790, la Comédie française entre, par la force
des événements, dans une voie nouvelle, celle du
désordre, résultat d'une liberté sans limites. L'his-
toire dramatique de ce grand siècle , qui est le dix-
huitième, n'existe pas ; ou plutôt les fragments en
sont épars çà et là dans les correspondances du
temps, celle de Voltaire, par exemple, celle de
Grimm, et d'un grand nombre de littérateurs de
tous les rangs, qui préludaient, dans leurs épanche-
ments intimes, aux journaux qui naquirent avec la
révolution. Les frères Parfaict n'ont qu'ébauché cet
immense travail, et d'ailleurs ils ont écrit bien plutôt
les origines du théâtre en France que l'histoire de la
Comédie française proprement dite. Le dictionnaire
deLéris, celui du chevalier deMouhy, très-inexact,
le catalogue de la Vrillière , Cailhava et quelques
autres, ne sont que des compilations, des nomen*
clatures ou des aperçus dans le genre de ces petits
almanachs de spectacles, si précieux, qui ont dis-
paru avec le dix-huitième siècle, où l'on ne trouve
■ f-^t/' .'
— 14 —
Il existait, avant la réunion émanée de la volonté
de Louis XIV , un acte de société, en date du 1 2
avril 1679. Cet acte rappelle que, le 3 mai 1673, un
peu plus de deux mois après la mort de Molière,
les sieurs Guérin, Varlet de la Grange, Hubert, de
Rosimont, Gassot de Groisy, et mesdames Armande
Béjart la veuve.Molière, Ragneau de la Grange, An-
gélique Gassot et Catherine Leclerc la veuve de Brie,
formèrent une convention pour continuer à repré-
senter le répertoire de Molière dans la salle de spec-
tacle située rue Mazarine, appartenant aux sieurs
Alexandre de Rieux, marquis de Sourdéac, et
Champron ; que Tachât du mobilier, décors, ma-
chines, etc., fut stipulé moyennant la somme de
30,000 livres, dont 14,000 livres payées au comp-
tant, et les 16,000 livres restant, représentant deux
parts dans les bénéfices alloués aux sieurs Sourdéac
et Champron. Quelques années plus tard, des con-
testations s'élevèrent entre les vendeurs et les so-
ciétaires, qui s'étaient adjoints, pour compléter leur
troupe, les sieurs Dauvilliers, Dupin, Vemeuil, et
mesdames Poisson Dauvilliers , Louise Jacob et Ju-
dith Guyot. Ces contestations amenèrent pour résul-
tat la stipulation nouvelle de servir au marquis de
Sourdéac et à Champron une pension viagère de
mille livres. C'est alors, le 12 avril 1679, qu'inter-
vinrent M. de Champmeslé et Marie Desmares, sa
femme, tous deux appartenant au théâtre de l'hôtel
— IS —
de Bourgogne, et venant prêter l'appui de leur talent
et de leur grande influence à la troupe de Molière.
Le nouvel acte de société fut arrétéipour vingt ans,
et l'hôtel de Bourgogne ne devait pas résister long-
temps au coup fatal qui venait de lui être porté. Il
n'y avait plus qu'un mot à dire pour opérer d'une
manière définitive la fusion des deux troupes. Ce
mot, c'est Louis XIV qui le dit.
Les ordres de Louis XIV, pour la réunion des
comédiens français des hôtels de Guénégaud et de
Bourgogne, sont en date des 1 8, S3 et 26 août 1 680,
et une lettre de cachet du roi, du 22 octobre 1680,
dont voici le texte :
c( Sa Majesté aïant estimé à propos de réunir
« les deux troupes de comédiens établis à l'hôtel de
« Bourgogne, et dans la rue Guenegaud à Paris,
c( pour n'en faire à l'avenir cpi'une seule , afin de
« rendre les représentations des coifiédies plus par-
ce faites par le moyen des acteurs et actrices ausquels
« elle a donné place dans ladite troupe. Sa Majesté
« a ordonné et ordonne qu'à l'avenir lesdites deux
« troupes de comédiens françois seront réunies pour
« ne faire qu'une seule et même troupe, et sera
<c composée des acteurs et actrices dont la liste sera
« arrêtée par Sa dite Majesté : pour leur donner
*< moyen de se perfectionner de plus en plus. Sa dite
« Majesté veut que ladite seule troupe puisse repré-
— 16 —
« senter les comédies dans Paris, faisant défense à
« tous autres comédiens françois de s'établir dans
ce la ville et fauxbourgs de Paris sans ordre exprès
<c de S. M. Enjoint S. M. au sieur de la Reynie,
a lieutenant général de police , de tenir la main à
a l'exécution de la présente ordonnance. Fait à
«Versailles, le 22 octobre 1680, signé Louis et
<f plus bas Colbert^ et scellé. »
Les acteurs et actrices appelés à composer la
troupe unique de Louis XIV étaient :
Les sieurs de Champmeslé, de la Grange, Guerin,
de Beauval, du Croisy, de Vemeuil, Hubert, deRosi-
mond, Dauvilliers, Michel Baron, Raymond Poisson,
la Thuillerie, Raisin, de Villers, Hauteroche; et mes-
dames de CbampmSslé, de la Grange, Guerin veuve
Molière, de Beauval, de Croisy, de Brie, Louise Ba-
ron, Raisin, LeCom te, d'Ennebault, Dupin et Judith
Guyot. Soit vingt-sept sociétaires et vingt parts à
distribuer.
La première représentation par les deux troupes
réunies eut lieu le 1 4 avril \ 681 .
Mais Louis XIV ne se borne pas à une simple let-
tre de cachet; il veut assurer le sort et l'avenir de
ses comédiens, dont il vient de régler l'établissement;
et le 24 août 1682, il leur accorde une pension de
12,000 livres (premier exemple de subvention), en
— 17 —
vertu d'un brevet dont voici la teneur, textuellement
reproduite :
Aujourd'hui, vingt-quatrième jour du mois
d'aoust mil six cent quatre-vingt-deux ,
LE ROY estant à Versailles , voulant gra-
tifier et traiter favorablement la troupe de
ses comédiens françois , en considération des
services qu'ils rendent à ses divertissements,
Sa Majesté leur a accordé et fait don de la
somme de douze mille livres de pension an-
nuelle et viagère , pour en être payez sur leurs
simples quittances, par les gardes de son tré-
sor royal , présents et à venir, chacun en
l'année de son exercice , en vertu du présent
brevet que Sa Majesté a, pour assurance de sa
volonté, signé de sa main et fait contre-signer
par ihoy, conseiller secrétaire d'Etat et de
ses commandements et finances.
LOUIS. GOLBERT.
Les 23 avril et 29 octobre 1685,1e duc de Saint-
Aignaji délivre aux comédiens une augmentation de
règlement conformément aux ordres de Mme laDau-
2
:1.
•y-
"\
— 18 —
phiae , ledit règlement portant les parts à vingt-trois
et arrêtant à mille livres la pension de retraite.
Le 22 septembre 1687, un contrat stipulé entre
les sociétaires, reconnu par arrêt du conseil du roi ,
le V^ mars 1688, porte, entre autres dispositions^
celle d'installer leur établissement dans le jeu de
paume de l'Étoile, rue Saiirt-Gennain des Prés.
Le 23 mars 1705, tes comédiens passent un con-
trat devant notaires, par lequel la part entière que
chaque acteur a acquise dans le fond de leur hôtel
est fixée à 13,130 livres 18 sols, que la troupe est
obligée de rembourser aux acteurs et actrices qui
se retirent, ou aux héritiers de ceux qui décèdent.
Enfin, deux ordres du roi, des 15 avril et 15 juillet
1725, contre-signes par le duc de Mortemart, portent
expressément qu'il ne sera fait, à l'avenir,' aucun
changement ni innovation dans l'établissement des
comédiens.
Il nous reste à connaître sommairement en quoi
consistaient les anciens règlements cpii régissaient ïa
société des comédiens français. Les années ont pu
apporter quelques modifications à ce& règles pri-
mitives, elles ne les ont jamais complètement dé-
truites. Ainsi, dès 1697, nous voyons que la com-
pagnie se réunit tous les huit jours , en son hôtel }
qu'on y délibère des affaires à discuter, et que l'ad-
ministration est confiée à deux sociétaires» dits
semainiers. Le jeton de présence est de 30 sols.
— 19 —
Les pièces nouvelles sont soumises à la lecture de
rassemblée générale, qui décide à la pluralité des
voix, par billets blancs ou noirs. Les auteurs dis-
posent des rôles de leurs ouvrages à leur gré, sui-
vant le caractère de chacun. Les acteurs ne peuvent
pas refuser un rôle; à l'égard des auteurs-comé-
diens, on ne joue leurs pièces que Tété, l'hiver étant
réservé à ce qu'on appelait les auteurs externes (i).
Depuis la Toussaint jusqu'à Pâques, les pièces
nouvelles sont jouées jusqu'à concurrence de 550
livres de recette ; au-dessous de cette somme , la
pièce est abandonnée. Depuis Pâques jusqu'à la Tous-
saint, ce minimum est fixé à 350 livres. Les frais
journaliers prélevés, la recette de chaque jour se
partage en dix-huit parts, dont deux réservées à
l'auteur d'une pièce en cinq ou quatre actes, une
part seulement pour les petites pièces, et le reste,
les seize ou dix-sept autres parts, appartenant à la
société.
Quelques années plus tard, l'intervention des pre-
miers gentilshommes de la chambre du roi devient
plus directe. Ils gouvernaient le théâtre en maîtres
absolus. Ainsi, nous voyons dans un règlement, en
1719, des ducs de Tresmes, d'Aumont, de Morte-
mart et de La Trémoille, que 1^ auteurs doivent
(1) Cette disposition a été longtemps en vigueur; elle s^explique de
la part d'une époque où un très- grand nombre de comédiens étaient
auteurs distingués.
2.
— 20 —
présenter leurs pièces nouvelles au premier gentil-
homme de la chambre (commencement de la censure
dramatique). Et encore : les comédiens doivent jouer
alternativement une pièce sérieuse et une pièce co-
mique, sous peine de 300 livres d'amende ; ils ne
peuvent se refuser à jouer les rôles qui leur sont
distribués, soit en premier, en double ou en troisième;
il est défendu, dans les assemblées, de parler d'autres
choses que de celles pour lesquelles l'assemblée a
été convoquée. Le doyen de la société tient le re-
gistre des délibérations. Il n'est pas accordé de
congés sans permission. Enfin, les semainiers doivent
rendre compte aux surintendants de tout ce qui
s'est passé, à la Comédie, après chaque semaine
écoulée.
Nous arrivons à l'un des actes constitutifs les plus
importants delà Comédie française, celui du 9 juin
1758, passé devant notaires et signé par la Tho-
rillière, Armand Huguet, Sarrazin, Grandval, Dan-
geville, Dubois, de Bonneval, Paulin, Lekain, de
Bellecour, Préville, Brizard, et Mmes Delamotte,
Gaussin, Grandval, Dumesnil, Lavoy, Drouin, Bril-
lant, Hus, Guéant et Préville.
Par cet acte, le fonds de la société et établisse-
ment est fixé à 200,807 livres 16 sols 6 deniers. On
voit que la Comédie française a pris de l'extension,
et que le mouvement des affaires y est devenu en
rapport avec le spectacle offert par les plus grands
— 21 —
auteurs et les plus grands acteurs que la France ait
jamais produits (expressions d'un arrêt du conseil du
roi, 18 juin 1757). Le nombre des parts reste fixé
à vingt-trois, et chaque part intégrale est de 8,730
livres 15 sols 5 deniers. La durée du service d'un
sociétaire est limitée à vingt années au plus et quinze
années au moins, avec pension de retraite de 1 ,000
livres; néanmoins, un artiste jugé nécessaire, même
après vingt années d'exercice, ne peut pas se re-
tirer ; mais, au bout de trente années révolues, il a
droit à 1,500 livres de pension. Les fonctions de se-
mainiers continuent à consister dans l'administra-
tion, la police intérieure et la discipline de la troupe,
sous la juridiction des surintendants. Le caissier,
seul chargé des recettes et des dépenses, ne peut
faire un seul payement que sur mandats signés des
trois semainiers et de six personnes, tant acteurs
qu'actrices. A la fin de chaque mois, les registres
des recettes et dépenses doivent être soumis au con-
trôle d'un des surintendants des menus.
Sur le produit de la recette sont prélevés (voici le
droit des pauvres actuel sous une autre forme) les
trois cinquièmes du quart pour l'hôpital général, le
dixième en faveur de l'Hôtel-Dieu, une rente annuelle
de 250 livres, due à l'abbé de Saint-Germain des
Prés, et d'autre part les pensions viagères, les inté-
rêts de fonds, les appointements, etc.
La pension rie 12,000 livres accordée par
— 22 —
Louis XIV est divisée en vingt-trois parts insaisissa-
bles.
Les titres et papiers des archives sont scellés et
mis sous la sauvegarde du plus ancien semainier et
du notaire de la société. Les représentations sont
quotidiennes, sans qu'il soit possible de se soustraire
à cette obligation.
Quelques-unes de ces clauses inébranlables ne
semblent-elles pas comme un avant-coureur, un
pressentiment du décret de Moscou ?
En 1763, le 27 septembre, le duc de Duras prend
un arrêté qui interdit aux comédiens d'aller à l'é-
tranger sans une permission expresse.
. Le 19 mars 1776, le duc de Richelieu demande
un tableau raisonné d'une troupe, assez complète
pour assurer en tout temps le service de la cour et
de la ville. Le duc de Richelieu ne se plaindrait
pas, aujourd'hui que Je personnel de 1853 est exor-
bitant et atteint le chiffre de soixante personnes.
Je disais plus hatit que les premiers gentilshommes
de la chambre du roi étaient les maîtres absolus de
la Comédie française, tout en respectant la question
de propriété et en laissant aux comédiens le soin
de régler leurs intérêts. Mais il s'agit d'administra-
tion, et ces premiers gentilshommes de la chambre
administraient, et je n'en veux pour preuve qu'un
document très-curieux du l^*" avril 1768. Les ordres
donnés y sont formels et impératifs , et cependant
— 23 —
rÉtat, à cette époque, ne subventionnait pas le
Théâtre-Français ; seulement, le roi gratifiait selon
les services rendus et les occasions. Il est vrai que
ces premiers gentilshommes avaient le sentiment de
la justice et de la dignité du Théâtre-Français.
Donc les ducs de Richelieu et de Duras disaient
en 1768 :
« Pour remédier aux abus contraires à la satisfac-
tion du public et aux intérêts des comédiens ^ abus
qui proviennent de Tinexécution des règlements, le
comité ayant été constitué pour tenir la main à Texé-
cution de nos intentions, ordonnons audit comité
d'imposer une amende de 300 livres contre ceux ou
celles qui s'écarteraient des règlements Il sera*
fait un état général de toutes les pièces du répertoire,
et afin que l'intrigue et le caprice ne président pas
à la distribution des rôles, nous ferons nous-mêmes
cette distribution... Ordonnons qu'à l'avenir toutes
pièces appartenant au répertoire ne pourront plus
être distribuées par l'auteur, les auteurs n ayant ef-
fectivement de droits^ pour la distribution de leurs
ouvrages y que dans la nouveauté Ixs acteurs en
chef doivent jouer avec la même assiduité les rôles
médiocres que ceux qui leur plaisent le plus Pour
que les doubles puissent se former , nous ordon-
nons très-expressément aux acteurs en premiers de
se laisser doubler le vendredi de chaque semaine...
La négligence des comédiens à jouer les pièces qu'ils
— 24 —
ont arrêtées à leur assemblée du lundi, étant une
chose de plus en plus nuisible aux intérêts de la Co-
médie et au service du public, nous ordonnons de
nouveau que le répertoire soit fait pour quinze jours,
sans que qui que ce soit puisse s'opposer aux pièces
proposées que sur des raisons valables »
Les mêmes injonctions se renouvellent à diffé-
rentes époques et à des intervalles très-rapprochés,
le 14 février, le 1'" et le 14 avril 1774, le r^* mai
1775. Depuis 1770, la Comédie française avait
quitté la rue Mazarine, et, e» attendant la construc-
tion d'une nouvelle salle, avait trouvé un asile au
palais des Tuileries. C'est là que, par le rapproche-
ment le plus bizarre, le grand précurseur de la Ré-
volution, qu'il ne devait jamais voir, heureusement
pour lui , Voltaire, fut publiquement couronné, à
deux pas de cette royauté dont il avait pendant si
longtemps sapé les fondements. Les comédiens ne
prirent possession de leur nouveau théâtre, construit
sur l'emplacement de l'hôtel de Condé (aujourd'hui
l'Odéon), qu'en 1782.
Le roi Louis XVI suivait, du reste, exactement les
traditions de ses prédécesseurs en ce qui concernait
la Comédie française. Le dernier règlement, le plus
important et qui est resté en vigueur jusqu'à la der-
nière heure, est du 12 mai 1780, et ce règlement,
très-étudié et très-paternel, a pour but de fixer
d'une manière définitive les intérêts respectifs des
- 26 —
commanda tion a son côté comique, M. Âmelot rap-
pelle à M. de La Ferté que les comédiens ne peuvent
occuper plus d'une place dans les voitures du roi,
excepté M. Desessarts (très-certainement en raison
de l'obésité bien connue de cet acteur). En tm mot,
on n'oubliait rien.
C'est en raison de cet admirable rouage de com-
binaisons intérieures que la Comédie française a
traversé plus de deux siècles dans un état de gran-
deur et de prospérité sans égales. Pour détruire la
Comédie française, il a fallu anéantir et bouleverser
le monde social tout entier.
Ceci est l'œuvre de la Révolution.
Dès le 12 octobre 1789, les premiers gentilshom-
mes de la chambre disparaissent, et le Théâtre-
Français est prévenu qu'à l'avenir il doit s'adresser
au Maire de Paris pour toutes les affaires qui con-
cernent la Comédie ; nous voilà sous le régime de la
municipaUté, et ce n'est que le commencement d'une
lamentable histoire. Le 11 septembre 1790, la lé-
gitimité des sommes accordées par la royauté à la
Comédie est repoussée par le Trésor. De là à des
mesures plus coercitives il n'y a pas loin. En 1793,
le Théâtre-Français était fermé, et les comédiens in-
carcérés, hommes et femmes, étaient désignés pour
passer en jugement, ce qui équivalait à une con-
damnation à mort, comme chacun sait.
Comme j'ai déjà expliqué que je n'écrivais pas
— 27 -s-
uoe histoire du Théâtre-Français , je ne suivrai pas
les comédiens dans tenr proscription et leurs péré-
grinations malheureuses. Qu'on ouvre le curieux
travail de MM. Etienne et Martainville et ou retrou-
vera la Comédie à l'Odéon , au Théâtre-Feydeau ,
au Théâtre-Louvois , au Théâtre du Marais , au
Théâtre-Français de la République, rue Richelieu,
dernière scène qui devait leur donner un asile définitif.
Rapprocher tous les éléments divers qui com-
posaient l'ancien Théâtre-Français n'était pas une
tâche facile. La dispersion des artistes, la tourmente
révolutionnaire qui avait fait naître des intérêts di-
vers, les guerres de l'amour-propre , les opinions
politiques opposées, les persécutions dont quelques
comédiens avaient été les victimes et dont quelques
autres étaient accusés d'avoir été les instigateurs,
toutsemblait s'opposer à un rapprochement. Déjà, à
un repas donné chez un des membres du Directoire,
on avait essayé d'y parvenir, mais sans résultat. Il
fallait, pour y arriver, une main puissante et l'in-
fluence du nom de Napoléon, qui grandissait. La
gloire qu'avait eue Louis XIV de créer notre pre-
mière institution dramatique, il était réservé au Pre-
mier Consul, et plus tarda l'Empereur Napoléon, de
l'égaler en réédifiaot le monument délabré et en
l'établissant sur des bases désormais inébranlables.
La salle actneUe du Théâtre-Français, rue Riche-
lie», fui rommcncép c;n 1787, sur l'emplacement qui
— 28 —
formait autrefois le jardin des Princes et terminée
en 1790. Elle a coûté plus de trois millions. Ce
magnifique édifice est dû à l'architecte Moreau, qui
s'était rendu célèbre par la construction du théâtre
de Bordeaux. L'ouverture, par les comédiens fran-
çais réunis, eut lieu, le 31 mai 1799, par le Cid et
Y École des maris ; mais tous les artistes n'étaient
pas encore rentrés dans la maison commune. Ils ne
le firent qu'au fur et à mesure de l'expiration de
leurs engagements dans les autres théâtres et sous
l'impulsion des événements, qui confirmaient de plus
en plus la consolidation d'un gouvernement fort et
régulier.
Enfin, l'organisation définitive de la Comédie
française, arrêtée par le Premier Consul, fut signée
à Saint-Cloud, le 28 nivôse an XI (18 janvier 1803),
et c'est en vertu de cette organisation que les co-
médiens passèrent, le 27 germinal an XII (17 avril
1 804), un acte de société qui est resté la consti-
tution commerciale de la Comédie française, comme
le décret de Moscou en est la constitution adminis-
trative.
Nous mettons sous les yeux de nos lecteurs ce
document tout entier, en raison de sa très-grande
importance, en le faisant suivre du décret de Moscou.
27 GKRMINAL AN XII.
17 AVBIL 1804.
Par-devant M® Hua et son collègue, notaires à
Paris, soussignés, furent présents :
MM. 1*" Boutet Monvel , 2*" Gourgaud dit Duga-
zon, 3*^ Albouy Dazincourt, A^ Bénard Fleury, 5*^ La-
ferrière dit Florence, 6*^ Foucault Saint-Prix, 7*^ Mey-
nier Saint-Fal, S'^Naudet, 9*" Larochelle, 10^ Talma,
W^ Fouchard Degrand-Mesnil , 12*^ Pichu Duval ,
13*" Caumont, 14*" Michot, 15*" Eustache Anselme-
Baptiste jeune, 16*^ Damas, 17*^ Nicolas Anselme-
Baptiste aîné, 18'' Benoît Roussel, 19*" Lafond,
20*" Poulot Desprès, 21*" Lacave;
j^raes |o BpQquin Lachassaigne , 2*^ Saucerotte
Raucourt , 3® V® Suin, née Vriot ; 4^ Contât (Louise-
Françoise), 5® Thénard, 6*^ Devienne, 7*^ Contât
(Emilie), 8^ Talma, néeVanhove; 9^ Mezeray, 10^
Desbrosses, H*" Mars Boutet, 12*'Volnais, IS^'Duval-
Desrosiers :
Tous comédiens français réunis en leur salle
d'assemblée dépendante de T hôtel du Théâtre -
Français, rue de la Loi ;
Lesquels, en exécution de l'article onze de l'orga-
nisation du Théâtre-Français, arrêtée par M. Rému-
âât^ préfet du palais du gouvernement, chargé de la
(... .
— 30 —
surintendance du Théâtre-Français, le vingt-huit
nivôse an onze, ont réglé et arrêté les conditions de
la société qu'ils entendent former pour l'exploitation
du Théâtre-Français, le tout de la manière et ainsi
qu'il suit :
ARTICLE l**.
Les comédiens français, compaiants, se font associés pour Tex-
ploitatîon du Théâtre-Français à Paris.
ARTICLE 2.
Cette société a commencé à compter du premier pluviâse an
onze, et sa durée est illimitée.
ARTICLE 3.
Elle sera purement commanditaire sous l'autorité expresse du
gouvernement, au moyen de quoi chacun desdits sociétaires par-
tagera les bénéfices de la socfété, en raison de la portion qu'il y
aura, et en supportera les charges dans la même proportion, seu-
lement sur les produits de ladite portion, sans qu'il puisse être
établi aucune solidarité entre eux, et sans que leurs biens^ meu-
bles et immeubles personnels en soiait aueunem^t chargés.
ARTICLE 4.
La société se divise en vingt-cinq parts qui sont réduitesà vingt-
trois, dont une restera en séquestre pour les besoins imprévus.
Ces vingt-cinq parts seront distribuées et appartiendront aux-
dits sociétsdres, dans les proportions fixées par un état arrêté par
le préfet du palais du gouvernement, chargé de la surintendance
du Théâtre-Français.
ARTICLE 5.
Chaque part sera susceptible de sous-division ; aucun comédien
DÉBUTS ET ADMIW
Aucun sujet, après ses débuts, ne sera admis qu'à. l'essai; cet
essa] durera plus ou moins longtemps, selon que le gouvernement
ainsi que le comité d'administration le jugeront convenable, et ne
pourra néanmoins être moindre d'un an.
Après vingt ans de sarvîce seulement , tout sociétaire prendra
sa retraite ; à moins que le gouvernement et le comité d'adminis -
tration n'en déddent autrement.
Le sodétaire qui se retirera après vingt ans de service aura
droit à une pension viagère de deux mille francs de la part du
gouvernement, et à une pension égale de la part de la sodété.
Si à l'expiration desdites vingt années il continue d'exercer ,
chacune des pensions sera augmentée de cent francs par chacun
an au delà desdites vingt années, jusqu'à sa retraite.
Confonnément à l'article trente-huit de l'organisation de la so-
ciété, la pension de la société sera oonâdérée comme secours ali-
mentaire, et ne pourra ctmséquemment être saine par aucun
S'il survient à l'un des sodétaires des accidents ou
infirmités ^M
— 33 —
avant le terme de vingt années, qui le mettent hors d'état de con-
tinuer son service, il aura droit a une quotité ou à la totalité de la
pension de deux mille francs de la société, sauf le recours du so-
ciétaire au gouvernement pour raison de la pension qu'il accorde
dans les cas pareils, prévus par tes règlements. La nature, la cause
ou la gravité desdits accidents ou infirmités seront préalablement
constatées par deux médecins et deux chirurgiens dé^gnés par le
comité d'administration.
Le payement des arrérages des pensions sera fait de trois mois
m Hois mois.
Pour assurer et effectuer le payement des pensions de la sodété,
il sera établi un revenu annuel de cinquante mille francs, qui sera
destiné au payement des arrérages.
La somme nécessaire pour produire ces cinquante mille francs
sera fournie, par les sociétaires, sur les produits de la recette de
la Comète française ; la retenue de cette somme sera faite par le
cais^er de la Comédie française, à raison de cinquante mille
francs par année, savoir :
Six mille francs par chaque mois d'hiver, à compter du premier
vendémiaire jusqu'au premier germinal , et deux mille trois cent
trente-trois francs trente-trois centimes, à compter du premier
genninal jusqu'au premier vendémiaire.
. Cwamnlnei seront remises de mois en mois, par le caissier,
entre les mains du uotaire de la société, pour être par lui placées
"e desdites remises sur le Mont-de-piélé, parla nue pro-
priété, au profit des sociétaires du Théâtre-Français , collective-
— 34 —
ment et pour l'unifinût, à celui des pensionnaires dudit TliéStre-
Français.
Les intérfita de ces sommes ainsi placées swont ajoutés aux
capitaux progressïrement, jusqu'à la formatiou dudit capital né-
cessaire productif desdits cinquante mille francs, tA sauf cepm-
dant la retenue annuelle pour l'acquittement desdîtes pensions,
ABTICLE 20.
Le fonds desdits dnquante mille francs appartiendra à la masse
générale de la société, pour la nue propriété, pour former le gage
desdites pensions; en conséquence, aucun des comédiens pen-
sioimiùres, ni même la masse générale de ladite société, ne pourra
en rien distraire, ni en disposer pour quelque cause que ce soit;
même dans le cas de dissolution de la société par le f^it desdits
sociétaires, force majeure ou cas imprévus.
Et, attendu que chacun desdits sociétaires contribuera il la for-
mation dudit capital de dnquante mille francs de revenu, à raison
de sa part dans ladite société, par le fait de la retenue ci-dessus
exprimée, la portion pour laquelle il aura contribué pendant son
exercice lui sera remboursée, ouà ses héritiers, dans les trois mois
qui suivront l'époque de sa retraite ou de son décès, avec l'intérêt
sur le pied du denier vingt, sans retenue, à compter du jour de
sa retraite ou de son décès.
Aucun desdits sociétaires ne pourra aliéner la portion pour la-
quelle il aura contribué dans le fonds desdites pensions ; ses créan- '
ciers ne pourront saisir ni arrêter ce même fonds, à l'effet de qurn
chaque sociétaire abandonne dès à présent à la masse desdîts
comédiens pensionnaires la jouissance de Indite portion , saufà>j
ladite société à acquitter ladite portion iiu\ époques ci-dessus A
terminées, et sauf aux créanciers saisissants à faire valoir leur M
sie a compter du jour desdites retraites ou ûéeta.
— 36
ARTICLE 26.
Dans le cas où, par tel événement que ce soit, lesdits capitaux
éprouveraient des réductions ou viendraient à être perdus en tout
ou en partie, il sera fait un prélèvement de sommes suffisantes
pour compléter un capital productif de cinquante mille francs de
revenus, et ce sur les recettes de la Comédie, dans la même pro-
portion que celle indiquée en l'article dix-huit ci-dessus.
Dans tous les cas, les pensions seront payées sur les recettes
de la Comédie, sauf à la société à se couvrir, s'il y a lieu, sur les
fonds dont le prélèvement a été ci-dessus énoncé.
ARTICLE 27.
Arrivant la dissolution de ladite société, le fonds des pensions
appartiendra aux artistes alors en exercice, et néanmoins conti-
nuera de servir les arrérages des pensions, tant des artistes reti-
rés que ceux alors en exercice qui y auront droit.
ARTICLE 28.
Au fur et mesure des extinctions, les fonds devenus libres ser-
viront à remplir les sociétaires des retenues à eux faites qui leur
resteront dues; en cas d'insuffisance, ils supporteront la perte au
marc le franc, et en cas d'excédant, ils partageront le bénéfice au
prorata des parts qu'ils avaient dans la société.
2 ITADMIIVIMTRATIOIV.
AHTICLK 29.
ïjtê fonetloM du coiiiité, nom le rapport de l'administration
ntmt ', d'in«p«itlofif de «urydllanc^e et de proposition; elles sont
r^^>e», «iffirf i\m \u paWm ile« aMembléen et de tout ce qui con-
emm VnAmSn'^ritSSnn^ \m \u% rè^lemetit piirticulier.
— 37 —
AaTIGLB 30.
Les membres ne pourront, sous peine de responsabilité person-
nelle, ordonnancer aucune somme au delà de cent francs sur le
même objet sans l'aveu de la société assemblée , ni faire aucune
poursuite judiciaire sans l'avis signé des membres composant le
conseil de la société.
ABTIGLE 31.
La police, tant des assemblées du comité que des assemblées
de la société, ainsi que de détails d'administration, sera fixée par
un règlement particulier.
ARTICLE 32.
Comptabilité. Les recettes seront faites et les dépenses de la
société acquittées par un caissier choisi par la société et agréé
par le gouvernement.
ABTIGLE 33.
Aucun parent de comédien en activité ne pourra en remplir les
fonctions.
ARTICLE 34.
Sans rien préjuger sur le cautionnement des soixante mille
francs foiumi en inscriptions par le sieur Cormeîlle, caissier actuel ,
ses successeurs seront tenus de fournir un cautionnement de
soixante mille francs, en immeubles de valeur double.
ARTICLE 35.
Dans le cas où les immeubles qui seraient offerts à titre de cau-
tionnement seraient grevés d'hypothèques , ils ne seront reçus
qa!atttant que leur valeur sera du double des hypothèques qui^
mÉftoront et des soixante mille francs de cautionnement.
» ♦
*&
— 38 —
ABTIGtB 36.
Ce c&utioimeineiit ne sera reçu qu'a|nrèfl examen préalable des
titres de propriété des immeubles et du certificat du eonservateur
des hypothèques, et sur le rapport qui en sera fiôt par le notiûre
de la sodété ou un autre membre du consefl.
ARTICLE 37.
Celui qui se rendra caution du caissier sera tenu de fournir aux-
dits sociétaires, aux frais du caissier, copie collationnée en bonnes
formes des titrés de propriété desdits biens; ces copies seront dé-
posées entre les mains du notaire de ladite sodété, et ne seront
remises à la caution que lorsqu'elle sera entièrement déchargée de
son cautionnement.
ARTICLE 38.
Les inscriptions et actes nécessaires pour la conservation dudit
cautionnement seront faits et renouvelés, quand il y aura lieu, aux
frais dudit caissier.
ARTICLE 39.
Ladite caution ne pourra obtenir la mainlevée desdites inscrip-
tions, oppositions ou autres actes conservateurs, qu'après l'apure-
ment des comptes du caissier retiré ou décédé.
ARTICLE 40.
A la fin de chaque mois , les états de recettes et de dépenses
seront visés et arrêtés par le commissaire du gouvernement et du
comité.
ARTICLE 41.
Le caissier prélèvera, en la présence du commissaire du gouver-
nement et des membres du comité, sur la recette :
— 40 —
PIKCBS :VOrVEl.EiBli.
ARTICLE 46.
Aucune pièce ne pourra être représentée, sur le théâtre desdits
sociétaires, que revêtue de l'approbation du gouvernement.
DISCIPIiEVE.
ABTTCLE 47.
Sera exclu de la société tout sociétaire qui aura été absent ou
aura cessé son service six mois sans le consentement par écrit de
la société, le tout sans préjudice des autres moyens de répression
portés au règlement pour ces cas ou autres pareils.
EMCOURAGKlIE^nHi ET RÉCOMPEIVSBS.
ABTIGLE 48.
Lorsque le gouvernement et les sodétaires jugeront convenable
de prolonger au delà de vingt-cinq ans le service d'un sociétaire,
le sociétaire vétéran joindra à son traitement d'activité le tiers de
la pension de la société depuis vingt-cinq ans jusqu'à trente, la
moitié depuis trente jusqu'à trente-cinq, et la totalité depuis trente-
cinq jusqu'à sa retraite.
Cette mesure n'aura son exécution qu'à l'époque où les parts
de la société seront réduites à vingt-trois, ainsi qu'il est prescrit
ci-dessus.
ABTICLR 40.
Tout «odétaira ayant servi trente ans aura droit au produit
d'une représentation, h son choix, donnée par ses camarades lors
de sa retraite de ladite société
42 —
DUVEBGIER,
GOMSL.
(Ces deux 'derniers avoués au tribunal de i" instance.)
Ce fait en présence de François-Réné Mahérault, commissaire
du gouvernement près le Théâtre-Français, demeurant à Paris,
à FËcole centrale du Panthéon, division du même nom, et encore
en présence et de l'avis des sieurs :
Gaspart-Crilbert Delamalle,
Raimond Desèze,
Nicolas-François Rellart,
Louis-Ferdinand Bonnet,
Glaude-Emest Denormandie,
Vincent-Gallican Decormeille,
Duvergier,
Gomel.
Fait et passé à Paris en Thôtel du Théâtre-Français, en l'assem-
blée desdits sociétaires , rue de la Loi, le 27 germinal an xii de
la République française.
Ont adhéré au présent acte les suivants :
Le 16 thermidor an xii. M™«» Bourgoin.
Georges Weimer.
Raffin Duchenois.
Le 7 frimaire an xiv. Chevetel, née Noues Fleury.
Le 13 mai 1809. Leverd.
Le 27 avril 1811. MM. Perrin Thénard.
Lechauve de Vigny.
Le 3 mars 1812. Michelot.
Le 10 août 1816. Dépôt des pièces concernant la
rente de 100,000 fr. 5 0/0 sur
l'État.
Le 17 octobre 1816. Modifications aux articles 19 et 23
de l'acte de société.
Ont adhéré à ce dernier acte les suivants :
Le 23 décembre 1816. MM. les commissaires des pensionnaires
du Théâtre-Français.
r^
27
janvier
1817.
M. Cartigny.
28
id.
id.
H"" Rom Dupuis.
id.
id.
id.
M™ Rougeault Dupont.
3
février
id.
id.
id.
id.
M. Bartoin Monrose.
24
id.
id.
M. Baudrier.
W.
id.
id.
M. Bequetelle, dit Finnin.
S
avril
1818.
M. Robin, dit Saint-Eugène.
26
août
id.
28
octobre
1819.
M. Brimebarre, dit Joanny
4
juillet
1822.
M"* Touaez, née Régnier de ta Briè«.
3
mat
1823.
M. Grandville.
id.
id
id.
M"" Prévost Paradol.
id.
id.
id.
M»* Mante.
24 novembre 1824.
selme et dite Baptiste.
16
mars
1821.
rant la sodété purement anonyme.
10
mat
1883.
Dépôt d'un écrit S. S. P. &it entre le
comité duTbéStre-FrançaisetH.Talma.'
Ont adhéré :
8
mars
1824.
M.Lafond.
3
sept.
1825.
M. Pagnon, dit Saint- Aulaire.
II
février
1826.
M"« Boutet Mars, à l'acte du lo mai 1823.
29
mars
1838
M. David.
12
avril
1838.
M»' Lecomte, dite Vabnonsey.
id.
id.
id.
M. Bernard Brissebarre, Joanny.
id.
id.
id.
id.
id.
id.
M. Menjaud.
id.
id.
id.
M"' Brocard.
id.
•id.
id.
M. Samson.
id.
id.
id.
M"' Macaire, dite Hervey.
2 décembre 1839.
M. Ligîer.
1"
août
1831.
M. BaUiy, dit Armand DaJIIy.
8
juillet
1833.
M. Beauvallet.
12
id.
id.
M™' Anaïs Aubert.
id.
id.
id.
M. Guiaud. .
_ 44 —
Le 20
août
1835.
id.
id.
id.
21
avril
1837.
8
octobre
1838.
24 décembre 1838.
\0
octobre
1840.
14
janvier
1841.
7
avril
1842.
4
février
1843.
9
id.
id.
9
avril
1846.
24
juin
1846.
28
juin
1846.
3
août
1846.
14
janvier
1847.
25
avril
1851.
id,
•
id.
id.
id.
id.
id.
10
juillet
1852.
id.
id.
id.
12
id.
id.
erf.
id.
id.
24
id
id.
30
id.
id.
M. Geffiroy.
M. Régnier de la Brière.
M"«Noblet.
M"« Rachel Félix, mineure, sous Fassis-
tance de ses père et mère.
M. Provost.
M^i® Plessy.
M. Guyon.
M*i« Rachel Félix, majeure.
]y|me Mélingue.
M^^^ Augustine Brohan, mineure émanci-
pée, assistée de M™^ sa mère.
M"« Denain.
M"« Augustine Brohan, devenue majeure
M. Brindeau.
M. Leroux.
M. Maillart.
M. Got.
M. Delaunay.
W^ Rébecca Félix.
M. Barizain, dit Monrose.
Maubant.
M"« Bonval.
M"«Juditk Bernât.
Mii« Nathalie Martel.
M^« Madeleine Brohan , mineure émanci-
pée, assistée de madame sa mère.
MO 1083. — Bulletin des liols, M^« 460.
DÉCRET IMPÉRIAL
SUR
La SonreillàBce, POrganisation, ridministratMD , la Conptabilité,
la Police et la Discipline
DU THÉÂTRE-FRANÇAIS.
»e4
Au quartier impérial de Moscou, le 15 octobre 1812.
NAPOLÉON, Empereur des Français, roi d'Italie,
Protecteur de la Confédération du Rhin, Médiateur
de la Confédération Suisse, etc., etc., etc.,
Sur le rapport de^notre Ministre de l'Intérieur;
Notre Conseil d'Etat entendu,
Nous AVONS DÉCRÉTÉ Ct DÉCRÉTONS CC qui Suit :
TITRE PREMIER.
De la direcHoii et sarrelllaiice dn Théâtre-Prançats.
1. Le Théâtre-Français continuera d'être placé sous la sur-
veillance et la direction du surintendant de nos spectacles.
2. Un commissaire impérial , nommé par nous » sera chargé de
— 46 --
transmettre aux comédiens les ordres du surintendant. Il surveil-
lera toutes les parties de l'administration et de la comptabilité.
3. Il sera chargé , sous sa responsabilité, de fiadre exécuter, dans
toutes leurs dispositîous, les règlem^its et \fis ordres de service
du surintoidant.
A cet effet , il donnera personnellement tous les ordres néces-
saires.
4. En cas d'inexécution ou de violation des règlements , il en
dressera procès-verbal, et le remettra au surintendant
TITRE IL
De l'Aisociattoii du filiéÂtre-Praiiçats.
SECTION PBEMIÈBE.
De la Division en parts.
5. Les comédiens de notre Théâtre-Français contmueront d'être
réunis en Société , laquelle sera administrée selon les règles ci-
après.
. 6. Le produit des recettes, tous les frais et dépenses prélevés,
sera divisé en vingt-quatre parts.
7. Une de ces parts sera mise en réserve, pour être affectée
par le surintendant aux besoms imprévus : si elle n'est pas em-
ployée en entier, le surplus sera distribué, à la fin de l'année, entre
les Sociétaires. *
8. Une demi-part sera mise en réserve pour augmenter le
fonds des pensions de la Société.
9. Une demi-part sera employée annuellement en décorations,
ameublements, costumes du magasin, réparations des loges et en.-
tretien de la salle , d'après les ordres du surintendant. Les réser-
ves ordonnées par les art. 7, 8 et 9 n'auront lieu que successive
ment et à mesure des vacances.
10. Les vingt-deux parts restantes continueront d'être réparties
entre les comédiens sociétaires , depuis un huitième de part jus-
qu'à une part entière, qui sera le maximum.
1 1 . Les parts ou portions des parts vacantes seront accordées
ou distribuées par le surintendant de nos spectacles
— 47 —
SECTION II
Des Pensions et Retraites.
^
§ I. DU TEMPS NÉCESSAIRE POUR ORTENIR LA PENSION, ET DE SA
QUOTITÉ.
12. Tout Sociétaire qui sera reçu, contractera rengagement de
jouer pendant vingt ans; et après vingt ans de services non in-
terrompus, il pourra prendre sa retraite, à moins que le surin-
tendant ne juge à propos de le retenir.
Les vingt ans dateront du jour des débuts, lorsqu'ils auront été
immédiatement suivis de Tadmission à Fessai et ensuite dans la
Société.
13. Le Sociétaire qui se retirera après vingt ans aura droit,
\^ à une pension viagère de deux mille francs , sur les fonds af-
fectés au Théâtre-Français par le décret du 13 messidor an x;
2^ à une pension de pareille somme sur le fonds de la Société
dont il est parlé à Fart. 8.
14. Si le surintendant juge convenable de prolonger le service
d'un Sociétaire au delà de vingt ans, il sera ajouté, quand il se
retirera , cent francs de plus par an à chacune des pensions dont
il est parlé à l'article précédent.
15. Un Sociétaire qu'un accident, ayant pour cause immédiate
le service de notre Théâtre-Français ou des théâtres de nos pa-
lais, obligerait de se retirer avant d'avoir accompli ses vingt ans ,
recevra en entier les pensions fixées par l'art. 13.
16. En cas d'incapadté de servir, provenant d'une autre cause
que celle énoneée en l'art. 15, le Sodétaire pourra, même avant
ses vingt ans de service , être mis en retraite par ordre du surin-
tendant.
En ce cas, et sH a plus de dix ans de service, il aura droit à
une pension sur les fonds du gouvernement, et une sur les fonds
des Sociétaires; chacune de ces pensions sera de cent francs par
année de service, s'il était à part entière, de soixante-quinze francs
s'il était à trois quarts de part , et ainsi dans la proportion de sa
part dans les bénéfices de la Société.
17. Si le Sociétaire a moins de dix ans de service, le surinten-
— 48 —
dant pourra nous proposer la pension qu'il croira convenable de
lui accorder, selon les services rendus à la Société et les circons-
tances où il se trouvera.
18. Toutes ces pensions seront accordées par décisions rendues
en notre Conseil d'État , sur Tavis du comité , comme il a |été
statué pour notre Académie impériale de musique , par notre dé-
cret du 30 janvier 1811.
§ II. DES MOYENS DE PATEHENT DES PENSIONS.
19. Les pensions accordées sur le fonds de cent mille francs
de rente accordé par nous à notre Théâtre-Français seront acquit-
tées, tous les trois mois, sur les fonds qui seront touchés à la
Caisse d'amortissement.
20. En cas d'insuffisance , il y sera pourvu avec la part mise
en réserve pour les besoins imprévus.
21. Pour assurer le payement des pensions accordées sur les
fonds particuliers de la Société , il sera prélevé chaque année , et
mois par mois, sur la recette générale , une somme de cmquante
mille francs.
22. Cette somme sera versée entre les mains du notaire du
Théâtre-Français , et placée par lui à mesure pour le compte de
la Société, selon les règles prescrites par l'art. 32.
23. Aucun Sociétaire ne peut aliéner ni engager la portion
pour laquelle il contribue au fonds de cette rente.
24. A la retraite de chaque Sociétaire, ou à son décès, le r^n-
boursement du capital de cette retenue sera fsdt à chaque Socié-
taire ou à ses héritiers, au prorata de ce qu'il y aura contribué.
25. Tout Sociétaire qui quittera le Théâtre sans en avoir obtenu
la permission du surintendant, perdra la sonune pour laquelle il
aura contribué, et n'aura droit à aucune pension.
26. Jusqu'à ce qu'au moyen des dispositions ci-dessus une
rente de cinquante mille francs soit entièrement constituée , les
pensions de la Société seront payées tant sur les intérêts des
fonds mis en réserve que sur les recettes générales de chaque
mois.
27. Quand la rente sera constituée, s'il y a de l'excédant après
le payement annuel des pensions, il en sera disposé pour l'avan*
tage de la Société, avec l'autorisation du surintendant.
— 49 —
SECTION II T.
De la Retraite des Acteurs aux appointements et Employés.
28. Après vingt ans ou plus de service non interrompu par un
acteur ou une actrice aux appointements, après dix ans de service
seulement ei^ cas d'infirmités , enfin en cas d'accident , comme il
est dit pour les Sociétaires (art. 15), le surintendant pourra nous
proposer d'accorder, moitié sur le fonds de cent mille francs, moi-
tié sur celui de la Société, une pension ; laquelle, tout compris, ne
pourra excéder la moitié du traitement dont l'acteur ou l'actrice
aura joui les trois dernières années de son service.
29. Le commissaire impérial pourra aussi obtenir une retraite
ou pension d'après les règles établies en l'article 28; mais elle sera
payée en entier sur le fonds de cent mille francs.
TITRE IIL
SECTION PREMIERE.
De C Administration des intérêts de la Société,
30. Un comité composé de six hommes membres de la So-
ciété, présidé par le commissaire impérial , et ayant un secrétaire
pour tenir registre des délibérations , sera chargé de la régie et
admini3tration des intérêts de la Société.
Le surintendant nommera , chaque année, les membres de ce
comité.
Ils seront indéfiniment rééligibles.
Trois de ces membres seront chargés de l'expédition de ses ré«
solutions.
31. Le surintendant pourra les révoquer et remplacer à volonté.
32. Les fonctions de ce comité seront particulièrement :
l» De dresser , chaque année , le budget ou état présumé des
dépenses de tout genre, de le soumettre à l'examen de l'assemblée
générale des Sociétaires et à l'approbation du surintendant;
2<^ D'ordonner et faire acquitter , dans les limites portées au
4
— 50 —
budget pour chaque nature de dépenses, celles qui seront néces-
saires pour toutes les parties du service; à l'effet de quoi un
de ses membres sera préposé à la signature des ordres de four-
niture ou de travail, et dés mandats de payement;
3<* De la passation de tous les marchés, obligations pour le ser-
vice, ou actes pour la Société^
4^ D'inspecter, régler et ordojjpier dans toutes les parties de la
salle, du Théâtre, des magasms, etc. ;
5® De vérifier les recettes, d'inspecter la caisse et de Mte effec-
tuer le payement des parts, traitements, pensions ou sommes
mises en réserve selon le présent règlanent;
6» D'exercer pour tous recouvrements, ou en tout autre cas,
tant en demandant qu'en défendant , toutes les actions et droits
de la Société, après avoir toutefois pris l'avis de l'assemblée géné-
rale et l'autorisation du surintendant.
SBGTION II
Des Dépenses, Payements, et de la Comptabilité.
33. Le caissier sera nommé par le comité, et soumis à l'appro-
bation du surintendant.
Il fournira en immeubles un cautionnement de soixante mille
francs , dont les titres seront vérifiés par le notaire du Théâtre ,
qui fera faire tous les actes conservatoires au nom de la Société.
34. A la fin de chaque mois, les états de recette et dépense
seront arrêtés par le comité, et approuvés par le commissaire
impérial.
35. D'après cet arrêté et cette approbation, seront prélevés sur
la recette, d'abord les droits d'auteur, ensuite toutes les dépenses,
V pour appointements d'acteurs, traitements d'employés ou ga-
gistes; 2^ la somme prescrite pour le fonds des pensions de la So-
ciété; 3® le montant des mémoires, tant pour dépenses courantes
que fournitures extraordinaires.
36. Le reste sera partagé conformément aux art. 6, 7, 8, 9
et 10.
37. Le caissier touchera , tous les trois mois , à la Caisse d'a-
mortissement, le quart des cent mille francs de retite affectés au
— M —
Tliéâtre-Français, et soldera, avQc ces vingt-cinq mille francs, et,
au besoin , avec le produit de la part dont il est parlé à l'art. 7,
sur les états dressés par le commissaire impérial, et arrêtés par le
surintendant : V les pensions des acteurs retirés ou autres pen-
sionnaires; 2® les indemnités pour supplément d'appointements
accordées aux acteurs; 3<^ le traitement du commissaire impérial ;
4^ le loyer de la salle.
38. A la fin de chaque année, le caissier dressera le compte des
recettes et dépenses, pour les fonds de la Société.
39. Ce con^»te sera remisau comité, qui Texaminera et donnera
son avis.
Il sera présenté ensuite à l'assemblée générale des Sociétaires,
qui pourra nommer une commission de trois de ses membres,
pour le revoir, et y faire des observations, s'il y a lieu, dans une
autre assemblée générale.
Enfin, le compte sera soumis au surintendant, qui l'approuvera
s'il y a lieu. ,
40. Le caissier dressera également le compte des cent mille francs
accordés par le Gouvernement, et des parts mises à la disposition
du surintendant. Ce compte sera visé par le commissaire impérial,
et arrêté par le surintendant.
41. Sur la part réservée aux besoins imprévus, il pourra être
accordé par le surintendant, aux acteurs ou actrices qui se trou-
veraient chargés de dépenses trop considérables de costumes ou
de toilette, une autorisation pour se faire faire par le magasin des
habits pour jouer un ou plusieurs rôles.
SECTION III.
Des Assemblées générales,
42. L'assemblée générale de tous les Sociétaires est convoquée
nécessairement par le comité, et a lieu pour les objets suivants :
1» Au plus tard, dans la première semaine du dernier mois de
l'année, pour examiner et donner son avis sur le budget de l'année
suivante, conformément au paragraphe premier de l'art. 32 ;
2^ Au plus tard dans la dernière semaine du premier mois de
chaque année, pour examiner le compte de l'année précédente,
4.
— 52 —
«t ensuite pour entendre le rapport de la commission, s'il y en
a une nommée.
43. L'assemblée générale doit être, en outre, convoquée par le
comité toutes les fois qu'il y a iieu à placement de fonds, actions
à soutenir, en défendant ou demandant, dépenses à &ire excé-
dant celles autorisées par le budget : cas auquel l'assemblée géné-
rale doit donner son avis ; après quoi le surintendant dédde, après
après avoir vu l'avis du conseil, dont il est parlé au titre 7.
44. L'assemblée générale peut, au surplus^ être convoquée par
ordre du surintendant, quand il juge nécessaire de la consulter,
ou avec son autorisation, si le comité la demande, pour tous les
cas extraordinaires et imprévus.
TITRE IV.
De P Administration théâtrale.
SECTION PBEMIÈBE.
Disposition générale.
45. Le comité, établi par Tart. 30, sera également chargé de
tout ce qui concerne l'administration théâtrale, la formation des
répertoires, l'exécution des ordres de début, la réception des piè-
ces nouvelles , sous la surveillance du commissaire impérial et
l'autorité du surintendant.
SECTION If.
Des Répertoires.
§ 1. DE LA DISTRIBUTION DES EMPLOIS.
46. Le surintendant déterminera, aussitôt la pub'ication du
présent règlement, la distribution exacte des différents emplois.
Il fera dresser en conséquence un état général de toutes, les
pièces, soit lues, soit à remettre, avec les noms des acteurs et ac-
trices sociétaires qui doivent jouer en premier, en double et en
troisième, les rôles de chacune de ces pièces, selon leur emploi et
— 53 —
leur ancienneté, afin qu'il n'y ait plus aucune contestation à cet
égard.
47. Nul acteur ou actrice ne pourra tenir en [Nremier deux em-
plois différents , sans une autorisation spéciale du surintendant,
qui ne l'accordera que rarement, et pour de puissants motifs.
48. Si un acteur ou actrice tenant un emploi en chef veut
jouer dans un autre : par exemple, si, tenant un emploi tragique,
il veut jouer dans la comédie, ou si, jouant les rôles de jeune
premier, il veut jouer un autre emploi, il ne pourra primer celui
qui tenait l'emploi en chef auparavant; mais il tiendrait ledit em-
ploi en second, quand même il serait plus ancien que son cama-
rade.
Notre surintendant pourra seulement l'autoriser à jouer les rôles
du nouvel emploi qu'il voudra prendre, alternativement avec celui
qui les jouait en chef ou en premier.
$ II.» DE LA FORMAtlOR DU RÉPERTOIRE.
t.
49. Le répertoire sera formé dans le comité établi par l'art. 30,
auquel seront adjointes, pour cet objet seulement, deux femmes
sociétaires , conformément à l'arrêt du conseil du 9 décembre
1780(1).
50. Les répertoires seront faits de manière que chaque rôle ait
un second ou double désigné, qui puisse jouer à défaut de
l'acteur en premier, s'il a des excuses valables , et sans que, pour
cause de l'absence d'un ou plusieurs acteurs en premier, la pièce
puisse être changée ou sa représentation retardée.
51. Pour veiller à l'exécution du répertoire, deux Sociétaires
seront adjoints au comité, sous le titre de semainier^ ; chaque
Sociétaire sera semainier à son tour.
52. Si un double étant chargé d'un rôle par le répertoire tombe
malade, le chef, se portant bien, sera tenu de le jouer, sur l'avis
que lui en donnera le semainier.
53. Un acteur en chef ne pourra refuser de jouer ni abandon-
ner tout à fait à son double aucun des premiers rôles de son em-
ploi ; il les jouera, bons ou mauvais, quand il sera appelé par le
répertoire.
(f ) Cet arrêt se trouve au Dépôt des Lois.
— 34 —
4. Aucun acteur en chef ne pourra se réserver un ou pltisîetirs
rôles de son emploi, j Le comité prendra des mesures nécessaires
pour que les doubles soient entendus par le publie dans les prin-
cipaux rôles de leurs emplois respectifs trois ou quatre fois par
mois.
II veillera également à ce que les acteurs à Fessai soient mis à
portée d'exercer leurs talents et de faire juger leurs progrès.
Les acteurs jouant les rôles en second pourront réclamer en
cas d'inexécution du présent article; et le surintendant donnera
des ordres sans délai pour que le comité s'y conforme, sous peine,
envers l'acteur en chef opposant et chacun des membres du co-
mité qui n'y auront pas pourvu , d'une amende de trois coïts
francs.
Notre conimissaire près le Théâtre sera responsable de l'inexé-
cution du présent article , s'il n'a dressé procès-verbal des contra-
ventions, à l'effet d'y faire pourvoir par le surintendant, et de faire
payer les amendes. «
55. Nos comédiens seront tenus de mettre tous les mois un
grand ouvrage, ou du moins deux petits ouvrages , nouveaux ou
remis.
Dans le nombre de ces pièces seront des pièces d'auteurs vi-
vants.
11 est enjoint au comité et au surintendant de tenir la main a
l'exécution de cet article.
56. Les assemblées de^ samedis de chaque semaine continue-
ront d'avoir lieu; et tous les acteurs seront tenus de s'y trouver
pour prendre communication du répertoire.
11 continuera d'être délivré des jetons aux acteurs présents.
57 . Tous acteurs ou actrices pourront faire des observations, et
demander des changements au répertoire pour des motifs vala-
bles, sur lesquels il sera statué provisoirement par le commissaire
impérial , et définitivement par le surintendant.
58. Le répertoire se fera , la première fois , pour quinze jours.
11 en sera envoyé copie au préfet de police.
Le samedi d'après se fera celui de la semaine eu suivant , et
ainsi successivement.
59. Quand le répertoire aura été réglé , chacun sera tenu de
jouer le rôle pour lequel il aura été inscrit , à moins de causes lé-
gitimes approuvées par le comité présidé par le commissaire îm-
*.
— 53 —
périul , et doot it sera rendu compte au Eurintendant , sous peiue
de cent tinquante fraftes d'amende-
60. Si un acteur ayant &itt changer la représentation pour cause
de maladie , est aperçu dans une promenade, un spectacle, ou s'il
sort de chez lui , il sera mis à une amende de trois cents francs.
Det Débuts.
61 . Le surintendant donnera seul les ordres de début sur notre
Théâtre-Français. Les débuts n'auront pas lieu du f novembre
jusqu'au 15 avril.
62. Ces ordres seront prcsentés au comité, qui sera tenu de les
enregistrer, et de mettre au premier répertoire tes trois pièces
que les débutants demanderont.
63. Le surintendant pourra appeler pour débuter les élèves de
notre Conservatoù« , ceux des maîtres particuliers, ou tes acteurs
des autres théâtres de notre Empire ; auquel cas , leurs engage-
ments seront suspendis, et rompus s'ils sont admis à l'essai.
64. Les acteiuti et actrices qui auront des rSles dans ces pièces
ne pourront refuser de les jouer, sous peine de cent dnquante
Irancs d'amende.
65 On sera obligé indispensablement à une répétition entière
pour chaque pièce où les débutants devront jouer, sous pdne de
vingt-cinq francs d'amende pour diaque absent.
66. Le comité ^posera ensuite d'autres râles à jouer par te
débutant; et le surintendant en déterminera trois, que le débutant
sera tenu de jouer après des répétitioiis particulières et une répé-
tition générale, comme il est dit à l'art. 6â.
67. Les débutants qui auront eu des succès et annoncé des ta-
lents seront reçus à l'essai au moins pour un an, et ensuite
comme Sociélab^ par le surintendant, selon qiill le jugna con-
venable.
TITRE V.
Hé* nè«c« noNvellM cl de* Aatcan.
68. La lecture des pièces nouvelles se fera devant un comité
— Dé-
composé de neuf personnes choisies parmi les plus anciens So-
ciétaires, par le surintendant, qui nommeA en outre trois sup-
pléants, pour que le nombre des membres du comité soit tou-
jours complet.
69. L'admission a lieu ù la pluralité absolue des voix.
70. Si une partie des voix est pour le renvoi à correction , on
refsdt un tour de scrutin sur la question du renvoi , et on vote
par oui ou non.
71. S'il n'y a que quatre voix pour le renvoi à correction, la
pièce est reçue.
72. La part d'auteur dans le produit des recettes , le tiers pré-
levé pour les frais, est du huitième pour une pièce en cinq ou en
quatre actes , du douzième pour une pièce en trois actes , et du
seizième pour une pièce en un et en deux actes; cependant les
auteurs et les comédiens peuvent faire toute autre convention de
gré à gré.
73. L'auteur jouit de ses entrées du moment où sa pièce est
mise en répétition , et les conserve trois ans après la première
représentation, pour un ouvrage en cinq et en quatre actes, deux
ans pour un ouvrage en trois actes, un an pour une pièce en un
ou deux actes. L'auteur de deux pièces en cinq ou en quatre
actes, ou de trois pièces en trois actes, ou de quatre pièces en un
acte, restées au théâtre, a ses entrées sa vie durant.
TITRE VI.
De la Police.
74. La présidence et la police des assemblées, soit générales,
soit des divers comités, sont exercées par le commissaire impérial.
75. Tout sujet qui manque à la subordination envers ses su-
périeurs , qui , sans excuses jugées valables , fait changer le spec-
tacle indiqué sur le répertoire, ou refuse de jouer soit un rôle de
son emploi, soit tout autre rôle qui peut lui être distribué pour le
service des théâtres de nos palais , ou qui fait manquer le service
en ne se trouvant pas à son poste aux heures fixées, est con-
damné, suivant la gravité des cas, à l'une des peines suivantes.
76. Ces peines sont les amendes, l'exclusion des assemblées
— o8 —
de cinq centè francs, qui sera versée dans la caisse deé pauvres, à
Ja diligence du préfet de police.
84. Tout Sociétaire ayant trente années de service effectif
pourra obtenir une représentation à son bénéfice, lors de sa re-
traite : cette représentation ne pourra avoir lieu que sur le Théâ-
tre-Français, conformément à notre décret du 29 juillet 1807.
85. Tout sujet retiré du Théâtre-Français ne pourra reparaître
sur aucun théâtre, soit de Paris, soit des départements, sans la
permission du surintendant.
86. Toutes les affieures contentieuses seront soumises à Texamen
d'un conseil de jurisconsultes ; et on ne pourra faire aucune pour-
suite judiciaire au nom de la Société sans avoir pris l'avis du
conseil.
Ce conseil restera composé ainsi qu'il l'est aujourd'hui , et siéra
réduit à l'avenir, par mort ou démission , au non^re de troîâ Ju-
risconsultes, deux avoués, et au notaire du Théâtre.
En cas de vacance, la nomination se fera par le comité, avec
l'agrément du surintendant.
*^ 87. Le surintendant fera les règlements qu'il jugera nécessaires
pbur toutes les parties de l'administration intérieure.
88. Les décrets des 29 juillet etl^^ novembre 1807 sont main-
tenus en tout ce qui n'est pas contraire aux dispositions ci-dessus.
TITRE VIII.
Des élèves du Théâtre-Français.
§ I. NOMBRE, NOMINATION, INSTRUCTION ET ENTRETIEN DES ÉLÈVES.
89. 11 y aura à notre Conservatoire Impérial dix-huit élèves
pour notre théâtre-Français, neuf de chaque sexe.
90. Ils seront désignés par notre mim'stre de l'intérieur; ils
' seront âgés au moins de quinze ans.
* 91 . Ils seront traités au Conservatoire comme les autres pen-
sionnaires qui y sont admis pour le chant et la tragédie lyrique.
92. Us pourront suivre les classes de musique; mais ils seront
plus spécialement appliqués à l'art de la déclamation , et suivront
exactement les cours des professeurs , selon le genre auquel ils
seront destinés.
93. A cet effet, indépendamment des professeurs, il y aura,
— 59 —
pour l'art dramatique, deux répétiteurs d'un genre différent, les-
quels feront répéter et travailler les élèves, chaque jour, dans les
intervalles des classes, à des heures qui seront fixées^
94. 11 y aura, en ojutre, un professeur de grammaire, d'his-
toire et de mythologie appliquées à l'art dramatique , lequel en-
seignera spécialement les élèves destinés au Théâtre-Français.
95. Les élèves seront examinés tous les ans par les professeurs
et le directeiu* du Conservatoire; et il sera rendu compte du ré-
sultat à notre ministre de l'intérieur et au surintendant des
théâtres.
96. Les élèves qui ne donneraient pas d'espérances ne conti-
nueront pas leurs cours, et ils seront remplacés.
97. Ceux qui ne seraient pas encore capables de débuter sur
notre Théâtre-Français pourront, avec la permission du siu;inten-
dant , s'engager pour un temps au théâtre de l'Odéon , ou dans
ies troupes des départements.
98. Ceux qui seront jugés capables de débuter pourront rece-
voir du surintendant un ordre de début , et être , selon leurs
moyens, mis à l'essai au moms pendant un an, et ensuite admis
comme Sociétaires, comme il est dit article 67.
§ IL DES DÉPENSES POUR LES ÉLÈVES DE L*ART DRAMATIQUE.
99. La dépense pour chacun des élèves est fixée à onze cents
francs;
Le traitement pour chacun des répétiteurs, a deux mille francs ;
Le traitement du professeur, à trois mille francs.
100. En conséquence, notre ministre de l'intérieur disposera,
sur le fonds des dépenses imprévues de son ministère, d'une somme
de vingt-six mille huit cents francs en sus de celle allouée pour
notre Conservatoire impérial de musique.
101 : INos ministres de l'intérieur, de la police , des finances , du
trésor, et le surintendant de nos spectacles, sont chargés, chacun
en ce qui le concerne , de l'exécution du présent décret, qui sera
inséré au Bulletin des lois.
Signé NAPOLÉON
Par IT.mpereur :
Le Ministre Secrétaire. (tÈtat par intérim^
S'Kjnv Duc DE CâDORë
DOCUMENTS HISTORIQUES
RELATIFS A LA
COMEDIE FRANÇAISE
SOUS LE REGNE
DB
li'iainPERKlJil MAPOUBOM I**.
Il est incontestable que la période qui s'est écou-
lée depuis le commencement de ce siècle jusqu'à la
fin de l'Empire, et pendant les premières années de
la Restauration, a été une grande époque pour la
Comédie française; mais époque remarquable, il
faut bien le dire, surtout au point de vue de l'exé-
cution de nos chefs-d'œuvre dramatiques. Le Théâ-
tre-Français était grand seulement par l'admirable
ensemble de son personnel, composé des premiers
artistes du monde ; et quant à la littérature drama-
tique du temps, elle n'a pas jeté un bien vif éclat.
Le génie de Napoléon pouvait bien reconstituer une
institution grandiose; il né pouvait pas créer des
poètes, lorsque toutes les intelligences supérieures
étudiaient l'art de la guerre et n'aspiraient qu'aux
— t>2 —
suprêmes honneurs militaires que l'Empereur savait
prodiguer.
Depuis le 31 mai 1799 , jour de l'ouverture du
Théâtre par tpus les comédiens français réupis. Van-
cienne Comédie française commençait à exister : elle
avait pris possession, comme nous l'avons dit, de
la salle de la rue Richelieu, embellie et restaurée ; et,
en attendant de nouveaux ouvrages, les comédiens
sociétaires attiraient la foulé ravie d'assister à la re-
naissance de la Compagnie illustre qui avait traversé
bien des orages pour se retrouver reconstituée sous
la main puissante d'un grand homme. De 1800 à
1803, le personnel de la Comédie française se com-
posait ainsi :
MoLÉ, l'acteur le plus accompU, la plus grande
illustration de l'ancien Théâtre-Français; Momvel,
reçu en 1772; Dcgazon, 1772; Dazincourt, 1778;
Fleury , de la même année ; Vanhove ; Florence ,
1779; Saint-Prix, 1784; Saint-Fal , de la môme
année; Naudet, 1786; Laroghelle, 1787; Talma,
1785; Grandménil, 1791 ; Alexandre Duval; Cau-
MONT ; MiCHOT, venu du théâtre des Variétés du Pa-
lais-Royal au Théâtre de la République ; Baptiste
Cadet, du Théâtre de la République; Damas; Bap-
tiste aîné, qui avait fait partie du théâtre du Marais
en 1791, et qui était entré au Théâtre de la Répu-
blique en 1793; Armand et Lapon, nouvellement
reçus ;
— 63 —
Mesdames Laghassaigne , reçue en 1769; Suin,
4776; Raucourt, 1773; Louise Contât, 1777
Thénard, 1781; Devienne, 1785; Emilie Contât
Vanhove, 1785, depuis M'^rTalma ; Fleury, 1791
Mezeray, de la même année; Mars cadette (la célè-
bre), venue très-jeune du théâtre Montansier ; Bqur-
goin et VoLNAis, nouvellement admises ;
Tous sociétaires. Les pensionnaires étaijent Des-
prez, Lacave, Dublin, Marchand ; mesdames Gros,
Desrosiers, Patrat.
Le commissaire du Gouvernement était M. Mahé-
rault, agissant sous les ordres de M. de Rémusat,
préfet du palais.
Sous le règne de la Terreur, la Comédie française
n'avait pas été plus épargnée que tout ce qui exis-
tait à cette époque : institution royale , elle devait
périr ; propriétaire de biens meubles et immeubles,
il fallait les lui confisquer, le tout pour le salut de la
patrie. La Comédie française fut, par conséqueat,
dépouillée de tout ce qu'elle possédait.
Il ne suffisait donc pas de réunir ces magnifiques
talents dispersés par les fureurs révolutionnaires, il
fallait encore rendre à la maison de Molière une
partie de son ancien éclat. C'est cette pensée répa-
ratrice qui inspirait le Premier Consul, lorsque, le
2 juillet 1802, il dotait la Comédie française d'une
rente annuelle de cent mille francs. Jusque-là, les
rapports de la Comédie franç2(ise avec le Premier
hv
— 64 —
Consul avaient été ceux de la reconnaissance, d'un
côté, d'une haute sympathie de l'autre. Les comé-
diens sentaient que leur destinée dépendait de la
protection du chef de l'État ; ils ne laissaient pas
échapper une occasion de lui témoigner leur dé-
vouement respectueux, et, le 8 octobre 1801, une
députation de la Comédie avait été admise à pré-
senter au Premier Consul des félicitations au sujet
des préliminaires de la paix avec l'Angleterre :
quant à Napoléon Bonaparte, l'Empire existant déjà
dans sa pensée, il comprenait que la gloire du
Théâtre-Français devait être une de ses gloires, que
la Comédie française serait son théâtre ; et, par quel-
ques actes d'autorité, il commençait pour ainsi dire
à prendre possession. Ainsi, le 6 janvier 1802 ,
Talma, Desprez, M""^ Petit Vanhove etM^^^ Raucourt
recevaient l'ordre de se rendre à Lyon. C'était
comme un prélude des spectacles de la cour. Enfin^
l'acte de dotation du 2 juillet 1802 vint consacrer
des liens indissolubles . Comme ce document est un
des plus importants dans l'histoire du Théâtre-
Français, nous le transcrivons ici textuellement :
Paris, le i3 messidor Tan x delà République française,
une et indivisible.
Les Consuls de la Republique ^ sur le rapport du
ministre de l'intérieur^
Arrêtent :
Article premier. Au premier vendémiaire
— 65 —
prochain , rinscription au grand-livre de la
dette publique, n** i423i, volume 24, somme
100,000 fr., sera transférée à la Caisse d'a-
mortissement par le ministère de l'intérieur,
et le produit en sera versé dans la caisse du
Th éâtre-Français .
Article 2. Au moyen dudit versement,
les comédiens français acquitteront :
I** Le loyer de leur salle ;
2** Les pensions de retraite qui seront ac-
cordées avec l'agrément du gouvernement ;
3** L'indemnité annuelle qui a été promise à
quelques artistes, à l'époque de leur réunion
au Théâtre de la République , et qui a été
payée jusqu'à ce jour sur les fonds du minis-
tre de l'intérieur.
Article 3. La recette journalière de la Co-
médie sejra employée à payer les parts et di-
visions ou fractions de part des comédiens,
conformément à l'état qui existe aujour-
d'hui.
Il sera pareillement pourvu , sur les mêmes
fonds, au traitement de ceux qui ne sont pas
reçus à part, et à toutes les autres dépenses.
Aucun comédien ne recevra, à l'avenir, ni
— 66 —
supplément , ni indemnité sur les fonds du
ministère de l'intérieur ou de la police.
Article 4- A compter du i ^^ vendémiaire
an XI , le prix des loges , par quelques per^
sonnes quelles soient occupées, sera versé
dans la caisse du théâtre.
Article 5.* Il sera soumis incessamment
aux Consuls, par le ministre de l'intérieur,
un règlement de police et d'administration
pour tout ce qui intéresse la Comédie fran-
çaise.
Article 6. Le ministre de l'intérieur est
chargé de l'exécution du présent arrêté.
Le Premier Consul,
Signé : BONAPARTE.
Pour le Premier Consul :
Le secrétaire d'État ,
Signé : Hugues B. MARET.
Pour ampliation :
Le ministre de Vintérieur,
Signé : Chaptal.
Pour ampliation :
Le commissaire du gouvernement y
Signé : MahérauH.
— 67 —
A partir de 1802, les rapports de l'autorité avec
la Comédie firançaise deviennent de plus en plus
fréquents^ Le théâtre une fois reconstitué et doté, il
fallait le réglementer. Nous allons suivre pas à pas
cette réglementation intérieure, pleine de sollicitude
et de détails, et nous bien convaincre que M. de Ré-
musat, premier chambellan de l'Empereur , n'exer-
çait pas seulement une simple surveillance, mais
aussi qu'il gouvernait et administrait, absolument
comme le premier gentilhomme de la chambre du
roi sous l'ancien régime, et, on doit le dire, avec les
mêmes sentiments des convenances, des droits et
des devoirs de chacun, avec cet esprit de la légalité,
d'équité et des intérêts bien compris du Théâtre-
Français.
Suivons l'ordre chronologique ; c'est une route
tracée, infaillible, et qui nous mène droit au but.
Alexandre Duval, auteur dramatique et artiste
sodétaire du Théâtre-Français, venait de faire re-
présenter sa comédie X Edouard en Ecosse^ lorsque,
le 2 février 1802, un ordre supérieur vint en dé-
fendre la deuxième représentation. Les allusions
politiques fourmillaiei^t dans cet ouvrage, et le mo-
ment était mal choisi pour les provoquer. Le 5 avril,
mort d'Etienne Dubus-Champville, sociétaire qui peu
de temps auparavant avait joué, pour la dernière
fois, le rôle du marquis dans \e Joueur. Une inscription
fut placée sur la tombe de Ghampville aux frais de
5.
- 68 —
M"*^ Devienne. Une autre perte, plus sérieuse, me-
naçait la Comédie française ; le 24 avril, le célèbre
Mole jouait son dernier rôle, celui de Dubriage du
Vieux Célibataire. Il ne devait plus remonter sur la
scène qu'il avait illustrée par son inimitable talent
depuis tant d'années. Mole mourut le H décembre
suivant, à l'âge de 69 ans, et après 48 années de
services. Cette mort produisit l'effet d'un grand
événement. Paris tout entier s'en émut. Les obsèques
du doyen de la Comédie française eurent lieu le
13 décembre, au milieu d'un concours immense.
Mole était membre de l'Institut. La Comédie fran-
çaise tout entière, la Comédie italienne, les artiste»
de l'Opéra, du Vaudeville, de Louvois, des Bouffes
italiens, une députation de l'Institut, dans laquelle
on distinguait M. Bigot de Préamenéu, le général
Jubié, au nom du Premier Consul, trois cents per-
sonnes de toutes les conditions, assistèrent au convoi,
composé de plus de trente voitures de deuil. Le cor-
billard était attelé de six chevaux. Un service so-.
lennel eut lieu à Saint-Sulpice , et le curé de cette,
église y prononça le panégyrique de Mole, en s'é-
levant contre le préjugé qui pèse sur la classe des
comédiens. Le convoi revint ensuite au domicile du
défunt, rue Corneille, pour se diriger du c6té de
la barrière d'Enfer, et gagner de là Antony,oii Mole
avait voulu être enterré. A Antony, le corps fut en-
core présenté à l'église, où il fut reçu par le curé et
— 69 —
lé maire, qui prononcèreDt chacun un discours sur
les grands talents, la gloire, la célébrité, les qualités
publiques et particulières de Mole ; Monvel, Auguste
Mole et M. Mahérault prirent ensuite la parole, et
Mole fut inhumé au milieu d'un champ qui était sa
propriété, dans un tombeau entouré de fossés bordés
de peupliers et de cyprès.
Il nous semble curieux de transcrire ici la pièce
suivante qui a tout Tattrait d'un document his-
torique :
12 décembre 1802.
« Dépositaire des derniers sentiments de Fran-
« çois-René Mole, c*est avec satisfaction que je re-
« çois sa dépouille mortelle, pour la conduire au
« lieu de repos qu'il s'est choisi lui-même. Ainsi, la
« commune d' Antony se glorifiera longtemps de pos-
« séder un homme justement célèbre , un des plus
«'beaux génies de l'art dramatique.
« Et tandis que la piété filiale s'empresse de lui
« élever un monument sacré, tandis que ses collè-
« gués et ses amis en pleurs, que la France renais-
tf santé attache à ses longs travaux et à ses rares
« talents les regrets les plus sincères et les plus tou-
« chants souvenirs;
« Nous, ministres des autels, au nom de la reli-
ef gion, nous prierons le Seigneur notre Dieu qu'il
« lui fasse paix et miséricorde et qu'il daigne l'àd-
— 70 —
« mettre aa nombre de ses élus dans le séjour dé
« l'immortalité glorieuse.
<f Pardon, Messieurs, si je vous dérobe des mo-
« ments si précieux au public ; mais il a fallu satis-
« faire mon cœur, et combien je m'estimerais heii-
(c reux si cette lettre méritait d'être consignée dans
« vos archives.
«c 5^/{^\* Charles Ghaisneac,
« Desserrant d'Antony, gardien du tombeau de Mole. »
La Comédie française fit du reste noblement son
devoir. Elle continua pendant six mois à la famille
de Mole la part entière dont il jouissait, et elle vota
une somme annuelle de 1200 francs pour servir,
pendant cinq ans, à l'éducation de M"® Éveline , la
petite-fille de Mole.
Les pertes cruelles se succédaient aussi parmi les
acteurç retirés. Le 29 janvier 1803, on annonçait la
mort de la célèbre Clairon, et, le 11 février, celle de
Colbert de Beaulieu, dit de Bellemont, après 37 ans
de service et 75 ans d'âge. Le 23 septembre pré-
cédent, M™® Vestris avait pris sa retraite de sociétaire.
En revanche, de nouvelles réputations commen-
çaient à naître; le 12 juillet 1802, M"* Duchesnois
avait paru pour la première fois à Versailles, dans
le rôle de Phèdre ; et, le 29 novembre suivant,
M™® Georges Weymer avait débuté par celui de
Clyteranestre d'/phtgénîe en Aulide.
— 71 —
Revenons aux actes administratifs du préfet du
palais. Le 2 avril 1803, M. de Rémusat ouvrait un
concours pour doubler l'emploi des jeunes premiers
dans les tragédies , et des troisièmes amoureux et
jeunes marquis dans la comédie. Les concurrents
devaient avoir de quinze à vingtrtrois ans, de bonnes
mœurs, bien posséder la langue française et être en
état de jouer sur-le-champ. Le jury d'examen se
composait de Monvel, Vanhove, Saint-Prix, Saint-
Faî, Talma, Dazincourt, Fleury, Grandménil, Du-
gazon, M^* Raucourt, Contât, Suin et Devienne. Cet
arrêté, en prévision de l'avenir; pour le présent,
M. de Rémusat donnait la mesure de l'importance
que l'on attachait alors à la tragédie, en classant les
rôles de femmes en cinq catégories , les rôles de
reines et de mères , ceux intermédiaires entre les
reines et les grandes princesses, les grandes prin-
cesses, les rôles intermédiaires entre les grandes et
les jeunes princesses, enfin les jeunes princesses. Une
aus^ minutieuse distinction serait parfaitement su-
perflue aujourd'hui.
Quelques jours plus tard, le comité d'administra-
tion accorde à Ducis 1,500 francs de pension en
échange de la propriété de ses œuvres.
Le 4 juin 1803, la Comédie française, en assem-
blée générale des sociétaires , et guidée par son
amour pour la patrie et son attachement inviolable
à l'auguste chef du gouvernement (ce sont les
. ♦
— 72 —
termes du procès-verbal de la délibération), vote
une somme de 2,500 francs pour aider à subvenir
aux frais de la guerre avec l'Angleterre. Une dépu-
tation, composée de Dazincourt, Larochelle et>
Baptiste aîné, est chargée d'être l'organe de la Co-
médie auprès du gouvernement.
Vers le même temps , on met sur le tapis la re»
prise du Mariage de Figaro. Dugazon refuse for-
mellement de jouer le rôle de Figaro, affirmant qu'il
n'en serait jamais l'interprète au Théâtre-Français.
Ne pardonnait-il pas à l'auteur d'avoir destiné ce rôle
à Préville, et, sur le refus de Préville en raison, de
son âge, ne pouvait-il pas oublier que Dazincourt
l'avait créé?
Pendant l'année 1803, la Comédie française avait
perdu M"® Dumesnil, décédée à l'âge de quatre-
vingt-dix ans, et Vanhove, mort dans la maison et
dans le lit de Talma , et inhumé à Brunoi , sous un
gros noyer, dans la propriété de son gendre. Talma
avait épousé, l'année précédente. M"® Petit Vanhove.
Enfin , M™® Elisabeth Gontier, veuve Drouin, était
morte le 2 août, à Verrières, à l'âge de quatre-vingt-
trois ans.
Le 2 juin 1803, la Comédie donne à l'Opéra une
représentation A'Esther, au bénéfice et pour la re-
traite de M™® Vestris. Cette représentation produit
une somme de 20,000 fr. — Le 5 juin, au Théâtre-
Français, une représentation de Gahrielle de Vergj
— 74 —
bution des rôles et à la confection du répertoire.
De ce jour date le rétablissement de la hiérar-
chie et des droits acquis par l'ancienneté dés ser-
vices rendus. L'ordre porte qu'il ne peut jamais y
avoir plus de deux acteurs doubles ou en second
dans une même pièce. En même temps, le comité
faisait respecter ses privilèges, et nous le voyons qui
proteste, de son côté, contre une représentation
6i Andiomaquej annoncée comme devant être jouée
par M"® Duchesnpis à la Porte-Saint-Martin.
Une guerre réelle, implacable, une rivalité ayant
de nombreux partisans dans les deux camps, et qui
n'offrait d'exemple que la lutte de M"® Sain val et
de M™® Vestris, s'était élevée entre M"® Georges et
W^ Duchesnois. Toutes deux promues au grade de
sociétaires par arrêté de M. de Rémusat, du 17
mars 1804, élevaient la même prétention à la prio-
rité ; et si une grande beauté plaidait en faveur de
M"® Georges, il est demeuré incontestable que les
gens de goût et les amateurs éclairés préféraient le
jeu passionné, la sensibilité et la diction de M"^ Du-
chesnois. Il fallait cependant mettre un terme à cette
guerre intestine, beaucoup plus nuisible au réper-
toire et au service intérieur du théâtre qu'aux plai-
sirs du public, qui y trouvait un aliment de curio-
sité. En conséquence, en vertu de la décision prise
le 5 mai 1 803 pour le rétablissement des droits
hiérarchiques, M. de Rémusat, par un nouvel arrêté
— 75 —
du 9 juin 1804, voulut régler la position respective
des deux actrices rivales. M"* Duchesnois eut la
priorité sur le registre des sociétaires aux assemblées,
où elle était la première à donner son avis, aux droits
de choisir sa loge et de nommer à un poste vacant,
et, comme ni Tune ni l'autre des deux concurrentes
n'étaient alors chefs d'emploi, il fut décidé que
M"® Duchesnois doublerait la première les grandes
princesses, et M"* Georges, la première, les rôles de
rein^.
— Le même jour, Lacave et M"* Desrosiers
étaient nommés sociétaires.
Le 4 juin 1804, la Comédie française, M. Mahé-
rault, commissaire du gouvernement, en tête, prête,
à l'Hôtel de ville, le serment prescrit par le sénatus-
consulte pour l'Empire. Cet usage pour les comé-
diens français est tombé en désuétude, mais cela
voulait dire alors que le Théâtre-Français était con-
sidéré officiellement comme une institution inhé-
rente à l'Etat.
— Le 20 juin, mise à la retraite de Florence, so-
ciétaire. — Le 3 juillet, la formule des comédiens
ordinaires de F Empereur remplace sur les affiches
celle des comédiens français sociétaires. — Le 5
octobre, mort de M*"* Vestris, ancienne élève de
Lekain, retirée depuis deux ans, après trente ans
de services , et âgée de soixante-deux ans. — Le
21 , dernière représentation de M™* Lachassaigne,
— 76 —
qui parait encore une fois, après trente-neuf ans de
services, dans le rôle de Dorilée de Mélanidej^i le
M novembre, représentation de retraite et au béné-
fice de Dupont; on joue Phèdre au théâtre deTIm^
pératrice (Louvois) : recette 7,300 fr.
Pendant ce temps, M. de Rémusat, nommé pre-
mier chambellan de la maison impériale, poursuivait
son œuvre réglementaire. Le 3 novembre 1804, pa-
raît une ordonnance sur les congés, en vertu de la-
quelle, et attendu les abus existants, il demeure
interdit d'accorder plus de deux congés à la fois.
Mais ce n'est là, au bout du compte, qu'un détail!
M. de Rémusat comprend qu'un règlement général
est devenu indispensable, et, le' 21 novembre, il
signe les dispositions suivantes : A partir de ce jour,
le répertoire étant fait, les distributions proclamées,
les lectures çt les répétitions fixées , les semainiers
ne peuvent rien changer, sans motifs sérieux, sous
peine pour eux de SO francs d'amende. Aucun aô-
teur ne peut annoncer la veille qu'il ne jouera pas
le lendemain, à moins de 150 francs d'amende s'il
a part entière. Tout chef d'emploi forcé de ne pas
jouer le lendemain .doit avertir son double la veille ;
l'amende comme la première. Faire manquer un'
spectacle équivaut à Une amende égale au produit
de cette représentation. Un comédien restant deux
mois et demi sans faire son service iest privé pendant
un an du titre et des appointements de sociétaire;
— 77 —
en cas de récidivç , pendant deux ans ; la troisième
fois, il est exclu de la société sans pension. Aucun
comédien ne peut voter aux lectures que six ans
après sa réception, à moins qu'il n'ait eu trente ans
d'âge accomplis au moment de sa réception ; mais il
est admis aux lectures et reçoit son jeton. Tous les
bulletins votants doivent être motivés. Tout comé-
dien sociétaire doit savoir son répertoire en entier,'
et nul ne peut être reçu aux appointements sans en
connaître au moins la moitié.
Il suffit de lire de pareilles dispositions pour en
apprécier toute la portée, et les développements sont
bien inutiles.
L'année 1805 s'inaugura par un nouvel ordre qui
imposait à tous les sociétaires, sans exception, Tobli-^
gation de paraître dans les cérémonies des ouvrages
de Molière, le Bourgeois gentilhomme et le Malade
imaginaire : hommage rendu à l'immortel créateur
de la Comédie française.
Rien de plus remarquable cette année que le début
de M"® Amalric Contât (4 février), dans les rôles de
Donne de Tartufe, et Lisette du Cercle; et celui
de Michelot (29 mars), dans les rôles de Britannicus,
dans la tragédie de ce nom, et de Dormilli des Fausses
Infidélités . — \jd 15 avril, représentation A'Esther,
à l'Opéra, pour la retraite de M™® Suin, après 30 ans
de services; la recette s'élève à 17,000 fr. — Le
i" juin, représentation, à l'Opéra, ^Olympie et des
— 78 —
Mœurs du temps , pour la retraite de M"** La-
chassaigne.
Le 29 avril 1806 , Monvel, Dazincourt, ïleury,
3aintrPrixse rendent auprès de S.M. l'Empereur,
pour lui adresser une pétition ccmcemant les inté-
rêts de la Comédie française. L'Empereur aimait à
s'occuper lui-même des affaires intérieures du
Théâtre-Français ; et, malgré les règlements rendus,
il existait encore des abus qu'il s'agissait de ré-
primer. Un nouveau décret ne se fit pas attendre, et
le 6 mai suivant, le premier chambellan décidait que
chaque samedi le comité et deux semainiers arrête-
raient le répertoire, qui serait soumis à l'assemblée
générale le lundi suivant; que tout acteur refusant
déjouer, sans cause légitime, serait passible d'une
amende et soumis à un rapport constatant les motife
dn refus, lequel rapport adressé au commissaire
impérial ; — que tout acteur absent serait censé prêt
à jouer, à moins de maladie ; qu'enfin les lectures
auraient lieu une fois par semaine.
Le 1®*' mai 1806, mise à la retraite de Naudet. —
Le 1®' juillet, premier début d'Auguste Thénard,
par les rôles d'Hippolyte de Phèdre et d'Auguste
de C Amour et la Raison. — Le 13 août, début àe
SaintrEugène, dans Polyeucte. — Le 20 ^septembre,
le tragédien Lafon aborde, pour la première fois,
la comédie , en jouant Glitandre des Femmes sa-
iHinlesy et Détieulette de la Gageure imprévue.
— 79 —
Nous ne constatons ici, comme toujours, que les
débuts et les faits importants.
Le 7 février 1807, représentation à TOpéra, pour
la retraite de Florence, après 30 ans de services. On
y joue Bérénice et la Belle Fermière devant une re-
cette de 22,000 fr. — Le 14, Larochelle paraît ,
pour la première fois, dans le rôle de Saint-Germain
de XAmani bourru. — Le 1**" mars, mise à la re-
traite de Monvel, dont la part entière, par ordre
supérieur, est distribuée, ainsi que cela se pratiquait
à l'ancienne Comédie française, entre Desprez, La-
cave, M"* Mars et M"* Desrosiers. — ^ Le 9 avril,
mort de Larochelle, après vingt-cinq ans de ser^
vices , à Fàge de 57 ans. — Le 20 mai , début
de Mainvielle, dans le rôle de Xipharès de
Mithridate. — Le 10 juin , ordre de se rendre à
Paris, expédié à Joanny et à Thénard, l'un tra-
gédien et l'autre premier comique au grand théâtre
de Lyon. C'était là un des plus anciens et des plus
précieux privilèges de la Comédie française de s'ap-
proprier tous les talents partout où ils se trouvaient.
Sous l'Empire, on conserva un usage qui avait force
de loi, et qui contribuait à maintenir le Théâtre-
Français à la hauteur de sa mission. Aujourd'hui,
en 1853, on prétend que le Théâtre-Français doit
rester supérieur à tous les autres, et on a supprimé
ses privil^es. Qui veut la fin, cependant, doit vou-
loir aussi les movens.
r
«
— 80 —
Donc, le 11 juillet 1807, début de Joanuy, dans
le rôle de Cinaa, et ensuite dans Rodrigue du Cid
•et Oreste ^ Andromaque. — Le 7 août, mort de
M^^® Desrosiers , âgée seulement de 32 ans. — ■ Lé
3 novembre, début de Thénard aîné, dans le rôle
de Pasquin dû Dissipateur ^ et ensuite dans les rôles
de Desmazures de' la Fausse Agnès ^ de Cliton du
Menteur^ et de Pasquin des Jeux de V Amour.
C'est à Fontainebleau, le l®*" novembre 1807> que
l'Empereur Napoléon signe le décret sur la surin-
tendance des théâtres impériaux. M. de Rémusat est
nommé surintendant général avec pleins pouvoirs
administratifs sur les sociétaires du Théâtre-Fran-
çais, du Théâtre-Feydeau et du Théâtre de Tlmpé-
ratrice. L'Académie impériale de musique obéit à
une autre juridiction. M. de Rémusat préside à
toutes les admissions, aux règlements des pensions,
aux retraites^ à l'obtention dçs gratifications, à la
rédaction deâ répertoires, à la fixation des budgets^
aux transactions, aux permissions de congé. C'est
le pouvoir central et souverain allié au respect de
tous les droits.
Le même jour, l'Empereur arrête la suppression,
au Théâtre-Français, de tous les billets gratis et de
toutes les entrées de faveur. Chaque sociétaires deux
grandes entrées et trois places dites de parents ;
chaque pensionnaire n'a droit qu'à une place. — La
liste des entrées est soumise à l'approbation du
— 81 —
surintendant. — Les auteurs, pour les six premières
représentations de leurs pièces seulement, ne peuvent
obtenir que trente places pour un ouvrage en quatre
et cinq actes, vingt places pour trois et deux actes,
quinze places pour un acte. — Chaque débutant n*a
que douze places à sa disposition.
On voit qu'à mesure que les années s'écoulent.
Tordre se fait. Du reste, on conviendra qu'avec un
pareil système, et les claqueurs n'existant pas (il n'y
avait pas de claque organisée à cette époque), les
succès et les chutes avaient au moins le cachet de la
vérité.
Bien que ce soit peut-être un hors-d' œuvre dans
le travail qui nous occupe, nous ne pouvons résister
an plaisir de mentionner ici une décision du comité
des sociétaires prise vers le même temps. Il s'agit
du chansonnier Laujon, très-âgé alors, et qui ap-
portait constamment une pièce nouvelle pour la lec-
ture. Par égard pour les 82 ans dé Laujon, et re-
connaissant qu'un refus pouvait lui être funeste, le
comité décida qu'on simulerait la réception des
élucubrations du vieux poëte, en ayant soin de
constater que ses héritiers ou ayants cause ne pour-
raient jamais en poursuivre la- représentation. II y a
dans cet acte si simple une délicatesse touchante qui
plait.
Le 17 février 1808, début de M"' Rose Dupuis
dans le rôle d'Androraaque et celui d'Isabelle de
6
— 82 —
X École des Marisy ensuite dans le rôle d'Iphigénie
et celui d'Agathe des Folies amoureuses. — Le 30
juillet, début de M"® Emilie Leverd, dans le rôle de
Célimène et celui de Roxelane' des Trois Sultanes,
— Le 31, dernière représentation dans laquelle Da-
zincourt ait paru, à cause de sa santé. Il joue le
rôle de Fabrice de V Assemblée de famille^ et Figaro,
du Barbier, — Le 19 septembre, départ pour Er-
furt. Dazincourt était à la tête des comédiens, en
qualité d'ordonnateur des spectacles de la cour, et
c'est lui qui fit construire en quelques jours un
théâtre digne de recevoir tous les souverains réunis.
A Toccasion de ces représentations splendides, les
comédiens français reçurent des gratifications dignes
de l'Empereur et Roi ; Talma , pour sa part , eut
10,000 francs, et M"^ Rose Dupuis, qui n'avait
joué qu'une fois, 3,000 francs. Encore n'obtintrelle
de jouer Palmyre de Mahomet que sur l'ordre de
M. de Rémusat, M"^ Bourgoin étant chef d'emploi
et s'y opposant. Inutile de faire entrer en ligne
de compte les cadeaux que tous les artistes reçurent
des autres souverains. — Le 10 octobre, début de
Devigny dans le rôle de Lisimon du Glorieux^ et^
plus tard, dans les rôles de Francaleu de la Métro-
manie^ de M. Rémy des Fausses Confidences^ de
Géronte du Bourru bienfaisant.
C'est dans le cours de cette même année 1808
que M"^ Georges, au mépris de ses engagements,
— 83 —
crut devoir partir pour la Russie, laissant la (Co-
médie française dans l'embarras à la quatrième re-
présentation ^ Arta.rerce de M. Delrieu. Le 13 mai,
M''^ Georges est condamnée à une amende de
3,000 francs; le 30, sa part est mise en séquestre;
le 17 juin, l'artiste transfuge est rayée du tableau
des sociétaires, en perdant tout droit à la pension.
Le 7 janvier 1809, translation des archives de la
Comédie dans le bâtiment même du Théâtre-Français.
Où étaient auparavant ces documents précieux , et
combien de pièces inappréciables n'avaient-elles pas
été perdues ou soustraites? et qu'on s'étonne après
cela que l'écriture de Molière, nous ne disons pas
sa signature, soit introuvable?
Le 6 mars, représentation de retraite de M"® Louise
Contât. {Voir y pour les détails, la aonienclature des
spectacles de la cour,) — Le 28, mort de Dazin-
court, après trente-trois ans de services. — 1®"^ avril,
réception de M"® Leverd comme sociétaire. Le 24,
Dugazon joue pour la dernière fois le rôle de Figaro
du Barbier île Séifille. — M"® Bourgoin obtient
un congé d'un an pour se rendre à Saint-Péters-
bourg, la[^ de temps pendant lequel le payement de
sa part est suspendu. — 1*"^ mai, représentation de
retraite de M"* Fleury, après vingt ans dé services;
on reprend le Comte de Warwick et les Deux
Pages; la recette s'élève à 8,500 livres. — Le 11
octobre, mort de Gourgaud, dit Dugazon, à l'âge de
6.
— 84 —
66 atîs et après trente-neuf ans de sociétariat. — Le
27 novembre, le roi de Saxe et le roi de Wesiphalie
viennent voir Athalie et le Legs. — Le 6 décem-
bre, \ Enthousiaste^ comédie en cinq actes, en vers,
fait une chute complète en présence des rois de
Hollande, de Wurtemberg , de Naples et de West-
phalie.
Le 14 mai 1810, début de M"® Dupont dans les
rôles de Finette du Dissipateur ^ et de Lisette des
Folies amoureuses.
Le 9 juillet, début de M"® Demerson dans les rôles
de Nérine du Joueur^ et de Toinette du Malade ima-
ginaire. .— Le 7 août, ordre de jouer toutes les
pièces mentionnées au rapport du jury pour les prix
décennaux. — Le 1®^ octobre, réception de Thé-
nard aîné comme sociétaire. — Le 17 janvier 1811,
début de Dumilâtre par le rôle d'Achille à'Iphigé-
nie. — Le 7 mars, M"*^ Dupont s'essaye dans la
tragédie, mais n'y réussit pas. — Le 25 mars, mort
deCaumont, ancien sociétaire, à l'âge de 62 ans.
— 1 ^^ avril, retraite de Grandménil et de M"® Talma.
RéceptioBi de Devigny comme sociétaire. — Le 28
mai, début de Cartigny dans le rôle d'Hector du
Joueur, et celui de Labranche de Crispin rii^al. —
Le 24 juin, représentation de retraite de Monvel,
après trente ans de services; on joue Esther par
Talma, et les Deux Gendres par Fleury ; la recette
est de 10,000 francs. — 27 juin, début de Baudrier
i^i*.
— 85 —
1
dans le rôle de Fraucaleu de la Méliomame. — Le
3 juillet, début de Firmin dans le rôle de Séide de
Mahomet^ et celui de Dormilli des Fausses Injidë^
lités. — 1®"^ octobre, réception de Michelot comme
sociétaire. — Le 13 février 1812, mort de Boutet-
Monvel à l'âge de 67 ans; une députation de douze
membres de l'Institut assiste à son convoi. — Le lo
avril , représentation au bénéfice de la veuve Du-
gazon. On reprend Œdipe chez Admèle et les Trois
Sultanes^ jouéeis par Talma, Lafon, Baptiste cadet,
ftf^Bourgoin, Rose Dupuiset Branchu, de l'Opéra.
La recette se mont^ à 20,000 fr. — Le 1®"^ juin, ré-
ception de M"® Rose Dupuis comme sociétaire. — I^
18 août, début de Desmousseaux dans le rôle de
Tancrède, et le lendemain dans celui de Rodrigue du
Cid. Le 9 septembre, début de M"^ Régnier dans
Hermione ^ Andromaque^ et ensuite dans Camille
A'Horace.
Finissons l'année 1812. Le 11 novembre, repré-
sentation au bénéfice delà veuve Caumont. On joue
le Misanthrope et la Jeunesse de Henri V. La recette
n'est que de 5,200 francs. Caumont, dont nous
avons enregistré le décès , s'était retiré avec de
graves infirmités sans avoir fait son temps, mais il
était fort estimé.
Arrêtons-nous un moment. En cette année, si fu-
neste pour la France, l'empereur Napoléon était en
Russie, luttant avec son génie contre tous les élé-
— 86 —
ments, la neige, la glacé et le feu. C'est de Moscou,
en octobre 1812, qu'est daté T impérissable décret
ayant force de Id, et qui est venu constituer d'une
manière définitive la grande institution de la Go-
médie française. Quoi qu'on ait pu faire, le décret
de Moscou est resté debout comme un monument de
granit. On a modifié quelques-unes de ses parties ,
on en renouvellera d'autres ; mais l'esprit de cette
charte unique restera la base de toutes les r^le-
mentatiôns à venir. Toutes les ordonnances promul-
guées depuis lors sont venues se greffer sur le décret
impérial, qui ne périra pas. Nous l'avons détaché
pour lui donner, dans ce volume, la place d'hon-
neur qui lui convient.
Le décret de Moscou n'est que le complément, la
consécration, inscrits au Bulletin des Lois, de toutes
les dispositions adoptées depuis 1802.
Aussi, le 28 janvier 1813, la Comédie française,
qui ne pouvait pas méconnaître les liens de recon-
naissance qui l'unissaient à la fortune et à la des-
tinée de l'Empereur, et jalouse de signaler son
dévouement à son souverain et à la France, délibé-
rait-elle, approuvait-elle, en assemblée générale, le
don de trois chevaux pour le service des années.
Le 6 février, M. Bernard est nommé commissaire
impérial, 'en remplacement de M. Mahérault, appelé
à d'autres fonctions.
Les succès obtenus par M"^ Emilie Leverd avaient
^
^
— 87 —
été si grands, que la lutte de M"* Ducliesnois et de
M"® Georges menaçait de se renouveler avec
M"® Mars , rivalité que , malgré tout le talent de
M*^ Leverd, rien ne semblait justifier. Par un arrêté
en date du 20 février , on s'empressa de remettre
chacun à sa place , et M"^ Mars fut laissée en pos-
session de remploi en chef des grandes coquettes,
des premiers rôles et des premières amoureuses de la
Comédie, M"® Leverd venant en double immédiate-
ment après.
Le 9 mars 1813, mort de M"*® Louise Contât,
devenue M"* Pamy. Elle était âgée de 53 ans et
avait vingt-sept ans de services. La fin de cette artiste
célèbre ne fut qu'une longue suite de souffrances et
une cruelle agonie. — Le 1®^ avril, mise à la re-
traite de M"® Devienne , après vingt/-sept années de
services ; le même jour, réception de M"* Demerson
comme sociétaire.
Le 12 juin 1813, départ pour Dresde de la plus
grande partie du personnel delà Comédie française.
A Dresde, les magnificences d'Erfurt se renouve-
lèrent, et la magnificence de l'Empereur se surpassa.
Fleury et M"^ Mars eurent chacun une gratification
de dix mille francs, et Talma de huit mille francs, la
comédie ayant eu le pas sur la tragédie, cette fois-là.
Le 18 septembre, début de M"**" Louise Thénard,
dans le rôle de Dorine du Tartufe^ et celui de
Lisette du Jeu de V Amour et du Hasard,
— 88 —
M"** Georges, depuis longtemps, était reveûue de
son expédition. en Russie. Elle avait repris possession
de son emploi, qu'il fallut encore réglementer. Le
26 octobre 1813, on arrêta que les premiers rôles
tragiques seraient tenus en chef par M"® Duchesnois,
M"® Georges les doublant, et que M"^ Georges serait,
pour les reines, le double de M"® Raucourt, sauf les
rôles de ce genre déjà joués par M"® Duchesnois. •
Ici, notre plume s'arrête en présence des événe-
ments politiques , n'enregistrant que quelques notes
rapides sur le Théâtre-Français du temps de l'Empire;
l'année 1814 rentre dans le cadre d'une histoire
générale,que nous n'avons pas la prétention d'écrire
pour le moment.
Le 20, mars 1815, l'Empereur faisait sa rentrée
dans Paris, entre huit et neuf heures du soir. Ce soir
là on jouait au Théâtre-Français Y École des femmes
et V Esprit de contradiction. Deux cent vingt-cinq
francs de recette, que. l'on parvint à réaliser, sont
encore un chiffre énorme, eu égard à l'anxiété gé-
nérale assistant à la marche triomphale de Napoléon.
Le 27 mars (l'Empereur ne perdait pas de temps),
M. le duc de Montesquiou était nommé surintendant
des théâtres impériaux et M. Bernard confirmé dans
son poste de commissaire impérial près le Théâtre-
Français. Le 21 avril, l'Empereur assiste au spectacle ;
il vient voir Hector et le Legs. — Le H mai, Mon-
rose commence ses débuts. Il joue successivement
k
— 89 —
Mascarilleder^/of/rd/'^ Pasquin du Dissyjaieur, Du-
bois des Fausses Confidences, Pasquin de V Homme
à bonnes fortunes ^ l'Olive du Grondeur^ Scapin des
Fourberies^ Sganarelle du Festin de Pierre , Des-
mazures de la Fausse Agnès, le Mariage de Fi-
garo, etc. — Le 5 juin, M'** Mars aînée débute par
les rôles d'Orphise de la Coquette corrigée, et d'A-
raminte du Cercle, et c'est là le dernier fait que nous
aurons désormais à constater.
L'ennemi était à nos portes, la France en deuil^
l'Empereur succombait malgré une défense héroïque,
plus grand qu'il ne l'avait jamais été. Paris était
dans la consternation ; le 22 juin, le Théâtre-Fran-
çais réalisait 65 fr. de recette; le 23, 132 fr. ; le
26, 94 fr. ; le 27, 165 fr. Le 28 juin, il faisait re-
lâche : les alliés entraient dans la capitale, tout était
consommé.
PROGRAMME OFFICIEL
DES SPECTACLES
DONHSS
à la Cour, par la Gmnédie frai^ise, depuis 1802 josqi'ei 181 S,
AVKC LU RRPRSSEITTATIONS DU THRATRE-VRANÇAIS AUXQUKI LES SA MAJKSTK
l/Emperear ^APOlitiOM 1«' m aMisté.
PROGRAMME OFFICIEL.
THÉÂTRE-FRANÇAIS.
14 août 1802.
Spectacle gratis, la veille de la naissance du Pre-
mier Consul.
(Adélaïde du Guesclin. — Crispin médecin.)
THÉATRE-FRANÇAIS.
15 août.
Relâche à cause de la fête du Premier Consul.
THÉATRE-FRANÇAIS.
20 août.
Le Premier Consul et M™* Bonaparte assistent à
la représentation d'ÂNDROMAQUE y par Talma et
M"** Duchesnois, et du Legs, par Fleury etM"*Talma.
— 94 —
THÉATRE-FRANÇAIS.
24 janvier i80S.
Le Premier Cousul assiste à la première représen-
tation du Séducteur amoureux ^ comédie en trois
actes et en vers, de Longchamps, et jouée par Fleury
el M?"^ Mézeray.
THÉATRE-FRANÇAIS.
3 mai 1803.
Le Premier Consul assiste à la reprise de PoLnoKTrB^
avec Talma, dans le rôle de Sévère.
THÉATRE-FRANÇAIS.
5 mai 1803.
Le Premier Consul assiste à la représentation du
Jeu de l'Amour et du Hasard, par Baptiste aîné, Da*
zincourt et M"* Desrosiers, et des Trois Sultanes,
comédie jouée par Lafon,Dazincourt, Baptiste cadet,
M™** Bourgoin, Mézeray et Gros.
THÉATRE-FRANÇAIS.
14 mai 1803.
Le Premier Consul assiste à la représentation de
PoLYBucTE, par Talma.
— 95 —
THEATRE-FRANÇAIS.
35 mai 1803.
Le Premier Consul assiste à la représentation de
Tartufe, joué par Baptiste cadet; Grandménil,
Orgon; Fleury , Valère; Elmire, M"® Contât;
M"** Mars, Marianne. On a fini par les Militaires,
fait historique en trois actes, en prose, de M. Fa-
vières.
SAINT-CLOUD.
12 juin 1803.
Première représentation donnée comme service
de la cour :
EsTHER, avec les choeurs; la tragédie de Racine est jouée par
lUma, Monvel, Lafim, 11"*^ Duchesnois, Volnais, etc. Les mi-
ûtres, les amlMmadeuis, tous les officiers de la suite du Premier
Consul assistent à cette représentation, qui sert d'inauguration à la
salle dn châtean. Après la tragédie, Lafon fiait la lecture d'une
eaniaie de M. Fontanes, relative à la guerre avec FAngleterre.
Le 18 juin 1803, Monvel part à quatre heures du
mâtm et se rend à Bruxelles, pour le voyage du
Premier Consul.
THÉÂTRE-FRANÇAIS.
14 août 1803.
Spectacle gratis, la veille de la naissance du Pre-
mier Consul.
(l'Intrigue épistolaire. — les Héritiers.)
— 96 —
THÉATRE-FRANÇAIS.
15 août 1803.
Relâche à cause de la fête du Premier Consul.
THÉÂTRE-FRANÇAIS.
27 septembre 1808.
Le Premier Consul assiste à la représentation de
Bajazet , par Saint-Prix et M"® Talma , rôle de
Roxane.
THÉÂTRE-FRANÇAIS.
I
29 septembre 1803.
Le Premier Consul assiste à la représentation de
CiNNA, joué par Mpnvel, Talma^ M"®Geoi^es; le
spectacle finit par TÉcole des Maris, par Grandménil
et M"" Mars.
SAINT-CLOUD.
8 octobre 1803.
Représentation d'ANDROMAQUE, avec la distribution
demandée par le préfet du palais d'après les ordres
du Premier Consul :
Oreste, Talma; Pyrrhus y Lafon; Pyladcy Des-
prez ; Phénix y Lacave; Hermioney M"® Georges;
Andromaque, M"® Duchesnois; Cléoney M"® Thé-
nard ; Céphise, M"® Patras.
— 97 —
SAINT^XOUD.
29 octobre 1803.
AGAMEMNONy tragédie en cinq actes, de N. Lemer-
der, jouée par Saint-Prix, Talma, Desprez, Lacave,
Florence ; M"" Duchesnois, Talma, Bourgoin.
M. de Rémusat, après la représentation, vient chercher le ma-
niKcrit de la pièce pour le Premier (Consul, qui veut la lire.
THÉATRE-FRANÇAÏS.
16 août 1804.
Spectacle gratis, jour de la fête de TEropereur Na-
poléon.
(l'étourdi. — M. DE crac).
TOYACiB DB MAYEMCE.
Un ordre de l'Empereur a appelé auprès
de lui, à Mayence, la plus grande partie des
acteurs tragiques pour y faire le service pen-
dant son séjour dans cette ville, où Sa Majesté
est restée quinze jours pendant le voyage de
trois mois qu'elle a fait dans les quatre dépar-
tements réunis. Les^ acteurs particulièrement
7
— 98 ~
désignés pour ce service extraordinaire
étaient : Saint-Prix, Damas, Lafon, Desprez,
Lacave; M"®' Raucourt, Thénard, Bôurgoin,
Duchesnois et Gros. Ils étaient accompagnés
du secrétaire de la Comédie , du premier
garçon de théâtre , du magasinier, du chef
des gardes et du perruquier du théâtre. Partis
de Paris du lo au lâ septembre 1804, ils
étaient arrivés à Mayence du 16 au 18 sep-
tembre. On a joué à Mayence : Iphigenie en
AuLiDE , le 22 septembre ; Phèdre , le 24 ;
CiNNA, le 25; Andromaque, le 27 ; Horace, le
29, et Bajazet., le 3o. L'Empereur a déclaré
le service terminé le 2 octobre. — Le 1 1 oc-
tobre, tous les artistes étaient à la disposition
du Théâtre-Français, à Paris.
THÉÂTRE-FRANÇAIS.
l" décembre 1804.
Spectacle gratis , la veille du sacre et du cou-
ronnement de TEmpereur.
(le FESrm DE PIERRE^ SQANARELLE.)
— 99 —
THÉÂTRE-FRANÇAIS.
2 décembre 1804.
Relâche à cause du sacre et du couronnement par
le Pape Pie VIL
SAINT-CLOUD.
24 mars 1805.
âthàlie, jouée par Saint-Prix , Talma, Baptiste
aîné, Varenne, Lacave, Desprez,Gontier ; M"^ Rau-
oourty Duchesnois, Bourgoin, Yolnais, Thénard,
Louise Théuard.
SAINT4]L0UD.
27 mars 1805.
NiGOKÈDEy tragédie de Corneille, jouée par Talma
[Niœmèdè)y Baptiste aîné [Prusias), Damas, Des-
prez, Varenne ; M"®* Georges {Arsinoé\ Fleury et
Gros.
THÉATRE^FRANÇAIS.
23 mai 1805.
Spectacle gratis, à Toccasion du couronnement de
l'Empereur Napoléon, comme roi d'Italie.
(bSTHBR. — LES DEUX FRÈRBS).
7.
r>-.. ■ .i
— 100 —
SAINT-CLOUD.
25 juillet 1805.
Les Templiers , tragédie en cinq actes , de Ray-
nouard^ jouée par Saint-Prix {le grand maitre\
Lafon {le roi)^ Baptiste aîné {Marigny- père)^ Talmç
{Marignj fils)^ Desprez, Damas, Lacave, Varenne;
M"* Georges {la reine),
SAINT-CLOUD.
27jmUetl805. >
Le Tartufe de moeurs, comédie en cinq actes et
en vers, de Chéron, jouée par Damas, GraDdménil,
Armand ; M™®* Mézeray, Voinais, Devienne.
L'Empereur avait demandé cette pièce, la veille, à trois heures
après-midi; M^** Desrosiers étant absente, M^*' Mézeray a appris le
rôle de W^^ Gercourt du jour au lendemain, pour le jouera Saint-
Gloud.
SAINT-CLOUD.
30 juillet 1805.
Le Mariage secret, comédie en trois actes, en
vers, de Desfaucheretz , jouée par Saint-FaI, Ar-
mand, Lacave, Caumont, Dazincourt ; M™** Contât
et Mézeray.
Après la comédie, on danse le ballet de la Ro-
— 101 —
siÈRE par les premiers sujets de l'Opéra^ et arrangé
par Gardel.
THÉATRE-FRANÇAIS.
14 août 1805.
Spectacle gratis , la veille de la fête de l'Em-
pereur.
(le distrait. — l'aveugle glairvotaut.)
THÉATRE-FRANÇAIS.
15 août 1805.
Relâche à cause de la fête de l'Empereur.
SAINT-CLOUD.
10 septembre 1805.
Phèdre, tragédie de Racioe, jouée par Saint- Prix,
Damas, Desprez; M™** Duchesnois, Yolnais, Thé-
fiard, Gros et Patrat.
SAINT-CLOUD.
19 septembre 1805.
Le Mbuteur, comédie de P. Corneille, jouée par
Fleury {Dorante), Dazincourt {Cliton)^ Armand, La-
cave, Naudet, Dublin; M""' Talma {Clarisse\
Emilie Contât, Mars et Devienne.
i
— 102 —
THÉÂTRE-FRANÇAIS.
26 novembre 1805.
Spectacle gratis, à Toccasion de rentrée des Fran-
çais dans Vienne, capitale de TAutriche.
(l'orphelin de la .chine. — GRISPIN MÉOECIN).
THÉATRE-FRANÇAIS.
21 décembre 1805.
Spectacle gratis, en réjouissance de la bataille
d^ Austerlitz, gagnée le 2.
(le légataire universel. LA FAUSSE AGNÈS/j
THÉATRE-FRANÇAIS.
29 janvier 1806.
L'Empereur assiste à la représentation de Man-
Lius, tragédie de Lafosse, jouée par Talma, Saint-
Prix, Damas, Naudet, Desprez; M™** Fleury, Thé-
nard.
L'Empereur, qui paraissait pour la première fois en public depuis
son retour d'Autriche, est reçu avec enthousiasme. La première
scène était jouée au moment de son entrée dans sa loge, mais le
public fait recommencer la pièce.
THÉATRE-FRANÇAIS.
l^'février 1806.
L'Empereur assiste à la représentation d'IPHiGÉNiK
— 103 —
n AuLWE, tragédie de Racine , jouée par Saini-
Prix, Lafon, Deaprez^etc. ; M"^ Dochesnois, Fleary,
Bonfgoin, etc.
THÉATR&FRANÇAIS.
24 féfrior 1806.
L'Emperear assiste à la représentation d'ArnAus,
tn^gédie de Racine , jooée par Saint-Prix {Joad)j
Talma {Abner\ Baptiste aine {Naihan)\ M^ Rao-
court {JlhaUe)y VP^ Dachesnois {Josabelh).
Eatoe le pramiaret le d wii i ^i i e acte, l'Ea4Wfeiir cnvoieroitire
d'anoneor as pabBeFcntiée de Faraiée française dans Naplei.
THÉÂTRE-FRANÇAIS.
l*' mars 1806.
*
L'Empereur arrive an Théàtre^rançais au mo-
ment où lé premier acte de Merope yetaii de finir.
Le public a £ait recommencer la pièce. CestM Rau-
court qui joue le rMe de Mérope.
SAINT-CLOLD.
13 anil 1806.
Athaue, tragédie de Racine. Même distribution
que le 24 mar^ 1805.
— 104 ~
SAINT-CLOUD.
24 avril 1806.
Le Misanthrope, comédie en cinq actes, en vers,
de Molière, jouée par Fleury {Alceste\ Baptiste aîné
{Philinté)^ Desprez {Oronté)^ Armand i^Â caste) j Mi-
chelot {Clitandre)^ \)\xf^9zoxï {Dubois) ^ hdxocheWe
{le garde des maréchaux)*^ M^^® Contât {Célimène)^
M"' Thénard {^rsim^e% M"" Mars {Éliante).
SAINT-CLOUD.
l*"^ mai 1806.
La Mort dé Pompée, tragédie en cinq actes, de
P. Corneille, jouée par Talma {César) j Damas {Pto-
lémée)^ Desprez {Photin), Varenne {AchiUas\ Mi-
chelot(*S'^///w<?), Saint-Prix {Achoréé)^ Baptiste aîné
{Philippe)^ Lacave {Antoine)^ M"® Georges {Cléan
pdtre)j M"® Raucourt {Cornélie\ M"® Gros {Char-
mion).
SAIOT-CLOUD.
8 mai 1806.
L^AvARE, comédie en cinq actes, en prose, de
Molière, jouée par Caumont {Harpagon)^ Saint-Fal
{Falère)j Fleury {Cléante\ Dazincourt {M' Jacques) j
Baptiste aîné {Anselme)^ Lacave (le commissaire)^
Varenne {M^ Sinwn\ Dublin {hrindavoine\ Armand
— 105 —
(Jjunerluch€\ Larochelle {La/lèche) ; M"* Mézeray
(Élise) j M"* Udivs {Marianne) j M"* Devienne
(JFrosine).
SAINT-CLOUD.
15 mai 1806.
PoLTEUGTE, tragédie en cinq actes, de P. Cor-
neille, jouée par Damas {Polyeucte\ Lacave {Néar-
que)j Baptiste aîné {Félix) , Talma {Sévère)^ Des-
prez {Albiri)^ Varenne [Flavien]^ Michelot {Cléon) ;
M*** Georges {PauUne\ M"* Thénard {Stratonice).
SAINT-CLOUD.
18 mai 1806.
CoRioLAN, tragédie en cinq actes, de la Harpe ,
jouée par Talma {Coriolan)^ Baptiste aîné {Tullus\
M"*' Raucourt {Véturie).
SAINT-CLOUD.
25 mai 1806.
La Mort de César, tragédie en cinq actes, de
Voltaire, jouée par Talma, Lafon, Baptiste aine, etc.
SAINT-CLOUD.
29 mai 1806.
CiNNA, tragédie en cinq actes, de P. Corneille. Les
— 106 —
rôles di^ Auguste y de Cinna et 4e Maxime sont rem-
plis par MooTel, Talma et Damas ; celai d' Emilie j
par M"^ Georges. Sur la demande de TEmperear, le
rôle de Livie est rétabli , et il est joué par M'^^ Rau-
court.
Le spectacle se termine par la Gageure imprévue,
jouée par Baptiste aine, Fleury , Dazincourt ; M*^ Con-
tât, Devienne et Mars.
SAINT-CLOUD.
l'^iuînisoe.
Le Cio. Tous les rôles sont distribués par ordre
de TEmpereur, qui fait rétablir celui de l'Infante et
le confie à M"® Georges. Monvel(^. Diègue) ^TsAma
(Rodrigue), Lafon (Fernand), Desprez {D. Sanche\
Lacave (Z). Arias\ Varenne (/>. Âlonzo\ Baptiste
aîné {D. Gormxis).
Les Projets de mariage, comédie d'Alexandre
Duval, jouée par Michot, Damas, Armand, Dazin-
court, et M'**^ Mars.
SAINT^LOUD.
5 juin 1806.
Le Philosophe sans le savoir, comédie en cinq
actes, en prose, de Sedaine, jouée par Baptiste aine
{Vunderck père)^Y\^w\^ (Vanderckfils\ Gaumont
— 107 —
{(PEspatville père)^ Armand {d EspcavilU Jils\ Da-
ûx!LWm\{Antoiné)^ Desprez {JLe président)^ Larochelle
{Champ€Lgnè)j%à!^Kvs\A CdAQ\{domestique)\ M"*Thé-
nard (^W** Fanderck\ M"* Contât' ( la marquise ) ,
M»* Mare (Ficiorine) , M^ Bourgoin («^ Fan-
dercK).
SAINT-CLOUD.
8 juin 1806.
SsRTORius, tragédie en cinq actes, de P. Corneille,
jouée par Saint-Prix , Talma , Damas , Desprez ;
HP*** Raucourt et Georges.
L'Épreuye nouyelle, de Marivaux, jouée par
Tleory, Larochelle, Michot; W^ Thénard, Emilie
Contât et Mare.
SAINT-CLOUD.
19 juin 1806.
Lb Philihte de Molière, comédie de Fabre d'É-
glantine , jouée par Fleury , Damas , Larochelle,
Baptiste aine, Dazinconrt, Lacave, Baptiste cadet, et
W^ Talma.
Minuit, comédie en un acte, en prose, de Desau-
dras, jouée par Caumont, M""^ Thénard, Mars, De-
vienne et Mézeray.
— i08 —
SAINT-CLOUD.
22 juin 1806.
Andromaque (Lafon, Desprez, Damas; M™®* Geor-
ges, Duchesnois, etc.).
Là Jeunesse de Henri Y, comédie en cinq actes, en
prose, de M. Alexandre Daval , jouée par Damas
{HenrjX Fleury {Rochester), Michot {Copp)y Ax^
mand (^r/oweircO; M^'Talma {Lady Clara), M"*^ Mars
{Betty).
SAINT-CLOUD.
26 juin 1806.
L'Inconstant, comédie en cinq actes, en vers, de
Collin d'Harleville, jouée par Fleury, Lacaye, Da-
zincourt, Baptiste cadet; M™** Mézeray el Emilie
Contât.
Le même jour, les Fausses Confidences, de Ma-
rivaux. Fleury {Dorante)^ Caumont {M. Rémy)j
Dazincourt {Dubois) j Desprez {Dorimont), Baptiste
cadet {Lubiny, M"« Contât {Araminte),W^ Thénard
{M^ Argante)^ M"* Devienne {Marton).
SAJNT-aOUD.
29 juin 1806.
La Mort de Henri IV, tragédie en cinq act^s de
— 109 —
Legouvé, jouée par Talœa [f/enri ly)^ Damas, La-
fon, Desprez ; M"* Duchesnois.
Les Fausses Infidélités , comédie en un arte, en
vers, de Barthe, jouée par Fleury, Armand, Baptiste
cadet; M™* Ck)ntal et Mars.
SAINT-CLOUD.
3 juillet 1S06.
BRrrANNiGUs, tragédie en cinq actes de Racine ,
jouée par Talma {Néron) ^ Damas, Baptiste aine,
Desprez; M"*" Raucourt i A^rippine j^ Bourgoin,
Thénard.
L'Amouk et Là Raison, comédie en un acte, en
prose, de Pigault-Lebrun, jouée par Lacave, Dazin-
court, Armand, Baptiste cadet; M™** Mézeray et
Devienne.
SAINT-CLOUD.
6 juilleC 1806.
L'Intrigue épistolaire, comédie en cinq actes, en
vers, de Fabre d'Églantine , jouée par Dugazoïi ,
Grandménil, Armand, Baptiste cadet, Desprez;
M"^ Thénard, Mars, Emilie Contât, Desbross^^.
SAINT4X0UD.
10 juillet 1806.
Zaïre, tragédie en cinq acte^ de Voltaiii^, jouéi^
— 110 —
par Lafon {Orosmane\ Damas^ BapUste aîné, Des*-
prez ; RP*^ Bourgoin {Zaïre).
Les Originaux, comédie en un acte, en prose, de
Fagan, jouée par Dugazon, Armand^ Baptiste atné,
Lacave ; M™^ Desroziers et Émitie Ck>ntat^
SAINT43LOUD.
13 juillet 1806.
Rhadàmiste et Zénobie de Grébillon , avec Talma
dans le rôle de Rhadàmiste^ et M^^ Géoi^es dans
celui de Zénobie.
Les Rivaux d'eux-mêmes, comédie en un acte, en
prose, de Pigault-Lebrun.
SAINT-CLOUD.
iTjmllet 1806.
Le Festin de Pierre, arrangé par Thomas Cor-
neille, joué par Fleury, Baptiste aine, Dugazon,
Baptiste cadet, Armand, Caumont, etc., et MT** Des-
roziers, Emilie Contât, Desbrosses, Mars, Thé-
nard, etc.
SAINT-CLOUD-
20 juillet 1806.
Œdipe, tragédie en cinq actes de Voltaire, jouée
— m —
par Talma {Œdipe), Lafon, Desprez, Baptiste atné;
M"* Rauoourt (Jocasté).
Heureusement, comédie en un acte, en vers, de
Rochon de Chabannes, jouée par Caamont, Armand,
Larochelle; VP^ Talma, Devienne.
saint4:loud.
U jrallet 1806.
Lb8 Femmes sâVAirrEs, comédie en cinq actes^ en
v«ps, de HoUère , jouée par Fleury {CUtandré) ,
Grandménil {Chrysale)^ Dazincourt {Vadius)^ Bap'-
tiste cadet (Trissotin), Lacave (^risie), Yarenne (Je
noêaire); »P Contât {Phitaminte), W^ Thénard
{BéUse), W^ Talma (Arnumde), M"* Mars {Hen-
riette), M"* Devienne {Martine).
SAINT^LOUD.
27 juillet 1806.
Mahomet, tragédie en cinq actes de Voltaire, jouée
par Lafon {Mahomet), Baptiste atné, Desprez, Da-
mas ; M** Volnais.
Le Legs, comédie de Marivaux, jouée par Fleury
{te marquis), Michelot {le chevalier), Dugazon
{Lépiney, M"* Ck)ntat {la comtesse), M"* Volnais
{Hortense), VP^ Emilie Contât {Lisette).
Les ambassadeurs de la Porte Ottomane ont assisté
à la représentation.
— 112 —
SAINT^LOUD.
31 juillet 1806.
NiGOMÈDE, tragédie en cinq actes de Pierre Cor-
neille, jouée par Talma [Nicomèdé)^ Baptiste aîné,
Damas , Desprez ; M"® Duchesnois ( Arsirvoé ) ,
M"® Georges {Laodice).
L'Aveugle clairvoyant, comédie en un acte, en
vere, de Legrand, jouée par Fleury, Armand,
Dugazon, Baptiste cadet; M™** Thénard, Mars.
SAINT-CLOUD.
3 août 1806.
L'Amant bourru, comédie en trois actes, en vers,
de Monvel , jouée par Fleury, Armand , Baptiste
aîné, Dugazon, Larochelle ; M™®* Talma et Contât.
SAINT-CLOUD.
7 août 1806.
Hékaglius, tragédie en cinq actes de Pierre Cor-
neille, jouée par Talma {Héraclius\ Damas, Saint-
Prix, Desprez ; M™** Raucourt iLéontine\ Georges
{Pulchérié)^ Volnais.
Les Héritiers^ comédie en un acte , en prose ,'
d'Alexandre Duval, jouée par Dugazon, Michot,
Armand, Baptiste cadet ; M™** Thénard et Mars. •
— HZ —
SAINT-CLOl D.
10 aoAt 1806.
Bajazbt, tragédie en cinq actes, de Racine, jouée
par SaintrPrix, Damas, Desprez; M^ Duchesnois
{Roxane\ Boiirgoin, Thénard, etc.
La Pupille, comédie en un acte, en prose, de
Fagan , jouée par Grandménil , Lacave , Armand ;
M™* Volnais, Emilie Contât.
THÉAtR&FRANÇAIS.
14 aodt 1806.
Spectacle gratis , la veille de la fête de l'Empe-
reur.
(lBS ■éHEGHMBS. LK5 HÉBmERS.)
15 aodt 1806.
Relàdie à cause de la fête de TEmpereur.
SAINT^LOLD.
28 aoAt 1806.
Iphké!! iB EX AcuDE, tragédie en cinq actes de Ra-
cine, jouée 'par Talma {Achille) , Saint- Prix , Des-
prez; M"* Raucourt Cl)rtemnesire), M*** Georges
{ÈriphHe\ W^ Bourgoin (Iphigénié).
8
— 114 —
SAINT-CLOUD.
31 août 1806.
La Métromanie, comédie en cinq actes, en vers,
de Piron, jouée par Fleury {Damis)j Grandménil
(Francaleu) , Baptiste aîné (Balweau) , Armand
(/)om/i//?), Dazincourt (Mondor); M"® Mars (/.wc//^),
j^iie Devienne (Lisette).
SAINT-CLOUD.
4 s^tembre 1806.
Le Mariage de Figaro, comédie en cinq actes, en
prose, de Beaumarchais, jouée par Fieury(/e comte)^
Dugazon (/i^tf/o), Caumont (^«r/Ao/o), Baptiste
cadet {Basile) j Michot {Antonio)^ Larochelle {Bnef-
oison)y Lacave [Doublemàin)^ Armand {rhuissier\
Gontier {Grippe-soleit), Dublin {Pédrille) ; M"« Con-
tât {la comtesse)^ M"® Devienne (5wza/2/iéf),M"*Mars
{Chérubin), W^ Thénard {Marceline), M»«Bour-
goin {Fanchette).
Danses par les premiers sujets de TAcadémie
impériale de musique.
SAINT-CLOUD.
18 septembre 1806.
Omasis, tragédie en cinq actes de Baour-Lormian^
^ 115'—
joQée par Talma {Joseph) . Damas, Baptiste aîné,
Desprez; M"** Yolnais, Mars.
L'Esprit de contradiction ^ comédie en un acte ,
en prose, de Dufrény, jouée par Gaumont, Micbot,
Armand, Baptiste cadet ; M™^ Thénard, Mars.
SAINT-CLOUD.
6 août 1807.
Ésope a la cour, comédie en cinq actes, en vers,
de Boursaait, jouée par Flenry {Ésope) ^ Damas
{Crésus\ Leclerc(7Yr/v/ie), Desprez {^rhrasybule\
Lacàye{Iphis)j M.iche\oi{P/exgpp€)y Armand (C/<?b/?.j,
Dugazon {Grijfet\ Baptiste cadet (/^//>), Dazincourt
{L)rcas)*j M"* Bourgoin {Arsinoé)^ W^ Mézeray
{Laïs), W^ Devienne {Rhodope), M"^ Thénard
{Léonide).
SAINT4]L0UD.
13 août 1807.
Bérénice, tragédie en cinq actes de Racine, jouée
par Damas, Lafon, Desprez; M"® Georges.
Le Parleur contrarié, comédie en un acte, en
vers, de Delaunay, jouée par Damas, Baptiste aine,
Caumont, Baptiste cadet, Dazincourt; M™^^ De-
vienne et Volnais.
8.
— 116 —
THEATRE-FRANÇAIS.
14 août 1807.
Spectacle gratis , la veille de la fête de TEmpe-
reur.
(GASTON ET BATARD. S6ANARELLE.)
THÉATRE-FRANCAIS.
15 et 16 août 1807.
Relâche à cause de la fête de l'Empereur.
SAINT-CLOUD.
17 août 1807.
Andromaque, par Lafon, Damas^ Desprez; M^^^ Du-
chesnois, Georges, Gros, etc.
La Gageure imprévue, par Baptiste aîué, Fleury,
Dazincourt, Baptiste cadet; M^^ Contât, Bourgoin,
Devienne.
SAINT^LOUD.
3 septembre 1807.
Bajazet, par Saint-Prix, Damas, Desprez; M"**Du-
chesnois, Vol nais, Thénard, Gros.
Le Procureur arbitre , comédie eu un acte , en
vers, de Poisson, jouée par Fleury {Âristé)^ Du-
— H7 —
gazon {Desquivas)^ Dazincourt {Verdas)^ Lacave
{Lisidor\ Caamont {Géronté)\ M"** Gros (la veu\fe\
Thénard (Ja baronne). Devienne (Lisette)^ Bonrgoin
{/4g€nor)j Yolnais {Isabelle).
SAINT-CLOUD.
17 septembre 1807.
Héraclius, par Talma, Damas, Saint-Prix, Desprez;
M*" Raùcoart, Georges, Yoinais.
L'Heureuse erreur, comédie en un acte, en prose,
de Patrat, jouée par Fleury, Armand, Baptiste cadet;
M™* Mézeray, Bourgoin, etc.
THÉÂTRE-FRANÇAIS.
19 septembre 1807.
L'Empereur et l'Impératrice assistent à la repré-
sentation de CiNNA, pour la rentrée de Talma, et du
Cercle, comédie de Poinsinet, jouée par Fleury,
Dazincourt, Caumont, Desprez; M™** Contai, Méze-
ray, Yolnais, Bourgoin, Devienne.
Cest la [Nr^ère fois que TEmpereur parait au théâtre à Paris,
àeçfim son retour de l'armée.
H8 —
25 septembre 1807.
Horace, tragédie en cinq actes de Pierre Corneille,
jouée par Saint-Prix {le vieil Horace)^ Talma {Ho-
race)^ Damas (ûiriace), Baptiste aîné (Tulle\ Des-
prez {Falère}^ Lacave (Flaçian); M"f Duchesnois
{Sabine), M"« Georges {Camille^ M"* Gros {Julie).
28 septembre 1807.
Tartufe, comédie en cinq actes, en vers, de Mo-
lière, jouée par Fleury ( 7Vir/w^}, Grandménil {Ch*-
gon)j Damas {Valère^^^ Armand {Damis) ^ Lacave
{Cléanthe), Dugazon {Loyal) y Baptiste cadet
{t exempt) ; M""^ Thénard {M"^ Pernelle\ M"« Con-
tât {Elmire)y M^^^Mézemy {Marianne) j M"® Devienne
{Donne), M"* Amalric Contât {Flipote),
30 septembre 1807.
Iphigénie en Aulide, par Saint-Prix, Talma, De&-
prez; M™** Raucourt, Georges, Bourgoin, Thé-
nard, etc. •
2 octobre 1807.
Le Philinte de Molière, par Fleury, Damas, Mî-
chot, Baptiste aine, Dazincourt, Lacave, Baptiste
cadet; M"* Mézeray.
— 119 —
5 octobre 1807.
Rhadaiiiste kt ZtpoBiE , par Taima , Saint-Prix ,
Damas, Desprez; M'^ Georges.
7 octobre 1807.
L'Imtrigde ÉPisTOLAiRE, par DugazoD, Grand mé-
nil, Armand, Baptiste cadet, Desprez ; M"*^^ Mars,
Tbénard, Emilie et Amalric Ck)ntat.
9 octobre 1807»
Œdipe, par Talma , Saint-Prix, Baptiste atné;
M"« Raucourt.
14 octobre 1807.
Le Cid, par Baptiste atné, Talma, Lafon, Saint-
Prix, Desprez; M^^ Duchesnois.
16 octobre 1807.
Le Jodedr, comédie en cinq actes, en vers, de
Regnard, jouée par Fleury {Falère)y Baptiste atné
{Géron£e)y Dogazon {le marquis)^ Dazincourt (Hec-
tor), Baptiste cadet (Tout'ri'bas\LacRwe{Galonier),
Desprez {Dorante)-, M"* Mézeray {Angélique),
M"* Tbénard [la comtesse)^ M"* Devienne {Nérine),
W^ Emilie Contât {M^ la Ressource), M"* Amalric
Ck)ntat {M^ Priant).
•.•l
e
120 —
•!> 19 octobre 1807.
Les Vénitiens, tragédie en ciêq actes, de M. Ar-
nault, jouée par Baptiste atné, Damas, Talma, Des*
^f prez ; M"®* Duchesnois, Thénard .
• %
23 octobre 1807.
Mfthridate , tragédie en ciniq actes de Racine,
jouée par Saint-Prix (^//Arifi/a^^), Lafon {Pharnaeé)^
Damas {Xipharès)^ Desprez i^Arbate)^ Yarenne
{Arcas) ; M"* Georges [Monime) , M"® Patrat {Phca-
diméy
26 octobre 1807.
Les Châteaux en Espagne, comédie en cinq actes,
en vers, de Collin d'Harleville, jouée par Fleury
{Dorlangé)^ Lacave {DorfetUlle)^ Armand {Flonfillé)^
Dugazon (Victor)^ Baptiste cadet {François)^ Dublin
[Olwier)\ M'»« Mars {Henriette), M»« Emilie Contât
(Justine).
28 octobre 1807.
La Mort de Pompée, même distribution que le
\ ^^ mai 1 806 à Saint-Cloud .
2 novembre 1807.
IpHioÉNiE Ev Tauride, tragédie en cinq actes, de
^ — 121 —
Goymood de la Touche, jooée par Talma {Oreste)^
Damas {Pjriade\ Desprez (Thoas), Main vielle {fes-
cUwé)j Yarenne (j^rbas) ; M*** Raacourt {Iphigénie)j
yp^ Gros {Ismène\ W^ Palrat (Eumène).
4 novembre 1807.
L'Optimiste, comédie en cinq actes, en vers, de
Collin d'Harleville, jouée par Dugazon {M. de Plin-
viUé)j Baptiste aioé {Morinvat), Lacave (Dorfeuit)^
Armand {Belfort)^ Dazincourt {Picard)^ Baptiste ca-
det {Lépine)\ M^ Thénard (J/"* de Plinvillé) ,
W Mars {Angélique), W^ Mézeray {M^ de Rose/le),
VP^ Âmalric Contât {Rose).
6 novembre 1807.
Hahuus, par Talma et M'*' Dnchesnois.
9 novembre 1807.
RoDOGUHK, tragédie en cinq actes, de Pierre Cor-
neille, jouée par Talma (Jntiochusjj Damas, Des-
prez, Lacave; M"* Raucouri Cléopdtre\ M*** Du-
chesnois {Rodogune\ W^ Patrat.
11 novembre 1807.
Les Peécspteurs, comédie en cinq actes, en vers,
de Fabre d^lautine, jouée par Baptiste atné, Da-
— 122 —
mas, Caumoni, Grandinénil, Baptiste cadet, M"^^^Thé-
nardy Devienne, Talma, Mars, Patrat.
13 novembre 1807.
NiGOMÈDE, même distribution que le 31 juillet
1806àSaint-Gloud.
THÉÂTRE-FRANÇAIS.
36 novembre 1807.
Spectacle gratis pour la rentrée à Paris de la
garde impériale.
(GASTON ET BAVARD. — LES FOLIES AMOUREUSES.)
LES TUILERIES.
16 janvier 1808.
CiNNA, parTalma,Saint-Prix,DamasetM"^6eorges.
On devait jouer Bruéis bt Palaprat; mais, après la tragédie^
l'Empereur est obligé de sortir de la salle, dont la température
est gladaie. Le théâtre des Tuileries, restauré, ouvrait pour la
première fois.
LES TUILERIES.
23 janvier 1808.
Brutus, tragédie en cinq actes, de Voltaire, jouée
par Saint-Prix {Brutus\ Talma {Titus), Lafou, Des-
prez, Baptiste aîné; M"* Ouchesnois {T^uUiey
— «23 —
Bitoiis ET Paiaprat, comédie eu un acte, en vers,
de M. ÉtieoDe, joaée par Lafon {Bruéis)^ Fleury
KJPalaprat\ Damas {yendàmé)^ Baptiste cadet {Gra-
j)m) ; M"« Mars {Af^ Beauval).
LES TUILERIES.
6 février 1808.
PoLTBUGTE, par Talma, Saint-Prix, Baptiste atné;
M"» Georges.
L'OaiGmALy comédie en un acte, en vers, d^Hoff-
mann, jouée par Fleury, Armand et M^*^ Contât.
LES TUILERIES.
13 février 1808.
Le Comte d'Essex , tragédie en cinq actes , de
Th. Corneille, jouée par Talma {le œmié)j Desprez,
Leclerc, Varenne;M"* Raucourt {Elisabeth)^ W^ Du-
chesnois {la duchesse)^ M"^ Gros.
Le Legs, joué par Fleury, Armand, Dugazon;
M"^ Contât, Yolnais et Emilie Contât.
LES TUILERIES.
20 février 1808.
Yengbslas, tragédie en cinq actes , de Rotrou,
jouée par Saint-Prix {Venceslas)^ Talma {LacUslai),
\i9ma& {le duc\ Michelol(/^/(^.rtf/irfr^); M"* Georges
— 124 —
{Cassandré)\, M"® Volnais {Théodora)^ M"* Gros
{Léonoré).
L'Épreuve NOUVELLE, jouée par Fleury, Michot,
DugazOQy Thénard; W^^ Mars et Emilie Contât.
LES TUILERIES.
5 mars 1808.
Iphigénie en AuLiDE, jouée par Saint-Prix, Talma,
Desprez; M™®* Raucourt, Georges, Bourgoin, etc.
LES TUILERIES.
12 mars 1808.
Œdipe, par Talma {pEdipe\ et M"* Raucourt
[Jocasté).
Caroline od le Tableau, comédie en un acte, en
vers, de Roger, jouée par Grandménil, Damas, Du-
gazon ; M""^* Mars et Thénard.
SAINT-CLOUD.
31 mars 1808.
Electre, tragédie en cinq actes, de Crébillon,
jouée par Talma {Oresté), Saint-Prix, Baptiste aîné,
Michelot, Varenne, Leclerc ; M"*" Raucourt (^/^c^re),
Thénard, Bourgoin, Palrat.
Le Florentin, comédie en un acte, en vers, de
— 125 —
la Fontaine, jouée par Caamont, Micbelot, Dublin,
Yarenne ; M*"" Bourgoin, Thénard, Emilie Contât.
THÉÂTRE-FRANÇAIS.
#
14 août 1808.
Spectacle gratis, ia veiiie de la fête de TEm-
pereiir.
(le GID. LE MERCURE GALANt).
THÉ\TRE-FRANÇA1S.
15 août 1808.
Relâche à cause de la fête de TEmpereur.
SAINT-CLOUD.
18 août 1808.
Artaxsrge, tragédie en cinq actes, de Detrieu,
jouée par Saint-Prix, Lafon, Damas, Desprez, Le-
clerc; M"* Bourgoin.
Le Legs, joué par Fleury, Armand, Baptiste cadet ;
Emilie Leverd, Rose Dupuis, Devienne.
SAINT-CLOUD.
25 août 1808.
L'AssBiiBLÉE DE Famille, comédic en cinq actes,
envers, de Riboutté, jouée par Fleury, Damas,
— 126 —
Michot, Armand, Tbénard, Lacaye; M™®* Hézeray,
Mars, Rose Dupuis, Devienne.
Minuit, par Lacave, M™®* Tbénard, Mars, De-
vienne, Bourgoin.
SAINT-CLOUD. '
l«r septembre 1808.
Philogtète, tragédie en cinq actea, de la Harpe,
jouée par Talma (Philoctète)^ Damas, Desprez, Le-
clerc, Varenne.
SAINT-CLOUD.
& septembre 1808.
Oreste, tragédie en cinq actes, de Voltaire, jouée
par Talma {Oreste)^ Damas, Baptiste aîné, Leclerc,
Varenne; M™** Julie Damas {Clrtemnestré) j Du-
chesnois {Electre) y Bourgoin.
L^Épreuve nouvelle, jouée par Fleury^ Dugazon,
Michot ; M"^' Thénard, Mars, Emilie Contât.
SAINT-CLOUD.
15 septembre 1808.
Electre, jouée par Talma, Saint-Prix, Baptiste
aîné, Michelot, etc., et M™*' Duchesnois {Electre) j Ju-
lie Damas {Cljrtemrvestrê)^ Rose XSxxpx^iJphiancLssé)^
Thénard [Mélite).
— 127 —
Le Rbtodr imprévu, comédie en un acte, en prose,
de Regnard, jouée par GrandméniKMichelot, Fleury,
Lacave, Dugazon, Baptiste Cddet; M"™** Thénard,
Rose Dopais, Mézeray, Devienne.
TOYAfiE A WmWUT (Saxe).
Le 19 sq[>tembre 1S08.
La Comédie ayant reçu l'ordre de se rendre
en partie à Erfurt, pour y jouer pendant le sé-
jour de l'Empereur, quatorze artistes sont
partis dans la matinée. Voici le personnel
pour cette excursion : Saint-Prix, Talma,
Damas, Lafon, Desprez, Lacave, Varenne;
M""* Raucourt, Talma, Duchesnois, Bourgoin,
GroS| Patrat, Rose Dupuis, tous sous la di-
rection de Dazincourt , comme ordonnateur
des spectacles de la cour. (Un secrétaire, souf-
fleur, et un garçon de théâtre.) On a joué une
représentation de la Mort de César, à Weimar,
et quinze représentations à Erfurt, composées
de : CiNNA, Andromaquë, Mithridate, Iphi-
GÉNIE EN AULIDE, ZaIRE, BrITANNICUS, ŒdIPE,
Rhadamiste, Rodogune, Mahomet, le Cid, Ba-
JAZET, Horace, Manlius, Phèdre.
— 128 —
Les comédiens sont rentrés à Paris le
r" novembre.
SAINT-CLOUD.
20 octobre 1808.
L'Empereur , arrivé le 18 octobre dans la nuit,
fait, le 19, demander à onze heures du matin, par
M. de Rémusat, un spectacle pour le lendemain, à
Saint-Cloud.Ën conséquence, on a joué :
Tartufe, parFleury, Grandménil, Saint-Fal, Ar-
mand, Vanhove, Thénard, Baptiste cadet, M™®* Con-
tât, Thénard, Mars, Devienne, et les Héritiers, par
Dugazon, Michot, Yanhove, Baptiste cadet, Armand,
Dublin, M""' Thénard, Mars.
LES TUILERIES.
19 janvier 1809.
Les Femmes savantes, comédie jouée pari^eury
{Clitandre\ Grandménil {Chrysalè)^ L3i(^ve{Jnsee)y
Dugazon {Vadius\ Baptiste cadet (Trissotin)^ Du-
blin (Julien), Thénard {F Épine) , Varenne {le notaire);
M™®* Contât {Philaminte\ Talma {Armande\ Mars
{Henriette\ Thénard {béUse\ Devienne [Martine).
LES TUILERIES.
23 février 1809.
La Mère jalouse, comédie en trois actes, en vers.
— 129 —
de Barthe, jouée par Fleury, Baptiste aine, Armand,
Michot, Desprez, Dublin; M*""^ Contât, Talma,
Mars.
LES TUILEWES.
3 mars 1809.
Rome sauvée, tragédie en cinq actes, de Voltaire,
jouée par Saint-Prix {Cicéron\ Talma {Catilina\
Lafon (César) y Damas, Lacave, Desprez, Va renne,
Michelot, Leclerc, et M"® Duchesnois {^urélie),
THÉÂTRE-FRANÇAIS.
6 mars 1809.
L'Empereur et l'Impératrice assistent à la repré-
sentation de retraite de M"® Contât atnée, après
trente et un ans de services. Celle représentation se
comffose, 1^ de la reprise d^ÛTHELto, par Talma
{ptheUo) et W^ Talma [Hédelmone) ;
2^ Des Deux Pages. M"® Contât joue le rôle de
M^ Philips pour la dernière fois ; les autres rôles
sont joués par Fleury [le roi\ Michot {Philips), La-
cave {l'allemand) , Baptiste cadet {le Français),
Dublin {C Anglais) , Thénard [Vltalien) , Varenne
{le cocher)^ M"« Raucourt {Riesberg), M"^ Thénard
{Usbeth\ W^ Mars {Auguste), M"« Bourgoîn {Théo-
dore)j W^ Volnais {Caroline). Toute la Comédie pa-
rait dans la suite des Deux Pages ;
9
— 130 —
3^ D'an divertissemeot dansé par les premiers
sujets de l'Académie impériale de musique.
La recette s'est élevée à 24,000 francs.
LA MALMAISON.
19 mars 1809.
La Gageure imprévue , jouée par Baptiste aine y
Fleury, Dugazon, Baptiste cadet ; M™^ Contât atnée,
M"« Mars, M>»« Devienne, M"« Thénard.
THÉATRE-FRANCAIS.
6 mai 1S09.
Spectacle gratis en réjouissance des victoires
remportées , par l'Empereur en personne , sur
l'armée autrichienne, commandée par l'archiduc
.V
Charles :
( 1PHIGÉK1E EN AULIDE. — LES PLAIDEURS.)
THÉATRE-FRANÇAIS.
14 août 1809.
«
Spectacle gratis la veille de la fête de l'Empe-
reur.
(rHADAMISTE et ZÉNOBIE. LES FOURBERIES DE
SGAPIN.)
— 131 —
THÉÂTRE-FRANÇAIS.
15 août 1809.
Rel&che à cause de la fête de l'Empereur.
FONTAINEBLEAU.
3 novembre 1809.
Le Secret du Ménage , comédie en trois actes j
en vers 9 de Greuzé, jouée par Armand, M°^Hars
et Mézeray.
FONTAINEBLEAU.
6 novembre 1809.
Lk RsYAiiCHE, comédie en trois actes, en prose, de
MM. Roger etCreuzé, jouée par Fleury, Damas,
Baptiste aîné, Devigny ; Michelot, Michot, M"*" Vei-
nais et Emilie (]ontat.
THÉÂTRE-FRANÇAIS.
18 novembre 1809.
L'Empereur, qui n'avait pas encore paru au théâ-
tre à Paris , assiste à la représentation d'HoRACE et
de Bruéis et Palaprat.
9.
- 132 —
THÉÂTRE-FRANÇAIS.
2 décembre 1809.
Spectacle gratis pour Tanniversairô du couron-
nement de TEmpereur.
(iPHIGÉNIE EN AULIDE. GRISPIN MÉDECIN.)
LES TUILERIES.
25 janvier 1810.
Zaïre , par Lafon , Baptiste aine , Damas , Lacave,
Barbier, Michelot; M"** Volnais et Patrat.
L'Aveugle clairvoyant, par Fleury, Thénard,
Michelot , Baptiste cadet , Barbier ; M™** Thénard ,
Volnais, Devienne.
LES TUILERIES.
l** février 1810.
PoLTEucTE, par Talma, Damas, Baptiste atné,
Desprez, Barbier, Lacave, Michelot; M™** Volnais,
Thénard.
LES TUILERIES.
8 février 1810.
Bruéis ET Palaprat , par Fleury, Lafon , Damas,
Baptiste cadet et M*'^ Mars.
— 133 —
LES TUILERIES.
15 février 1810.
MoLiÈBE A.TBC SES Amis, comédie en an acte, en
vers, d'Andrieux, jonéepar Fleury {Molière), Saint-
Fal {la Foniaine)j Damas {Boileau), Baptiste atné
{Chapelle), Lacave {Mignard), Michot {Luià);
W^ Devienne {Laforest), M"* Volnais {M^ Béjard).
THÉÂTRE-FRANÇAIS.
19 février 1810.
L'Empereur assiste à la représentation du Ma-
riage DE Figaro.
THÉÂTRE-FRANÇAIS.
31 février 1810.
L'Empereur assiste à la représentation d'HÉiu-
CLIUS.
THÉATRE-FRANÇAIS.
7 mars 1810.
L'Empereur assiste à la représentation de Brdne-
HAUT.
SAINT-CLOUD.
31 mars 1810.
Zaïre. L'Impératrice Marie-Louise étant arrivée
— 134 —
de la veille , c'est la première représentation qui a
été donnée devant S. M.
THÉATRE-FRANÇAIS.
l**^ avril 1810.
Spectacle gratis , veille de la célébration du ma-
riage de VEnipereur.
(tartufe. LA FAUSSK AGNÈS.;
SAINT-CLOUD.
1" avril 1810.
Iphigénie en AuLiDE, jouée par St-Prix , Talma ,
Desprez , Lacave , Barbier ; M™** Raacoart , Duches-
nois, Volnais , Thénard, Patrat.
Le Legs, par Fleury, Armand, Thénard;
jyjmes Xalma, Volnais , Devienne.
C'est le jour du mariage civil de l'Empereur, cé-
lébré à Sainl-Cloud.
THÉÂTRE-FRANÇAIS.
2 avril 1810.
Relâche à cause des réjouissances publiques re-
latives à la célébration du mariage de l'Empereur.
THÉÂTRE-FRANÇAIS.
3 avril 1810.
Spectacle gratis : Le Cid, Monsieur de Crac.
— 135 —
Entre les deux pièces on a chanté des couplets
relatifs au mariage de TEmpereur, composés par
Bouilly.
Sti^OUB A COMPIÊCSIVE.
6 avril 1810.
Le Cib, par Baptiste aîné, Talma, Desprez, Saint-
Prix, Michelot, Lacave; M"™* Voinais, Patrat.
7 avril 1810.
Phèdre, par Saitit-Prix, Damas, Desprez; M™** Du-
chesnois, Thénard, Fontanier, Voinais, Patrat.
8 avril 1810,
Akdromaque f par Talma , Damas , Lacave ,
Michelot; M™^ Duchesnois, Voinais, Fontanier, Pa-
trat.
9 avril 1810.
Britanmicos, par Talma, Michelot, Saint-Prix,
Desprez ; M"^ Raucourt , Voinais , Patrat.
23 avril 1810.
Le Misanthrope, par Fleury {Mcesfe)^ Desprez
' _ 136 —
(Pronte\ Lacave {Philinté)^ Armand {Jcaste)y Mi-
cfaelol (Clîtandre)y Devigny {l'exempt )j Michot
(Dubois), Thénard (Basque); MP»» Leverd (Cé/i-
mène); M"* Mars (Éliante); M"* Pélicier [Àrsinoe).
24 avril 1810.
Tartufe , parFleury (Tartufe), Grandménil (Or-
gon), Pesprez (Cléantè), St-FaI (Valère), Armand
( Datais ) ; Thénard ( Li)yal ) ; Damas ( t exempt ) ;
pelles Leverd (Elmire), Pélicîer (M"^ Pernelle\ Mars
[Marianne), Devienne (Dorine).
25 avril 1810. •
La Gageure imprévue^ par Baptiste aîné, Th^«,
nard, Fleury, Dublin, Devigny; M™** Talma, Voi*'^v^- '
nais, Devienne, Pélicier.
La Jeunesse de Henri V, par Damas, Fleury,
Michot, Thénard, Armand; M™** Volnais, Mars.
26 avril 1810.
Le Secret du Ménage , par Armand , M™** Mars
et Mézeray.
Les Projets de Mariage, par Damas, Armand,
Michot , Thénard, M"« Mars.
ifA.
- 137 — •
THÉATREFRANÇAIS.
20 juin 1810.
L^Ëmpereur et l'Impératrice assistent à la repré-
sentation de CiNNA et des Fausses Infidélités.
C'est la pranière fois que Marie-Louise paraît au Théâtre-Fran-
çais.
SAINT-CLOUD.
33 juin 1810.
Lbs États de Blois, tragédie en cinq actes, de Ray-
nouard Jouée par Talma (duc de Guise\ Lafon {Henri
de Bourbon) j Damas (duc de Mayenne) y Desprez (duc
[if^umale)j Baptiste aîné (Crillon)^ Si-Prix (Bussjr
? Clerc)j Michelot (Menneçille\ Lacave (Marillac)^
Colson (^ubry), Barbier (Loignac)\ M"* Raucourt
(Catherine de Médicis),
SAINT-CLOUD.
28 juin 1810.
Hector , tragédie en cinq actes , de Lace de Lan-
cival, jouée par Talma (Hector)^ Damas , Lafon,
Baptiste aîné, Barbier, Lacave, Michelot; M"® Du-
chesnois [^Andmmaque)^ M"* Patrat.
— 138 —
SAINTCLOUD.
5 juillet 1810.
Joseph en Egypte, tragédie en cinq actes, de
Baour-Lormian , jouée par Lafon, Baptiste aine,
Damas, Desprez, Barbier, Lacave, Michelot, Col-
son; W^ Yolnais, Mars, Patrat.
SAINT^CLOUD.
19 juillet 1810.
Le Philosophe sans le savoir, joué par Baptiste
aîné (Vanderck père) , Damas {Vanderck Jils)^ De-
vigny {d^Esparville pèré)\ Armand {^d Esparville
fils)y Michot [Antoine)^ Desprez (le président)^ Du-
blin '\taquais de dEspar^^ille)^ Thénard {Oicanpa"
gne) ; M*** Leverd {la marquise) , M^** Mars {Victo^
rine)y M"«Rose Dupuis {M^^ Fanderck), M«* Thénard
{M"^ Vanderck),
LES TUILERIES.
22 juillet 1810.
Le Cercle, comédie en un acte, en prose ^ de
Poinsinet, jouée par Fleury, Devigny, Armand,
Thénard, Dublin, Desprez; M™®^ Leverd, Mézeray,
Boissière, Mars, Devienne.
AiX^
— 139 —
SAINT-CLOUD.
■
26 juillet 1810.
Le Tyran domestique ^ comédie en cinq actes ,
envers, d'Alexandre Du val, jouée parFleury {Val-
mont), Saint-FaI {Derbain^y Baptiste cadet {Dupré),
Armand ( Charles), Thénard {Picard) ; M"^ Leverd
{M^ Valmont\ Mézeray {M^ Dupré)^ Mars [Eugé-
nie),
SAINT-CLOUD.
2 août 1810.
Le Bourru bienfaisant, comédie en trois actes/
en prose, de Groldoni, jouée par Saint-Fal {Géronté)^
Fleury {Donnât), Michelot {Valère), Armand (Da-
lancourt)j Baptiste cadet {Picard):, M™" Mézeray
{M^ Dalancourt), Mars {Angélique), Devienne
{Marton).
Le Parleur contrarié, comédie en un acte, en
vers, de Delaunay, jouée par Damas, Baptiste aîné,
Devigny, Baptiste cadet , Thénard ; M™^ Volnais ,
Devienne. *
TRIANON.
5 août 1810.
Le Barbier de Séville, comédie en quatre actes,
en prose, de Beaunïarchais, jouée par Fleury (co////^
— uo —
Jlmaifiva)^ Thénard {Figaro)^ Devigny {Bartholo\
Baptiste cadet (Basile)^ Salpêtre {le bâilleur)^ Du-
blin {réternueur)y Lacavé {V alcade)^ Vanhove (le
notaire)"^ M^^Mézeray (Rosine),
Les Héritiers, par Devigny, Michot, Baptiste
cadet, Lacave, Armand, Dublin; M™^ Thénard,
Mars.
TRIANON.
9 août 1810.
Les Femmes savantes par FJeury (Clitandre) ^
Grandménil {Chrjsale)^ Lacave [Aristé)^ Michot
{Vadius\ Baptiste cadet [Trissotin). Dublin {Ju-
Uen)y Thénard {Lépinè)y Barbier [le notaire)*^
M"«Mézeray {Philaminte), M"* Thénard {Bélisé),
M"® Leverd (^rma/i^) , M"* Mars {Henriette)^
M™* Devienne {Martine).
THÉÂTRE-FRANÇAIS.
14 août 1810.
Spectacle gratis, veille de l'anniversaire de ta
naissance de l'Empereur et de la fête patronale de
l'Impératrice.
(HECTOR. — LES FOURBERIES DE SCAPIN.)
THÉATRE-FRANÇAIS.
15 août 1810.
Relâche le Jour de la fête.
— m —
SAINT-CLOUD.
16 août 1810.
Les D£Ux Gendres , comédie en cmq actes , en
vers, de M. Etienne, jouée par Fleury, Saint-FaI,
Damas, Devigny, Michelot, Thénard, Faure, M ichot ;
HP^ Leverd, Mars.
SAINT-CLOUD.
26 août 1810.
Athalie, jonée par Saint-Prix (Joad), Talma
{4bner)y Desprez, Lacave, Michelot, Barbier, Col-
son; M™** Raucourt {Athalie)^ Dachesnois {Josa-
beth)^ Maillard, Dapuis, Patrat, la petite Adèle.
SAINT-CLOUD.
30 août 1810.
L'Avare, par Grandménil {Harpagon)^ Armand
(Cléanté), Saint-Fal {Falèré), Michot {M^ Jacques\
Vanhove {M^ Simon), Lacave {Anselme), Thénard
{Laflèchê)y Devigny {le commissaire), Faure {La-
merluche), Dnblin {Brindavoine) ; M"« Mézeray
{Use), M"* Rose Dapuis {Marianne), M"* Devienne
{Frosine).
— 142 —
SAINT-CLOUD,
13 septembre 1810.
Le Joueur , comédie en cinq actes, en vers , de
Regnard, jouée par Fleury [Valère\ Desprez (Z)o-
rante), Baptiste aîné {Géronte), Thénard { Hector) j
Faure {le marquis)^ Baptiste cadet {Tout-à-has) ^
Vanhove {Galomer)\ M"* Mars {Angélique) ,
M™® Thénard {la comtesse). M"® Devienne {Nériné)^
M»« Emilie Contât {M^ la Ressource), W^ Félicien
{M^^ Adam).
THÉÂTRE-FRANÇAIS.
22 septeminre 1810.
L'Empereur et Tlmpératrice assistent à la repré-
sentation de MA.HOMET. On commence le spectacle
par le Conteur, LL. MM. n'étant arrivées qu'à huit
heures.
28 septembre 1810.
La Mort de Pompée, par Talma [César)îfiW^ Du-
chesnois {Corhélie).
Minuit, par Lacave, M™** Pélicier, Yolnais, Mé-
zeray. Devienne.
— 143 —
3 octobre 1810.
L'École des Bourgeois, comédie en trois aeies^en
prose, de d' Allainvaly jouée par Fieury {marquis de
Moncdde\ Michot {Pot^e'vin\ Devigny [Matthieu)^
Michelot {DamU\ Faure [le coureur)^ Lacave (le
commandeur) , Biaptiste cadet (Je commissaire) ,
Marchand [le notaire), Desprez {le comté)\ M™® Thé-
nard {M^ Abraham), M"* Devienne {Marion)^
M"* Boissière {Benjamine),
Les Étourdis, comédie en trois actes, en vers,
d'Andrieux, jouée par Lacave, Armand, Michelot,
Michot, Baptiste cadet, Dublin ; M™^ Pélicier, Mars.
6 octobre 1810.
Le Tartufe de mceurs, comédie en cinq actes,
en vers, de Chéron, jouée par Damas, Armand» La-
cave, Grandménil, Dublin ; M"®* Leverd, Emilie Con-
tât, Yolnais.
L'Épreuve nouvelle, par Armand, Thénard, Mi-
chot; M""** Thénard, Mars, Emilie Contât.
10 octobre 1810.
Œdipe, par Talma {OEdipe\ et M"* Raucourt
{Jocasté).
Le Parleur contrarié; même distribution que le
2 août 1810, à Saint-Cloud.
t
— 144 —
13 octobre 1810.
Le Ma.ria.6e de Figaro, par Thénard {Figaro),
Fleury {le comté), H&w'x^^ {Bartholo), Michot(y^/i/o-
nio)y Lacave {Basile), Baptiste cdAeX{Brict oison), etc.;
M™** Leverd {la comtesse), Mars {Suzanne), Bois-
sière {Chérubin) j Thénard {Marceline), Boargoin
{Fanchetle).
15 octobre 1810.
EsTHERy par Talma^ LafoD, Saint-Prix; M°*«* Du-
chesnois, Boargoin.
17 octobre 1810.
L'AMANT BOURRU, par Fleury, Damas, Desprez,
Michot, Thénard; M™^ Volnais, Mézeray.
Les Folies amoureuses, comédie en trois actes,
en vers, de Regnard, jouée par Deviguy, Thénard,
Armand ; M™** Mars, Deviennç.
20 octobre 1810.
PoLYEùCTE, par Tal ma {Séifère), Damas {Polyeucte) ;
M"® Duchesnois {Pauline).
Les Rivaux d'eux-mêmes, par Armand, Michelot,
Baptiste cadet ; M"^ Devienne, Mézeray.
.V
— 145 —
31 octobre 1810.
Les trois Sultanes, par Lafon, Baptiste cadet;
M"^ Leverd, Mézeray, Maillard.
Cette représentation est accompagnée de chants
et de danses par les premiers sujets de l'Opéra.
24 octobre 1810.
Les Fausses Confidences, par Fleury, Thénard,
Grandménil, Michelot, Baptiste cadet,etc.;M™^Mar8,
Tbénard, Devienne.
Le Retour imprévu, par Grandménil, Fleury, Mi-
chelot, Lacave, Thénard,- Baptiste cadet ; M"** Bour-
goin» Boissière, Devienne.
27 octobre 1810.
Horace, par Saint-Prix, Talma, etc. ; M"* Du-
chesnois.
Crispin rival de son Maître, comédie en un acte,
en prose, de Lesage, jouée par Devigny {Oronte),
Lacave (Org'o/i), Thénard(Cm/?//i), Michot (LaAra/i-
che)j Michelot {Falère); M"* Thénard (M'^Omnte),
W^ Emilie Contât ( Lisette ) , M"* Boissière {Angé-
lique).
31 octobre 1810.
Le Distrait, comédie en cinq actes, en vers, de
10
— 146 —
Régnai dy jouée par Saint-FaI [Léandré)^ Armand
[le chevalier)^ Thénard {CaHin)^ Lacave {yalèré)\
W^ Mézeray (Clarissc\ Mars \lsabeUe\ M™* Thé-
nard [M^ Grognat\ M"® Devienne (Uselté).
Les Plaideurs , comédie en trois actes, en vers,
de J. Racine, jouée par Baptiste cadet {Dandin)^
Thénard [C Intimé) ^ Michot [Petit^Jean)^ Armand
{Valere)j Grandménil [Chicaneau) ^ Faure {le sauf -
Jleur) ; M™** Thénard (la comtesse de Pimbêche!) ,
M"* Boissîère {(sabeJle).
2 novembre 1810.
RoDOGUNE , par Talma [/i ntiochus) et M"* Rau-
court (^Cleopdtré),
Monsieur de Crac, comédie en un acte, eu vers^
de Gollin d'Harleville , jouée par Thénard , Faure ,
Armand, Saint-Fal, Vanhove, W^ Mars, Bois-
sière.
On avait choisi les Templiers; niais M^<^ Duchesnoîs étant ma-
lade, tout le personnel de la tragé^e s*étaît transporté à Fontai-
nebleau pour offrir à Sa Majesté le choix de la pièce qu'elle
désirait. L'Empereur désigna Rodogune
7 novembre 1810.
Le Philinte de Molière, par Fleury , Damas^
Baptiste aîné, Michot, Thénard, Lacave, Baptiste
cadet: M*'*Mézerav.
L'Esprit de gontradigtion, par Lacava, Michelot,
— 147 —
Baptiste cadet, Michot, Salpêtre, Théoard; iT^ Thé-
oard. Mars.
10 novembre 1810.
Les Templiers, par Saint-Prix, Lafon, Baptiste
aîné, Desprez, Damas, Talma, Lacave, Michelot;
M"* Duchesnois.
Le Babillard, comédie en un acte, en vers, de
Boissy, jouée par Saint-Fal, Michelot, Faure; M™®* Mé-
asray, Thénard, Pélicier, Bourgoin, Voinais, Bois-
sière, Dartaux, Devienne.
14 novembre 1810.
La FAUSbE AGNÈS, comédic en trois actes, en
prose, de Destouches, jouée par Devigny (le baron) j
Thénard Desmazures)^ Armand [Léandre)^ Faure
{Lolive\ Baptiste cadet {le président)^ lacave {le
comte) ; W^ Thénard {/« baronne)^ Mézeray {Angé^
lique\ Pélicier {la présidente^ Boissière {la com^
tessé).
Le Conteur, comédie en trois actes, en prose, de
Picard, jouée par Devigny, Michelot, Armand, Bap-
tiste cadet, Lacave, Faure, Vàhhove, Thénard, Sal-
pêtre ; M™®* Mézeray , Boissière , Pélicier , Emilie
Contât, Desbrosses.
THÉATRE-FRANÇAIS.
26 novembre 1810.
L'Empereur et l'Impératrice assistent à la repré^
10.
— 148 —
sentation de Y engeslas et du Babillard. LL. MM. étant
arrivées au moment où la première scène du premier
acte de Venceslas finissait, le public a fait recom-
mencer la pièce.
LES TUILERIES.
27 novembre 1810.
Les Fausses Infidélités, par Saint-FaI, Armand,
Baptiste cadet; M"*®* Leverd, Bourgoin.
THÉÂTRE-FRANÇAIS.
l'"'* décembre 1810.
Spectacle gratis, la veille de l'anniversaire du
couronnement de TEmperenr et de la bataille d'Ans-
teriitz.
(^ALZIRE. GRISPIN RIVAL DE SON MAITRE.)
THÉÂTRE-FRANÇAIS.
3 décembre 1810.
L'Empereur et Flmpératrice assistent à la repré-
sentation des Trois Sultanes, jouées par Desprez,
Baptiste cadet; M™** Leverd, Maillard et Gercy du
théâtre de TOpéra-Comique.
— 149 —
LES TUILERIES.
9 décembre 1810.
Le Somnambule, comédie en un acte, en prose,
de Pont-de-VeyIe , jouée par Saini-Fal, Devigny,
Michelot, Thénard, Bapjiste cadet; M"**Thénard,
Bourgoin.
LES TUILERIES.
18 décembre 1810.
Shàkspearb , comédie en un acte, en prose, d'A-
lexandre Duval, jouée par Talma i^Shakspeare ) ^
Barbier; M"« Mars et M"« Emilie Contât.
LES TUILERIES.
3 janvier 1811.
Le Jeu del'Amouk et du Hasard, par Armand {Do-
rante), Thénard [Pasquin), Lacave, Michelot, Des-
prez; M*** ^^x%{Syhid), M"* Emilie Contât (Zi><?/^^).
LES TUILERIES.
30 janvier 181 K
La Gageure imprévue, par Baptiste aine {M. de
Claimille), Damas {Défieulette) Baptiste cadet,
Thénard, Desprez; M"* Leverd {M^^de ClainnUe\
M"** Rose Dupuis, Devienne, Thénard/
— ISO-
LES TUILERIES.
31 janvier 1811.
Le Sourd, comédie en trois actes, en prose, de
Desforges, jouée par Armand, Devigny, Baptiste
cadet, Michelot, Tbénard, Faure; M™®* Bourgoin,
Volnais, Devienne, Mars.
LES TUILERIES.
12 février 1811.
Le Consentement forcé, comédie en un acte, en
prose , de Guyot de Merville, jouée par Grandmé-
nil, Lacave, Armand; W^^^ Mars et Devienne.
LES TUILERIES.
14 février 1811.
Les Fausses Confidences, par Damas {Dorante),
Thénard {Dubois)^ Grândménil {M. Rémy\ Baptiste
cadet, Faure ; M»« Mars {Araminte), M™^* Théntird,
Devienne.
LES TUILERIES.
21 février 1811.
L'Avocat Patelin, comédie en trois actes, en prose,
de Bruéys, jouée par Thénard (Pflr/^/m),'Grandmé-
— 151 —
nil {lU. Guillaume), Lacave, Armanri, Baptiste cadet,
Faare; M™®'Thénani, Rose Dupuis, Emilie Conlat.
LES TUILERIES.
5 mars 1811.
L'Abbé dbl'Épée, drame en cinq actes, eo prose,
de Bouilly, jouée par Saint-FaI [V abbé de FÉpffe),
Desprez, Damas, Devigny, Thénard, Lacave,Faure;
M""*^ ^dxsi^Théotlore), Thénard, Volnais, Pélicier.
LES TUILERIES.
12 mars 1811.
Mahomet II , tragédie en cinq actes de Baour-
Lormian ^ jouée par Talma {Mahomet), Damas,
Desprez; M"® Duchesnois (Ztt/«>wa), M™®* Volnais,
Gros, Patrat.
THÉÂTRE-FRANÇAIS.
20 mars I8ii.
Après la représentation du Bourru bienfaisant,
qui termine le spectacle, M"^ Mars et M. Thénard
viennent chanter trois couplets relatifs à la naissance
dnRoi de Rome, né le matin, à 9 heures 10 mi-
nutes.
.» .
— 152 —
SAINf-GLOUD.
35 avril ISll.
Bajazet, avec M^*^ Duchesnois dans le rôle de
Roxane.
C'est la (nremière représentation donnée à la cour depuis l'heu-
reuse dâivrance de l'Impératrice.
THÉATRE-FRANCAIS.
8 juin 1811.
Spectacle gratis, la veille du baptême du Roi de
Rome.
(ZÀIRE. LE BARBIER DE SÉYILLE.)
THÉATRE-FRANÇAIS. '
9 juin 1811.
Relâche à cause des réjouissances publiques, mo-
tivées par le baptême du Roi de Rome, célébré le
matÎD à Notre-Dame de Paris.
THÉATRE-FRANÇAIS.
16 juin 1811.
Relâche à cause des fêtes données par TEmpe-
reur pour l'ouverture du Corps législatif. •
A
— 153 —
SAINT-CLOUD.
37 juin 1811.
Lbs Deux Pages, par Fleury {le roi), Michot, La-
cave, Devigny, Cariigny, Faure, Desprez ; M"™* Thé-
nard, Patrat, Boissière, Duchesnois ( Théodore)^ Rose
Dupuis, Leverd.
SAINT-CLOUD.
4 juillet 1811.
La Revanche, par Fleury, Damas, Baptiste aine,
Devigny, Michot, Micbeiot ; M™* Volnais , Emilie
Contat«
THÉÂTRE-FRANÇAIS.
14 août 1811.
Spectacle gratis, la veille de la fête de S. M. l'Em-
pereur et Roi.
(le père de famille. LE MARI RETROUVÉ.)
THÉÂTRE-FRANÇAIS.
15 août 1811.
Relâche le jour de la fête de TEmpereur.
t
— 154 —
TRRNON.
25 août 1811.
Les Projets de mariage, par Damas, Michot,
Armand^ Thénard et M"® Mars.
COMPIÈGNE.
3 septembre 1811.
Le Menteur, par Armand {Dorante)^ Baptiste
aîné {Gérante)^ Thénard (Cliton), Miçhelot, Lacave,
Colson; M™** Mars, RoseDupuis, Desbrosses, Emi-
lie Contât.
COMPIÈGNE.
5 septembre 1811.
Les Étourdis, par Lacave, Armand, Michelot,
Michot, Baptiste cadet, Vanhove ; M^^ Thénard
et M"* Mars.
COMPIÈGNE.
19 septembre 1811.
Le Parleur contrarié, par Damas^ Baptiste atné,
Thénard, Devigny, Baptiste cadel ; M""** Mars, î)e-
merson.
Les Héritiers, par Devigny, Michot, Baptiste
cadet, Arnjand, Lacave, Thénard; M"*®* Thénard,
Mars.
— 155 —
31 septembre 1811.
Départ pour Bruxelles de Talma» Uamas, M"^ Du-
chesnois et M^^^ Boui^oin, d'après Tordre donné par
le maréchal Duroc, pour se trouver au passage de
S. M. rimpératrice dans cette ville.
SAINT-CLOUD.
14 novembre 1811.
Le Méchant, comédie en cinq actes, en vers, de
Grasset, jouée par Fleury (Cléon)^ Devigny {Gé-
ronte)j Armand {}'alère\ Desprez {Arisie)^ Thé-
nard {FrorUin)\ M™*»Mézeray {Fhorine)^ Mairs(Chloé)^
Emilie Contât {Lisette).
SAINT-CLOUD.
21 novembre 1811.
Le Cid^ par Baptiste aîné, Lafon et M"^ Bourgoin.
THÉATRE-FRANÇAÏS.
l»" décembre 1811.
Spectacle gratis, la veille de l'anniversaire du
couronnement de TEmpereur.
(IPHIGÉNIE FN AULIDE. LES PLAIDEURS.)
— 1S6 —
THÉATRE-FRANCAIS.
2 décembre .1811.
Relâche à cause de Tanniversaire du couronne-
ment.
THÉÂTRE-FRANÇAIS.
4 décembre 1811.
L'Empereur et l'Impéralrice assistent à la repré-
sentation d'OBoiPE, pour la rentrée de Talma.
LES TUILERIES.
12 décembre 1811.
L'École des Bourgeois, par Fieury {marquis de
Moncade\ Devigny, Michot, Armand, Faure, La-
cave, Desprez, Baptiste cadet ; M"" Tbénard, Rose
Dupuis, Devienne.
LES TUILERIES.
23 décembre 1811.
La Gageure imprévue , par Baptiste aine (M. de
Clainsfille), Fieury {Détieuleité)'^ M"« Mars (^If^ de
ClainvUle).
. LES TUILERIES.
2 janvier 1812.
Hector, par Talma, Lafon et M"® Duchesnois.
#
\
— 157 —
LES TUILERIES.
6 janvier 1812.
La Reyanche, par Fleury , Damas, Baptiste atné, etc.
LES TUILERIES.
16 janvier 1812.
Les Étourdis, par les mêmes acteurs que le
12 septembre, à Compiègne.
LES TUILERIES.
27 janvier 1812.
La Jeunesse de Henri Y, par Fleary {Rochester\
Damas, Michot, Armand, FirmiD , M"^ Mars, Rose
Dopuis.
PALAIS DE L'ELYSÉE.
17 fiéviier 1812.
Le Sourd, mêmes actears que le 31 janvier 1811 ,
aux Tuileries, à l'exception de M*^ Bourgoin et
Yolnais, qui sont remplacées par M"^ Boîssière et
Rose Dupnis.
L'ÉLYSÉE.
24 février 1812.
Le Distraie , par Saint-Fa! {Léandre) , Armand,
- 158 —
Lacave, Thénard, Cartigny; M""Mézeray, Mars,
Devienne. M™® Thénard, qui joue le rôle de jM^ Gro-
gnacj étant indisposée, e&4 obligée de le laisser
finir par M"® Pélicier.
PALAIS DE UÉLYSÉE.
2 mars 1812.
Le Conteur , par Devigny , Baptiste cadet, M i-
chelot , Armand , etc. ; M™^ Thénard, Rose Dupais ,
Mézeray, Emilie Contât, Devienne.
PALAIS DE L'ELYSÉE.
9 mars 1812.
La Fausse Agnès, par Devigny, Thénard, Carti-
gny, Armand, Baptiste cadet, Lacave; M™®* Thé-
nard, Mars, Demerson, Boissière.
LES TUILERIES.
12 mars 1S12.
Andromaque , par Talma ; M™® Duchesnois ,
Bourgoin, etc.
L'ELYSÉE.
30 mars 1812.
Le Joueur , par Fleury {Falèré) , CAriigny {Hec--
— 159 —
tor)^ Baptiste aine, Thénard, Baptiste cadet ,
Beau lieu, Desprez, Firmin {les quatre laquais)^
M"** Thénard , Mars,' Emilie Contât, Demerson,
Pélicier.
SAINT-CLOUD.
13 avril 1812.
L'Amant bourru, par Fleury, Araiand, Michot;
j^mes Voinais, Mars.
SAINT-CLOUD.
27 avril 1812.
Les Fcmmes 8àv/iirT£s, par Fleury {CJitandre)^
Devigny {Chrysale)^ Lacave {Aristé), Michot {Va^
dàis), Baptiste cadet {Trissotin,, etc.; M"** Méze-
ray [Philaminté)^ Mars {Henriette), Leverd (//r-
mande), Théuard {Bélise), ÈmWve Coniaii {Martine).
SAINT-CLOUD.
6 août 1812.
Le Mariage secret, par St-FaI, Armand, Devi-
gny, Lacave, Thénard; M™*^ Leverd, Rose Dupuis.
— 160 —
THÉÂTRE-FRANÇAIS.
14 août 1812.
Spectacle gratis, la veille de la fête de S. M.
l'Empereur et Roi.
(mithridate — le tambour nocturne.)
THÉÂTRE-FRANÇAIS.
15 août 1812.
Relâche le jour de la fête de l'Empereur.
SAINT^LOUD.
27 août 1812.
L'École des Bourgeois , par Fleury {marquis de
Moncade).
SAINT-CLOUD.
24 septembre 1812.
La Jeunesse de Henri Y, par Fleury, Michot,
Armand, Thénard; M"** Dupuîs, Mars.
SAINT^LOUD.
22 octobre* 1812.
Les Châteaux en Espagne, par Armand, La-
cave, Mîchelot, Thénard, Gartigny; M"** Mars,
Emilie Contât.
.é
— 161 —
SAINT-CLOUD.
19 novembre 1812.
Lk Revanche, par Fleury , Damas, Baptiste aioé,
Devigny , Michelot , Michot ; M"** Volnais , Emilie
Contât.
THÉÂTRE-FRANÇAIS.
5 décembre 1812.
Spectacle gratis eo T honneur de l'anniversaire
du couronnement de TEmpereur et de la bataille
d'Austerlitz.
(TURCARET. LE JEU DE l'aMOUR.)
LES TUILERIES.
17 décembre 1812.
Les Dehors trobipeurs, comédie en cinq actes,
en vers, de Boissy, jouée par Fleury, Armand,
Devigny, Thénard; M™^Leverd, Mézeray, Mars,
Emilie Contât.
LES TUILERIES.
4 janvier 1813.
L'École des Bourgeois, par Fleury {piarquis de
Moncade),
— 162 —
THÉATRE-FRANÇAIS.
9 janvier 1818.
L'Empereur et Tlmpératrice assistent à la repré-
sentation d'HECTOR , par Talma et W^^ Duchesnois.
LES TUILERIES. '
18 janvier 18}3.
Avis ikV\ Mères ou les Deux Fêtes , coipédie en
un act0, en vers, de Dupaty, jouée par Fleury,
Armand, Thénard, Baptiste cadet; M""** Leverd»
Mézeray , Mars, Emilie Contât.
LES TUÏW2RIES.
4 février t8|3.
Tippo-Saeb, tragédie en cinq actes, de Jouy, jouée
par Talma {Tippo-Saèb) ; W^ ^oy\v%om{Aldéis\ etc.
LES TUILERIES.
16 février 1813.
Le Tartufe, par Flenry {Tartufe) ^ Devigny
(Orgon), Armand {Fatère)^ Michelot (£>rt/ww\ La-
cave {€léanté)y Baptiste cadet {Loyal) ^ Thénard
{V exempt) , M"« Thénard [M^ Pernelle) , M^'^ Mars
— 163 —
(Elmre), M"^ Bourgoin {Mariatme), M"« ÉmiUe
Contât {Doriné).
LES TUILERIES.
1er loars 1813.
Les Héritiers , par Devigny, Michot, Baptiste
cadet, etc.; M™* Thénard, Mars.
Le Parleur contrarié , par Damas , Baptiste
aîné, etc. ; M™* Mars, Demerson.
LES TUILERIES.
25 mars 1813.
CiNNA, par Talma, Saint-Prix, M"' Dachesnois, etc.
L'I^LYSÉE.
29 mars 1S13.
L'Irtrigante, comédie en cinq actes, en vers, de
M. Etienne, joaée par Fleury, Micheiot, Baptiste
cadet, Damas, Michot, Cartigny; M™** Leverd, Mé-
zeray. Mars.
L'ELYSÉE.
5 avril 1813.
Le Misanthrope , par Fleury (Jlceste) , Lacave
{PhiUnte\ Desprez {Oronté), Armand {Âcaste)^ Mi-
chdot {Clitan€be)j Thénard {Dubois\ Yanhove
ii.
— 164 —
{F exempt), Faure {Basque); M""*' Mars {Célimène),
Volnais(jé'/i!"fl«te),Thénard {Arsinoé).
SAINT-CLOUD,
V
19 avril MSIS.
La Suite d'un Bal masqué, comédie en un acte, en
prose, de M"^® de Bawr, jouée par Armand, Michelot,
Faure ; M"®* Mars, Leverd, Emilie Contât.
SAINT-CLOUD.
3 mai 1813.
La Jeunesse de Henri V, par Fleury, Damas, Mi-
chot, Armand, Thénard; W^ Mars, Bourgoin.
SAINT-CLOUD.
10 mai 1813.
Les Étourdis, par M"® Mars, Armand , Baptiste
cadet, Michelot, etc.
THÉATRE-FRANÇAIS.
22 mai 1813.
Spectacle gratis en réjouissance de la bataille de
Lutzen, gagnée par l'armée française commandée
par TËmpereur en personne :
(GASTON ET BATARD. — LES FOURBERIES DE SCAPIn).
— 165 —
THEATRE-FRANÇAIS.
23 mai 1813.
Relâche à cause du Te IJeuni chanté à Notre-
Dame pour le même motif.
SAINTCLOUD.
31 mai 1813.
L'Intrigue épistolaiu , par Armand , Baptiste
cadel et W^ Mars.
THÉÂTRE-FRANÇAIS.
13 juin 1813. -
Spectacle gratis, en réjouissance de la victoire
remportée par l'Empereur a Wurtschen, à la suite
de laquelle a été signé un armistice :
(les femmes savantes. LES HÉRITIERS).
THEATRE-FRANÇAIS.
14 juin 1813.
Relâche pour le même motif.
.--- ■■«
-166 —
VOYA«E A DRESDE.
13 juin 1813.
Une grande partie de la Comédie^ par ordre de
TEmpereur, part pour se rendre à Dresde et y jouer
pendant le temps que doit durer l'armistice. Les
artistes désignés sont : Fleury , Saint-Prix , Saint-
Fal, Talma, Michot, Baptiste cadet, Armand, Des-
prez, Thénard,Devigny, Michelot, Barbier ;M"^Thé-
nard, Emilie Contât, Mézeray, Mars, Bourgôif);
Colson, chef des gardes.
THÉATREFRANÇAIS.
14 août 1813.
Spectacl(^ gratis , la veille de la fête de l'Em-
pereur.
(le tartufe. — LES FOURBERIES DE SGAPIN).
THÉATRE-FRANÇAIS.
1^ août 1813.
Relâche à cause de la fête de l'Empereur.
24 août 1813.
Retour à Paris des acteurs partis pour Dresde.
— 167 —
SAINT-CLOUD.
d septembre 1813.
La Suite d'un Bal masqué. Même distribution qae
le 19 avril.
SAINT-CLOUD.
23 septembre 1813.
Les Fausses CœfPiDENCES, par Armand (^Dorante)^
Théoard {Dubois)^ Devigny {M. Rémf)^ Miebelot
{le comté)y Baptiste cadet {Lubin)\ M"® Mars {Ara-
minté)jW^^ Thénard {M"^ Argante)^ Emilie Con-
tât {Marton).
SAINT^LOUD-
14 octobre 1818.
La Nièce supposée , comédie en trois actes , en
vers, de Planard, jouée par Fieury, Armand, Mi-
chelot, Baptiste cadet, Thénard; M"*""* Thénard,
Mars, Bourgoin.
THÉATRE-FRANÇAIS.
4 décembre 1813.
Spectacle gratis pour l'anniversaire du couron-
nement de l'Empereur.
(ZAIRE. - — CRISPIN médecin).
-^ ^ 168 —
LES TUILERIES.
5 décembre 1813.
NiNus Ily tragédie en cinq actes de Brifaut, jouée
par Talma {Ninus\ Baptiste aîné, Desmousseaux,
Dumilâtre, Valmore, Firmin ; M™** Duchesnois {El-
zire\ Boargoin.
LES TUILERIES.
13 avril 1815.
La Nièce supposée , par Fleury, Armand, Miche-
lot, Baptiste cadet, Thénard; MT^ Thénard, Mars,
Bourgoin.
Première représentation donnée à la cour depuis
le retour de l'Empereur.
THÉÂTRE-FRANÇAIS.
31 avril 1815.
L'Empereur assiste à la représentation d'HECTOR,
par Talma et W^ Duchesnois.
C'est la première fois que S. M. vient au théâtre
depuis son retour.
L'ELYSÉE.
4 mai 1815.
La Suite D^tN Bal masqué, par Armand^ Micbelot^
Thénard; M™®*Leverd, Mars, Demerson.
_ 169 — >
THÉÂTRE-FRANÇAIS.
31 mai 1815.
Spectacle gratis à l'occasion de l'acceptation de
la Constitution au Champ de Mai.
(maRIUS a MINTURNES. LE BARBIER DE SÉYILLE).
I
THÉÂTRE-FRANÇAIS.
l"- juin 1815.
Relâche à cause de la fête de la Constitution.
THÉATRE-FRANCAIS.
4 juin 1815.
Relâche pour le même motif.
f.
LISTE GÉNÉRALE
DE
TOUTES LES ŒUVRES DRAMATIQUES
DU lÉPBBTOUB DB LA COMÉMB FIAHÇAISB,
lepésaitées à h diar iapérâk, dus les résidoKes de SûbC-CM,
de FeilaiieUeai, des Tuileries, dehUaiisai,
de Co^ièpe, de Triaioi el de TÉljsée.
Tragédies.
Agamenmon.
Andromaqoe.
Artaxerce.
Aliialie.
Bajazet.
Bérénice.
Britannicus.
Brutus.
ad (le).
Cîima.
Comte d'Essex (le).
Goriolan.
Electre.
Esther.
États de Blois (les).
Hector
Héraclius.
Horaëe.
Iphigénie en Aulide.
Iphigénie en Tauride.
Mahomet.
Mahomet II.
Manlius.
Mithridate.
Mort de César (la).
Mort de Hemî IV (la).
Mort de Pompée (la).
Nicomède.
Ninus II.
Œdipe.
Omasis.
Oreste.
Othello.
Phèdre.
Philoctète.
Polyeucte.
Rhadamiste et Zénobie
Rodogmie.
Rome sauvée.
Sertorius.
— 172 —
Templiers (les).
Tippo-Saëb.
Venceslas.
Vénitiens (les).
Zaïre.
Comédies*
Abbé de TÉpée (F).
Amant bourru (!').
Amour et la Raison (1')-
Assemblée de famille (F).
Avare (1').
Aveugle clairvoyant (F).
Avocat Patelin (1').
Barbier de Séville (le).
Babillard (le).
Bourru bienfaisant (le).
Brueis et Palaprat.
Caroline ou le Tableau.
Cercle (le).
Châteaux en Espagne (les).
Consentement forcé (le).
Conteur (le).
Crispin rival de son maître.
Deux Fêtes (les).
Deux Gendres (les).
Deux« Pages (les).
Distrait (le).
École des Bourgeois (F).
Épreuve nouvelle (F).
Esprit de contradiction (F).
Ésope à la cour.
Étourdis (les).
Fausse Agnès (la).
Fausses Confidences (les).
Fausses Infidélités (les).
Femmes savantes (les).
Festin de Pierre (le).
Florentin (le).
Folies amoureuses (les).
Gageure imprévue (la).
Héritiers (les)
Heureusement.
Heureuse Erreur (F) .
Homme du jour (F).
Inconstant (F).
Intrigue épistolaire (F).
Intrigante G')-
Jeu de F A mour et du Hasard (le) .
Jeunesse de Henri V (la).
Joueur (le).
Legs (le).
Mariage de Figaro (le).
Mariage secret (le).
Méchant (lé).
Menteur (le).
Mère jalouse (la).
Métromanie (la).
Minuit.
Misanthrope (le).
Molière avec ses amis.
Monsieur de Crac.
Nièce supposée (la).
Optimiste (F).
Original (F).
Originaux (les).
Parleur contrarié (le).
Philinte de Molière (le).
Philosophe sans le savoir (le).
Plaideurs (les).
Précepteurs (les).
173 —
Procureur arbitre (Iç).
Suite d'un bal masqué (la).
Projets de mariage (les).
Tartufe (le).
Pupille (la).
Tartufe de mœurs (le).
Retour imprévu (le).
Trois Sultanes (les).
Revanche (la).
Tyran domestique (le).
Rivaux d'eux-mêmes (les).
Secret du ménage (le).
Tragédies 45
Shakspeare.
Comédies 79
Somnambule (le).
Sourd (le).
Total.... 124
t.-
LA
LITTÉRATURE DRAMATIQUE
sous L'EMPIRE.
' Il faut l'avouer une fois de plus, la littérature dra-
matique du commencement de ce siècle ne fut nul-
lement empreinte d'un caractère de supériorité. Les
grands hommes fondent les grandes institutions ,
mais ils ne donnent pas le génie à qui ne le possède
pas. Tout ce qu'ils peuvent faire, c'est d'en favori-
ser l'essor, d'encourager le talent et de Thonorer, et
Napoléon n'y manqua pas. L'Empereur était d'une
munificence prodigue , et ce n'est pas sa faute si
les poëfes de son temps n'ont pas enfanté des chefs-
d'oeuvre. Avec toute une organisation à refaire
d'une société bouleversée par les révolutions et no-
tre lu^te homérique avec l'Europe, le théâtre devait
pâlir et s'effacer. Les hommes de tôte et de hautes
conceptions étaient dans la magistrature^ au conseil
d'É|tat ou aux armées, et l'art dramatique n'avait
guère pour soutien que des intelligences de second
f
— 176 —
ordre. Aujourd'hui que la postérité est ve|pe pour
cette époque, on peut hardiment signaler le fait.
Mais l'Empereur Napoléon ne l'entendait pas
ainsi. Il aurait voulu que rien ne manquât à l'illus-
tration de son règne, et pour féconder l'imagination
des auteurs, il avait, dès 1804, fondé les grands
prix de 10,000 francs et de 5,000 francs à décer-
ner au meilleur ouvrage dramatique, soit comédie,
soit tragédie, représenté sur le Théâtre-Français. La
première distribution de ces prix ayant eu lieu
en 1810, il nous semble que, pour donner une idée
de la portée des ouvrages dramatiques représentés*
antérieurement, nous ne pouvons mieux faire que de
rendre d'une manière succincte l'expression de la
décision du jury, qui était composé d'un certain
nombre de membres de l'Institut.
Voyons d'abord pour la tragédie.
Étéocle et Polynice de Legouvé , ayant eu dix
représentations. On y trouve des situations drama-
tiques, un bon goût de style ; mais le sujet est peu
favorable, l'intérêt faible, l'effet triste.
Les Templiers de Raynouard, le plus grand suc-
cès obtenu ; trente-cinq représentations consécutives
et toujours reprises avec honneur. Le sujet, qui est
puisé dans l'histoire de France, le caractère du grand
maître, si noble, si imposant ; le rôle du jeiine Ma-
rigny, d'une très-heureuge conception, un style pur
et élégant, plaident en faveur de cet ouvrage. On y
— 177 —
vou()$it cependant plus d'abandon, et de variété,
plus de mouvement dans le dialogue.
La Mort de Henri IF de Legouvé, quatorze re-
présentations. L'intérêt y est plus naturel, plus doux,
plus national que Taction des Templiers. Le style
est pur, facile, harmoaieux sans efforts; on y vou-
drait plus de force, de grandeur, et le dénoûment
manque d'effet pathétique.
Omasis de Baour-Lormian, vingt et une repré-
sentations. C'est l'histoire de Joseph racontée avec
des sentiments aimables et touchants, et quelques
situations très-dramatiques. Mais il y a peu d'inven-
tion dans le plan, le style manque d'énergie, et on
croit plutôt entendre une idylle qu'une pièce de
théâtre.
Pyrrhus de Lehoc, sept représentations. L'action
en est trop tissue, elle manque d'intérêt et de vrai-
semblance. ^ '
Artaxerce de Delrieu, vingt^natre représenta-
tions; succès brillant. L'idée fondamentale de la
pièce est empruntée à Métastase, et Delrieu y a été
plu$ heureux que Lemierrè. L'ouvrage se distingue
par une situation forte et neuve, mais ;peu habile-
ment préparée. Le dâ^ioùment a Tinconv^ient de
rappeler celui de Rodogune^ et le style, assez noble,
manque de couleur et de précision.
; \ Donc le^ Templiers obtmrent le prix.
Nous allons voir maintenant que les poètes co-
— 178 —
iniques étaient moins bien inspirés que les Magi-
ques. Écoutons le jury :
Mathilde, comédie eD cinq actes, en prose; quinze
représenlatioDs. C'est un genre qui n'a pas besoin
d'être encouragé.
Les Deux Frères, copie d'un ouvrage étranger.
Les Précepteurs^ cinq actes en vers, de Fabre
d'Églanliné; vingt-cinq représentations. Il y a de
l'originalité dans l'intrigue, mais le tout manque
de caractère et de style.
V Abbé de CÉpée^ cinq actes en prose, de Bouilly ;
trenle-six représentations. €'est plutôt un roman
qu'une pièce.
Les Mœurs du jour ^ cinq actes, en vers, de Collin
d'Harleville ; seize représentations. L'exécution est
trop au-dessous du sujet et du talent de Tauteur.
Le Tyran domestique , cinq actes , en vers ,
d'Alexandre Duval ; quatorze représentations. Le
caractère du principal personnage est fortement
conçu ; il y a de la vérité dans la peinture des mœurs,
de l'art dans la conduite de la pièce; malheureu-
sement rintrigue s'affaiblit eu se développant, le
style est négligé et la versification peu soignée.
L'Assemblée de famille^ cinq actes, en vers, de
Riboutté; trente-neuf représentations. Tableau de
mœurs où il entre de la vérité et de l'intérêt, mais
où on ne rencontre ni originalité d'idées, ni verve
comique.
— 179 —
Le jury ajoute que la comédie est la plus digue de
fixer l'attention du gouvernement ; qu'elle a plus
besoin que la tragédie d'être ramenée aux vrais
principes de l'art, et que les poètes comiques sont
plus loin de Molière que les tragiques de Racine et
de Voltaire (le rapport ne parle pas de Corneille);
enfin, qu'en général les auteurs comiques se signa-
lent par l'absence du style et du travail patient.
En conséquence, la comédie n'eut pas de prix.
Pour nous résumer, voici le bilan dramatique de
1803 à 1815. Nous nous bornons aune simple no-
menclature, la plupart des ouvrages dont nous don-
nons la liste étant aujourd'hui complètement oubliés.
On pourra se convaincre de l'indépendance et de
la sévérité du public d'alors, qui enregistrait plus
de chutes que de succès.
s mars 1803. — Le Roman d'une heure^ comédie en un acte, en
prose, d'Hoffinann. — Représentation unique.
30 mars 1803. — Le P^euf amoureux, — Succès.
17 mai 1803. — Les MiUtaires, fait historique, trois actes ^ en
prose, de Favières. — Succès.
23 juillet 1803. — Le Tasse^ de Cidle. — Chute.
10 novembre 1803. — La Botte volée ^ de Longchamps. —
Chute très-prononcée.
39 novembre 1803. — La Dédaignpisey de Duret. — Chute com-
plète; quatre représentations.
1^ janvier 1804. — Shakspeare amoureux^ d*Alexandre Duval.
— Chute; douze représentations.
13 janvier 1804. — Polyxène, tragédie en trois actes, d'Aignan.
— Chute épouvantable; quatre représentations
8 février 1804. — Guillaume le Conquérant, drame en cinq actes,
m prose, d'Alexandre Duval. — Représentation unique.
12.
— 180 —
1 1 avril 1804. — La Fausse Honte ^ comédie en cinq actes, en vers,
de Longchamps. — Chute; trois représentations.
19 mai 1804. — PUrre le Grande tragédie en cinq actes de Car-
rion de Nisas. — Chute complète.
5 juillet 1804. — Molière avec ses nmis^ comédie en un acte, en
veips, d'Andrieux. — Succès. »
5 novembre 1804. — La Leçon conjugale^ comédie en trois actes,
en vers, de Chazet et Sewrîn. — Succès.
8 décembre 1804. — Cyrtis^ tragédie en cinq actes de Chénier. —
Chute. '
16 février 1805. — Le Tyran domestique^ d'Alexandre Duval.
— Succès contesté à la 1" représentation.
4 avril 1805. — Le Tartufe de mœurs, comédie de Chéron. —
Succès.
14 mai 1805. — Les Templiers, de Raynouard. — Grand succès.
6 juin 1805. — Madame de Sévigné, comédie en trois actes, en
prose, de Bonilly -^ Chute complète; se relève à la deuxième
représentation.
9 août 1805. — Astyanax, tragédie en trois actes de M. Aima. —
Chute cdtnplèté. ^ : -* < r
10 septembre 1805. — Amélie Mansjkld, drame en cinq àetes^
en prose, de Bellin. — Chute complète.
1^^ février 1806. — Les Français dans le Tyrol, comédie de
Bouilly. — Demi-succès.
26 février 1806. — Le Politique eh défaut, comédie de Chazet —
Demi-succès.
12 mars 1806. — L'Avocat, comédie en trois actes, en vers, de
Roger. — Succès mérité.
21 mars 1806. — Antiochus Épiphane, tragédie en cinq actes,
de Chevalier. — Chute complète.
9 juin 1806. — La Jeunesse de Henri f^, comédie en trois actes,
en prose, d'Alexandre Duval. — Beaucoup de succès.
25 juin 1806. — La Mort de Henri IV, de Legouvé. — Beaucoup
de succès.
30 juillet 1806. — La Capricieuse, comédie en un acte, eu vers,
d'Hoftmann. — Chute ; se relève à la deuxième représentation.
1 3 septembre 1 806 . — Omasis, de Baour-Lormian . — Grand suc-
cès.
26 novembre 1806. — Les Faux Somnambules, com^Ke en' un
acte, en vers, de Révérony de Saint-Cyr. — Chute très-complète.
— 181 —
9 ëécembre 18O6. — Octavie^ tragédie en cinq actes, de Souri-
guère. — Chute très-complète.
3 janviar 1807. — Le Parleur contrarié^ comédie de Delaunay.
— Succès.
97 février 1807. — Pyrrhus^ tragédie en cinq actes de Lehoc. —
Chute.
12 juin 1807. — Les Projets cTeniépemetU^ comédie en un acte,
en vers, de Th. Pein. — Représentation unique.
27 juin 1807. — La Mort de DuguescUn^ drame en trois actes,
en vers, de Dorvo. — Tombé.
28 novembre. — Brueis et Palaprat^ comédie en un acte, en
v«rs, dIÊtienne. — Succès.
12 décembre 1807. — Le Paravent^ comédie en un acte de Pla-
nard. — Demi-succès.
20 janvier 1808. — P/aute ou la Comédie latine^ trois actes en
vers, de Lemerder. — Mal accueillie.
26 février 1808.— V Assemblée de famille, de Riboutté Grand
succès.
13 avril 1808. — C Homme aiiijc convenances, un acte, envers, de
Jouy. — Deux représentations.
30 avril 1808. — Artaxerce, de Delrieu. — Grand succès.
(L^Empereur accorde à Fauteur une pension de 2,000 francs.)
29 octobre 1808. — Ixi Suite du Menteur, arrangée par An-
drieux. — Mauvais travail.
14 décembre 1808. — Louise ou la Réconcilialion, drame en
cinq actes, en prose, de M*""^ Simon Candeille. — Chute.
1*' février 1809. — Hector, tragédie en cinq actes , de Loice de
Landval. — Grand succès.
(L'Empereur accorde à Fauteur une pension de 6,000 francs.)
21 février 1809. — La Fontaine chez Fouquet, un acte, en prose,
de Dumolard. — Chute.
13 avril 1809. — Le Chevalier d industrie y comédie en cinq
actes, en vers, d'Alexandre Duval. — Demi-succès.
25 mai 1809. — Le Secret du ménage, comédie en trois actes,
en vers, de Creuzé de Lesser. — Succès.
7 juin 1809. — l^s Capitulations de conscience , cinq actes, en
vers, de Picard. — La pièce n'est pas achevée.
15 juillet 1809. — La Hrcanche, trois acte§, en prose, de Roget
et Creuzé. — Succès.
— 182 —
10 novembre 1809. — f^itelUe, tragédie en cinq acte» de Selve.
— Chute.
6 décembre 1809. — L' Enthousiaste ^ cinq actes, en vers, de
Valmalette. — Pas de succès.
29 janvier 1810. — Le Prisonnier en voyage^ trois actes, en vers,,
de Delaunav. — Pas de succès.
24 février 1810. — Brunehaut,Mdigédîe en cinq actes d^Aignan.
— Ilemi-succès.
6 juin 1810. — Le Fieux Fat, comédie en cinq actes, en vers,
d'Andrieux. — Succès contesté.
11 août 1810. — Les Deux Gendres, comédie en cinq actes, en
vers, d'Etienne. — Très-grand succès (1).
16 janvier 1811. — Un Lendemain de fortune, un acte, en prose,
de Picard. — Succès contesté.
20 février 1811. — Les Jeunes Amis, comédie en trois actes, en
prose, de Souque. — N'est pas achevée.
9 mars iSlt^-^ Mahomet II ^ tragédie en cinq actes, de Baour-*
Lormian. — Retirée à la septième représentation.
(i) On sait la polémique ardente que souleva rapparilion des
Deux Gendres, M. Etienne fut accusé de s'être servi d*un manuscrit
de Conaxa, ou plutôt de ne pas être l'auteur réel de sa comédie. La
lutte fut très-vive, au Théâtre, dans la presse et dans les salons, et
nous connaissons une très-curieuse collection de plus de trente bro-
chures, plus ou moins spirituelles, publiées pour ou contre l'auteur
des Deux Gendres, A cette époque, les nouveautés littéraires qui
avaient quelque importance étaient de véritables événements. Pour
la curiosité de nos lecteurs, nous leur donnons ici une liste de
quelques-unes de ces brochures les plus remarquées :
1. Épitre à l'auteur des Deux Gendres sur la préface de la 4e édi •
tion de sa comédie.
2. Critique raisonnée de la comédie des Deux Gendres, précédée
d'un examen de la préface supprimée de cette pièce et de réflexions
sur l'avis des frères Michaud* éditeurs de Comixa, suivie de l'errata
de la préface de M. Etienne, à l'usage des personnes qui en ont des
exemplaires.
5. Appel à l'impartialité dans le procès intenté à l'auteur des
Deux Gendres.
A, Petite Lettre sur un grand sujet.
5< Mes Révélations ^ur M. Etienne, les Deux Gendres et Conoxa,
par Lebrun-Tossa.
6. Lettre d'Alexis Piron à M. Etienne, académicien, ou Examen
— 183 —
2S man MU— L'Uemnmse Gmfemrt, rini liifl ée Dean-
22 awii ISll. — La Femume mU$amikrope, cmnédie en trois
ades, en vcn. — Chute.
t9 a q u é mbie ISll. ~ La Mamiede timdépemdamce^tmaéÊitm
cinq adeSfCn WK^éeGraDééeLessor. — ITesl pis aèhevée.
ciilî^ae de U coMiuJii de Commrm, rcme, corrigée, ■ugtnle<, et
■ÛM «I IVâtie pu* M. Étiene.
7. Ëpitre mt U coMédie des Dnuc Gemént, par Raovl.
8. Le Faateml de M. ËtieBiie, oa^nge presque acadêmîqae^ par
Cholet de ietphort.
9. Le Mai^ de Saut-Ëtiene, par Violet.
10. Histoire abr^ée d'an jemie boane persécuté, ou les îbooa-
véuesls de U gloire et des amb, pol-ponni en flsaiiière de ^ers, par
il. GhansoB de Désangiers, ou Petite Histoire d'un auteur Tani
12. Lettre à M. Étieniie par un habitant de Bar-sur-Oniain, suivie
du Bère, ou la Dernière Apparition de M. Etienne, par Doublât.
13. Le Secret de M. L^run-Tossa, ou Lettre à Fauteur de Mes
RéTélations.
14. Lettre de Nicolas Boileau à M. Élienne, en lui envoyant sa
7« Épître à Racine^ sur le profit à tirer des critiques.
15. Lettre d'un babitant de Versailles à Tauteur de la Réponse de
M. Hoffmann.
16. L'Étiennéide , poème épieo^«ilirique en deux cbauts, par
Rnthiger.
17. Vives escarmouches avec M. HoffioDann.
18. Apologie de fauteur des Deux Gfmdres^ dialogue entre ma
muse et moi.
19. L'auteur des Deux Gendres pris en flagrant délit, par Delpech.
20. Gmp d*œil impartial sur les Deux Gendres^ par Tiepler.
2i . Observations sur le jeune homme qui a écrit la comédie des
Deux Gendres^ par Lemaitre.
22. Nouveau éclaircissements en forme de conversation sur Co-
naxa et les Deux Gendres,
25. La Stéphanéide, ou Conaxa, les Deux Gendres et le Journal
de Paris.
24. Réponse à M. Hoffmaiin, ou Dernier Examen du procès in-
tenté par le public à M. Etienne.
25. Bataille gagnée et perdue, tant tués que blessés, personne de
— 184 —
3 octobre 181 i . — Les Pères créanciers, comédie en un acte, en
vers, de Planard. — Représentation unique^
13 déo^nbre 1811. *^ VAmteur et la critique^ comédie en un
acte, en vers, de Chéron. — Succès.
30 décembre 1811. — Annibal^ tragédie en trois actes, de Nor-
mandie. — Représentation unique.'
26 février 1812. — Le Ministre anglais, comédie en cinq actes,en
ver^, de Riboutté. — Cinq représentations; luttes au par-
terre.
24 avril 1812. — Mascarille ou la Sœur supposée, comédie en
cinq actes, en vers, de Charles Maurice. — Pièce de Rotrou
refaite; une seule représentation.
13 octobre 1812. — La Lecture de Clarisse, comédie en un acte,
en prose, de Rog«p. — Représentation unique.
17 novembre 1812. — UIndéciSy comédie en un acte, en vers,
de Charbonnière. — Succès.
14 janvier 1813. — Avis aux mères, comédie en un acte, en
vers, d'Emman. Dupaty. — Demi-succès.
27 janvier 1813. — Tippo-Saêb, tragédie en cinq actes de Jouy.
— Succès,
6 mars 1813. — L'Intrigante, comédie d'Etienne. — Succès.
9 avril 1813. — La Suite d'un bal masqué, comédie en un acte,
en prose, de M"»* dé Bawr. — Grand succès.
mort, ou Réflexions impartiales, spirituelles et piquantes sur les
Deux Gendres et Conaxa, par Mordai.
26. Les Gouttes d'Hoffmann, à l'usage des journalistes petits-
maitces, ou suite provisoire de la Stéphanéide, par Bou?et.
27. Conaxa et les Deux Gendres, ou Résumé des débats, servant
de réponse à M. Hofïmann, défenseur officieux de M. Etienne, par
Desquison de Saint-Agnan.
28. Histoire de Jean Conaxa, riche marchand d'Anvers, suivie du
parallèle de Conaxa, des Deux Gendres, des Fils ingrats et du Roi
Lear.
29. Fin du procès des Deux Gendres, par Hoffmann.
Hn est-ce assez? et tout cela dans la seule année de 1812, au
moment des plus grandes préoccupations politiques. Au bout du
coniple, c'était encore mieux que l'indifférence littéraire dont nous
jouissons.
— 185 —
19 avril laiS. ^ Ntius Ily tragédie en cinq actes, de Brifaut.
— Demi-succès.
22 septembre 1813. — La Nièce supposée, comédie en prose, de
Planard. — Succès.
17 mars 1814. — La Rançon de DuguescUn , tragédie en cinq
actes, d'Amault. — Une représentation.
26 avril 1815. — Racine et Cavoie, comédie d'Etienne. — Une
représentation pendant les Cent Jours.
Total, 75 pièces nouvelles dans l'espace d'une
douzaine d'années, et dont un très-petit nombre,
parmi celles qui ont réussi, pourraient être reprises
honorablement. Trois ou quatre seulement sont res-
tées au répertoire courant.
La Comédie française , que l'ère impériale fit si
grande, était donc surtout un théâtre d'exécution.
Mais quelle exécution ! Quelle perfection dans l'in-
terprétation de nos chefs-d'œuvre impérissables. On
peut dire que jamais le répertoire du premier, du
second et du troisième ordre n'a été mieux repré-
senté. La Comédie française possédait une réunion
incomparable de talents illustres; mais Napoléon
pensait à Favenir, et, dès le 3 mars 1806, il créait,
au Conservatoire de musique, une classe de décla-
mation en désignant comme professeurs Dugazon,
Monvel, Fleury, Dazincourt, Talma et Lafon.
Ce n'était donc pas essentiellement les"^pièces nou-
velles qui attiraient la foule au Théâtre-Français;
c'étaient Molière , Corneille , Racine , Marivaux ,
Regnard, Destouches, Beaumarchais et tous nos
maîtres interprétés par Fleur\ , Saint-Prix , Saint-
— 186 —
Fal, Talma/Michol, les deux Baptiste, Damas, Ar-
mand, Lafon, Thénard, Devigny , Michelot ; M"*'Rau-
court, Thénard, Contât, Mézeray, Desbrosses, Mars,
Bourgoin, Volnais, Duchesnois, Leverd, Diipuis,
Demerson, etc.; ce qui n'empêchait pas les pièces
nouvelles de concourir à la prospérité générale.
Bonnes ou mauvaises, elles piquaient la curiosité, il
fallait les connaître et les juger. On ne remplissait
pas alors la salle d'un public ami, et les premières
représentations étaient très-fructueuses. La Mort de
Henri IV di fait le premier jour 5,608 fr.; le Tjran
domestique j 3,825 fr.; les Templiers^ 5,075 fr.; et
les vingt premières représentations de cet ouvrage
74,074 fr. ; les Deux Gendre.^j 4,116 fr.; et les
vingt premières représentations 77,229 fr. Il est vrai
que, lorsqu'une pièce tombait, on ne persistait pas à
la jouer en l'absence du public, et en dépit de la re-
cette, on passait à une autre nouveauté, ou l'on re-
venait à l'ancien répertoire immédiatement.
En 1804, année du couronnement, le Théâtre-
Français a encaissé 559,671 fr., dont 111,494 fr.
de location. — En 1808, 666,798 fr., dont 120,329
francs de location. — En 1810, 781,800 fr., dont
133,152 fr. de location. En général, la moyenne de
chaque année était de 5 à 600,000 fr.
Les auteurs modernes recevaient en moyenne
40,000 fr. par an. Le droit des pauvres était du
onzième de la recette brute. Les artistes sociétaires^
— 187 —
n'avaient pas tous droit à la part entière : ils étaient
classés par catégories de part, trois quarts de part,
une demi-part et un quart de part. Les pensionnaires
peu rétribués ne grevaient pas le budget ; cinq ou
six suffisaient dans des emplois subalternes. Pour
rester au Théâtre-Français, il fallait être Sociétaire
de toute nécessité.
n est vrai que l'Empereur récompensait dignement
et royalement. Les grands talents recevaient des
subventions particulières sur sa cassette, et le ser-
vice de la cour était largement payé.
Nous avons constaté qu'un séjour de quelques
jours à Saint-Cloud a coûté 29,000 fr., un autre à
Fontainebleau 24,300 fr. Le voyage d'Erfurt a oc-
casionné une dépense de 25,920 fr., sans compter
les gratifications aux artistes; de 1810 à 1811, après
le mariage de l'Impératrice Marie-Louise, la cour
impériale a dépensé plus de cent mille francs, rien
que pour les spectacles donnés par le Théâtre-Fran-
çais. Mais voici qui est encore explicite.
C'est une lettre de l'Empereur adressée au comte
de Rémusa t.
« Dresde, 12 août 1813.
« Je vous envoie un état des gratifications que j'accorde
« aux acteurs de la Comédie française qui ont fait le voyage
« de Dresde ; cet état monte à la somme de 111,500 francs*
« Vous ferez solder ces gratifications par la caisse dés
« théâtres. »
188 —
Ciratlficatlons accordées aux comédiens français qui ont
fait le ToyafT® A® Dresde.
Desprez 6,000
Saint-Prix 6,000
Talma 8,000
Mi^Georges. 8,ooo
Fleury. : . . . 10,000
Saint-Fal 6,000
Miehoti . 4,000
Baptiste cadet 6,000
Annand 6,000
Thénard 4,000
Vigny 6,000
Michelot 4,000
Barlner 3,000
M"« Thénard 4,000
]Vpï« Emilie Contât 6,000
M^*" Mézeray. .^ 4,000
M^« Mars 10,000
M**« Bourgoin 6,000
M. Maignien 2,000
Les frères Frechot 1,500
Colson... .f 500
Gombre 500
Bouillon 500
Mongellas 500
Ces derniers figurants, «ouffleur
et perruquier.
Enfin, à ce document d'un si grand intérêt, nous
pouvons joindre cette seconde lettre de l'Empereur
adressée au général Drouot :
« Dresde, 12 août 1813.
« J'approuve que vous fassiez payer aux comédiens fran-
« çais les 44,800 francs auxquels vous évaluez leurs frais de
« retour ; ces frais de voyage doivent leur être payés ici
« avant leui' départ. »
L'Empereur entendait que tous les membres de sa
famille et les grands dignitaires de la couronne eussent
leur loge au Théâtre-Français. Lui-même donnait
Texemple, en payant sa loge 21,000 fr. ; la reine
flortense, pour la sienne, 3,280 fr. ; S. A. Tarchi-
— 189 —
chancelier, 5,280 fr. ; le prince de Neufchâtel ,
8,800 fr. ; le gouverneur de Paris, 2,400 fr. ; le
prince de Bénévent, 9,048 fr. ; le duc de Cadore,
6,518 fr.; la princesse de Ponte-Corvo, 3,280 fr.; le
duc de Rovigo, 5,280 fr. ; la duchesse de Casti-
glione, 2,112 fr. ; et le duc de Valmy, M™® de Beau-
fremont, M. Rœderer, tous les ministres, la prin-
cesse de Suède, le roi Joseph, le prince Lucien, le
prince de Talleyrand, le prince architrésorier, M. de
Pontécoulant, M. de Montalivet, le prince d'Essling,
M™® Récamier, le duc de Massa , le duc d'Albuféra,
le prince de Neufchâtel, la princesse de Gallitzin,
M™® de Noailles, et toutes les sommités de ce temps-là.
Nous avons pu nous assurer que la moyenne de
la location des loges était de 12,000 fr. par mois,
soit 144,000 fr. par an.
Si l'art doit avoir des protecteurs, c'est aux plus
hauts degrés de l'échelle sociale. L'Emper«ur le
comprenait et le voulait ainsi.
. ■ ii.
CONCLUSION
**
9
^-
*■
CONCLUSION.
IaA €>»Hi»IE FBAMÇ AUE AVTWJEJILMàR.
PoovoDS-nous croire notre tâche accomplie , oo
ao moins la modeste mission que nous nous étions
imposée y celle de réunir, à Faide de documents
épars, de simples notes devant servir à écrire plus
tard une histoire complète du Théâtre-Français?
Notre ambition serait satisfaite si le travail que nous
publions pouvait être utile à titre de renseigne-
ment. La vérilé est que les regards que Ton jette
sur le passé ont toujours pour résultat d'amener
une comparaison avec le temps présent. Le Théâtre-
Français sous TEmpire de 1804 attire donc l'at-
tention sur le Théâtre-Français sous TEmpire de
1853 9 et Ton est conduit naturellement à penser
que l'œuvre commencée et achevée par Napoléon P',
Napoléon III la continuera.
Le fait est que depuis 1815, mais surtout depuis
— 194 —
1830, lesbasesdelaconsiitulion de la Comédie fran-
çaise ODt élé fortemenl ébranlées. La Restauration
avait respecté le décret deMoscoD, en promulguant de
nouveaux décrets calqués sur cette loi mère; mais,
après 1830 , le système de l'interprétation en^*abis-
sant toutes choses, et toutes choses étant remises en
question , la Comédie française a élé livrée intérieu-
rement à l'anarchie administrative, et les minis-
tres substitués au surintendant, l'État mis au lieu
et place du Souverain, la position du Théâtre-Fran-
çais a dépendu chaque année de la volonté minis-
térielle ou d'une simple majorité dans la chambre
des représentants du pays. On invoquait bien ton-
jours Tesprit du décret de Moscou, mais on ne le
respectait pas.
Depuis plus de trente années, la Comédie fran-
çaise n'a pas en un seul instant de repos, et elle a
marché constamment ballottée entre Tordonnance
de la veille et le décret du lendemain. Au lieu et
place des institutions de l'Empire, qui , tout en vou-
lant être obéies, ne confisquaient cependant au pro-
fit du pouvoir aucune des libertés ni des franchises
de la société des comédiens, nous avons les deux
ordonnances de Louis XVIII, de 1816 et de 1822^,
qui laissent plus de latitude au libre arbitre et au
bon plaisir. Les comédiens avaient bien signé, le 17
février 1823, des conventions particulières à an-
nexer à Tacte de germinal an XII ; ces conventions
— 195 —
avaient bien été approuvées par ordonnance royale
du 17 juillet 1823; mais déjà, quelques années
plus tard , on sentait le besoin de régulariser la si-
tuation d'une manière plus complète , et l'ordon-
nance de Charles X, du 19 août 1829, avait été
longuement élaborée par le comité de l'intérieur du
conseil d'Étai. Il est vrai que cette ordonnance n'a
jamais vu le jour, et les 4&jiemplaireâl inédits qui en
existent sont autant de curiosités bibliographiques
fort difficiles à rencontrer.
Après la révolution de 1830, on va jusqu'à por-
ter devant le conseil d'État la question de savoir si
les artistes du Théâtre-Français sont Constitués en
Société commerciale; si le Gouvernement a le droit
de dissoudre cette Société; si l'État est responsable
des chargés et des dettes de Tentreprise. Le conseil
d'État répond : oui , la Société du Théâtre-Français
est commerciale ; non, le Gouvernement n'a pas le
drok de dissoudre cette Société ; oui, le Gouverne-
iDent est responsable comme intervenant dans les
faits d^administration intérieure du Théâlre-Fran*
çais.
En 1833, on permet aux comédiens de proposer
au choix du ministre un directeur gérant de la So-
ciété ; et c'est en vertu de cette autorisation que
M. Jousiin de la Salle est nommé directeur le 8
juin 1833; révoqué le 18 janvier 1837, M. Jousiin
de la Salle est remplacé par M. Vedel, en vertu de la
15.
— 198 —
présenter, chaque année, à Vapprobation du ministre de Tinté-
rieur, le budget du Théâtre , dressé par le comité d'administra-
tion et soum(is à l'examen de l'assemblée générale des Sociétaiies ;
2<» D'ordonner, dans les limites portées au budget pour chaque
nature de dépenses , celles qui seront nécessaires pour toutes les
parties du service , et de signer, à cet effet , tous ordres de four-
nitures et mandats de payements ;
8<* De passer les marchés, souscrire les obligations pour le ser-
vice , et signer tous actes dans Tintérêt de la Société , conformé-
ment aux délibérations du comité : ceux des actes dont la durée
excédera une année devront être approuvés par le ministre de l'in-
térieur ;
4*^ D'exercer, tant en demandant qu'en défendant , conformé-
ment aux délibérations du comité , toutes .les actions et tous les
droits de la Société des comédiens , après avoir pris l'avis du con-
seil de la Comédie , de l'assemblée générale , et l'autorisation du
ministre; de faire tous actes conservatoires et tous recouvre-
ments ;
5» De faire les engagements d'acteurs pensionnaires dont la
durée n'excède pas une année;
&* D'inspecter, régler et ordonner, dans toutes les parties de la
salle et des magasins, et de déléguer, à cet effet , s'il le juge né-
cessaire, un ou plusieurs membres du comité d'administration ;
7» De prendre toutes les mesures relatives au service intérieur,
aux entrées, loges et billets de faveur, à la convocation et à la
tenue des comités et des assemblées générales , aux affiches et
annonces dans les journaux ;
8<> De distribuer les rôles , sauf les droits des auteurs, et sans
pouvoir imposer aux Sociétaires des rôles en dehors de leurs em-
plois ;
9» De statuer définitivement sur la formation du répertoire et
sur les débuts;
10^ De donner les tours de faveur, lesquels ne pourront être
accordés à plus d'une pièce sur deux ouvrages reçus;
11» De donner les congés, en se conformant, pour leur répar-
tition, aux dispositions du règlement , et sans pouvoir en accorder
plus de six mois à l'avance, ni pour des époques périodiques ;
12" De prononcer des amendes, dans les limites du maximum
et du minimum fixés par le règlement.
— 199 —
11 exerce, en outre^ les fonctions attribuées par le décret du 15
octobre 1812 au commissaire du Gouvernement prés le Théâtre-
Français.
Art. 3. L'administrateur, après avoir pris l'avis du comité d'ad-
ministration, propose au ministre de l'intérieur :
P Les admissions des Sociétaires ;
2» Les accroissements successif de la part d'intérêt social , en
ayant égard tant à la durée et à l'importance des services qu'à la
nature de l'emploi; ces augmentations pourront être, à l'avenir,
d'un douzième de la part sociale;
a® Les engagements d'acteurs pensionnaires dont la durée ex-
cède une année ;
4^ Les décisions relatives au partage des bénéfices et à la fixa-
tion des allocations annuelles distribuées aux Sociétaires;
5" Les règlements relatifs aux congés , aux amendes et autres
peines disciplinaires, ault feux, à la composition du comité de lec-
ture, à la nomination de ses membres et à la tenue de ses séances.
Art. 4. L'administrateur donne son avis au ministre de l'inté-
rieur sur tous les objets non compris dans- les articles précédents
concernant le Théâtre-Français.
Art. 5. Toutes les personnes attachées au service du Théâtre,
le caissier et le contrôleur général exceptés , sont à la nomination
de l'administrateur.
Art. 6. L'admhiistrateur présente au ministre de l'intérieur,
le 1"' avril et le 1" octobre de chaque année, un rapport détaillé
sur sa gestion , dans lequel il fait connaître les pièces reçues à
l'étude ou jouées, les travaux des acteurs et les résultats généraux
de l'exploitation.
Art. 7. Les rapports semestriels de l'administrateur sont com-
muniqués avec toutes les pièces justificatives au comité d'admi-
nistration , qui , sous la présidence du membre le plus ancienne-
ment reçu Sociétaire , est admis à les discuter et adresse directe-
ment ses observations au ministre de l'intérieur.
Art. 8. L'administrateur ne peut faire représenter aucune pièce
n'ayant pas encore fait partie du répertoire du Théâtre-Français ,
si elle n'a été admise par le comité de lecture.
Art. 9. L'administrateur a droit :
1" A un traitement égal au maximum de l'allocation annuelle
d'un Sociétaire ;
— 200 —
2^ A une part dans les bénéfices nets 9^^ égale à deux fois le
maximum d'une part de Sociétaire.
Il lui est alloué en outre, pour frais de service, une indemnité
dont la quotité est fixée par le ministre de l'intérieur.
§ II. DU COMITÉ d'administration.
Art. 10. Le comité d'administration, composé conformément à
l'art. 30 du décret du 15 octobre 1812, dresse le budget du
Théâtre.
Il délibère :
10 Sur les comptes du Théâtre , sur les marchés à passer, sur.
les obligations à souscrire , sur les crédits extraordinaires et pla-
cements de fonds;
2^ Sur les actions à intenter ou à soutenir au nom de la So-
ciété;
3<^ Sur les objets compris dans l'art. 3 ;
4^ Sur les rapports semestriels de l'administrateur ;
5^ Sur la mise à la retraite des Sociétaires après dix ans de
service.
§ III. DE l'assemblée générale.
Art. 11. L'assemblée générale des Sociétaires délibère :
i^ Sur le budget et les comptes du théâtre, sur les crédits ex-
traordinaires et placements de fonds ;
2^ Sur les actions à intenter ou à soutenir au nom de la Société.
TITRE II.
Des Sociétaires.
Art. 12. Chaque Sociétaire a droit à une allocation annuelle, à
des feux, à une quotité dans les bénéfices nets, à une représenta-
tion à son bénéfice, à une pension.
L'allocation annuelle , calculée proportionnellement à la quotité
— aci-
de la part sociale, ne peut dépasser le manmiini des allocations
fixes, précédemment accordées aux Sociétaires ; elle sora payable
par douzième.
La quotité des feux, suivant les services et emplois, sera déter-
minée par le règlement.
La quotité dans les bénéflces nets est proportionnée à la part
ou portion de part de chaque Sociétaire.
Une moitié est mise en réserve et soumise aux dispositions des
art. 22, 23, 24, 25, 26 et 27 du décret du 15 octobre 1812.
La représentation à bénéfice est accordée au Sociétaire à Té-
poque de sa retraite définitive , après vingt ans au moins de ser-
vice en qualité de Sociétaire.
La pension de retraite ne sera acquise à l'avenir qu'après vingt
années de service, à partir du jour de l'admission au titre de So-
ciétaire. Elle est fixée et liquidée conformément au décret du 15
octobre 1812. Elle ne peut, dans aucun cas, sauf les droits acquis,
dépasser la quotité déterminée par l'art. 13 dudit décret.
Art. 13. Après une période de dix années dé service à partir
du jour de la réception, il sera statué de nouveau sur la position
de chaque Sociétaire reçu postérieurement à la promulgation du
présent décret. Le ministre , après avoir pris l'avis de l'adminis-
trateur et du comité d'administration , pourra prononcer la mise
à la retraite conformément à l'art. 16 du décret du 15 oc-
tobre 1812.
Dans ce cas le Sociétaire aura droit au tiers de la pension qui
lui aurait été due après vingt ans de service, et sera libre d'exercer
son art, soit à Paris, soit dans les départements.
Art. 14. Tout Sociétaire qui, après vingt années de service,
n'aura pas été, en vertu de l'art. 14 du décret du 15 octobre 1812,
mis en demeure de continuer à jouer sur le Théâtre-Français, sera
libre de jouer sur les théâtres des départements. Il ne pourra
jouer sur des théâtres de Paris qu'avec l'autorisation du ministre
de l'intérieur, et sauf interruption du payement de sa pension de
retraite, pendant la durée des engagements qu'il aura contractés
sur ces théâtres.
Art. 15. Les acteurs seront tenus, sous les peines qui seront
déterminées par le règlement, de se soumettre aux ordres de ser-
vice donnés par l'administra teur.
Ils ne peuvent, sous les mêmes peines,
I.
— 202 —
1» Refuser anciuii rôle de leur emploiv, ni s^opposer à ce qu'un
autre acteur le partage avec eux;
2<> S'absenter sans congé ni dépasser le terme du congé obtenu.
Les peines d^ciplinaires autres que les amendes ne peuvent être
prononcées que par décision du ministre de Tintérieur, sur la pro-
position de Tadministrateur.
TITRE III.
De la Comptabilité.
Art. 16. Le budget des recettes et des dépenses du Théâtre-
Français est dressé chaque année et approuvé dans les formes pres-
crites par l'art. 2.
Il comprend les prévisions de recettes et de dépenses afférentes
à toute la durée de l'exercice.
Sont seuls considérés comme appartenant à un exercice , les
services faits et les droits acquis à la Société ou à ses créanciers,
du V janvier au 31 décembre de l'année qui donne son nom audit
exercice.
Art. 17. La subvention accordée par l'État est versée, chaque
mois et par douzième, dans la caisse du théâtre.
Art. 18. Il est ouvert, au budget de chaque exercice, un cha-
pitre spécial destiné à pourvoir aux dépenses que le ministre de
l'mtérieur croirait utile d'autoriser, dans l'intérêt du théâtre, en
dehors ou en supplém^t des prévisions portées aux autres chapi-
tres du budget.
La quotité du crédit ouvert par ce chapitre est déterminée
chaque année par le ministre ; elle ne peut excéder le cinquième
du montant de la subvention.
Il ne peut être imputé de dépense sur ledit chapitre qu'avec
l'autorisation du ministre.
Art. 19. Les placements de fonds et les dépenses extraordinai-
res, non prévus au budget ou excédant les crédits alloués, ne peu-
vent être proposés et autorisés que dans les mêmes formes que le
budget.
Art. 20. Le caissier ne peut faire aucun payement que sur un
mandat signé de l'administrateur.
Pour les dépenses extraordinaires prévues par les art. 18 et 19^
— 2a3 —
larfnnmaffft m pou s^ék in ^ cb icrtH d ine autorisa-
tk» ipécûde éi Hrâlre de n^mnr.
La iqmtîlk i des J t far é n Bg entre les Soriftwfi ne pent avoir
Ueu que snKant on état Aessr par radnbiîslrateiir et appravré
par le mmirtre de nmérieur.
Alt. 21. La mnnnA i itr di caisBar est tenw en partie doiÉile.
Iljra DB jonal^ an prand-tivre. et autant de fines amiliaîres
qnH j a sur le grand-fi^ie de eonples donnant lien à des déve-
Chnqne opmlion inscrite dans la eomptattlitr dn Théâtre doit
être ^ipnviée de jnrtfiralions regniières.
ArL 22. L'adminîstratciir tient enregistrement des maidats de
reeette et de dépense quH défirre^ des nuffchés et engageoMnts
qull souscrit^ des entrées, lo^es et hillets de ^Tciir qull aeoorde,
des ordres généraux de senrîce, et de tous les actes qull ait ou
ordonne dans rinterét de la Société.
Art. 23. Le 1^ de chaque mois, pour le mois préeédoit., Tad-
ministrateur adresse au ministre de ^Intérieur le compte des re>
œtles et des dcpwtses de la Société , avec toutes les justifications
rédamées pv le ministre.
Art. 24. La comptabilité au Théâtre est soumise, sur la de-
.mande éa ministre de llntérieur, à la Ténfieation des inspecteurs
généraux et particuliers des finances.
La gestion de radministratrar est soumise aux inspections ad-
mimstratÎTes que le ministre juge utUe d^ordonner.
Art. 2d. Il sera procédé, dans le délai de trois mois, par un
agent du ministre de llntérieur, oonéurrenunent avec Tadminis-
trateur et le plus ancien des Sociétaires, à un récolement général
de tous les objets composant le matériel, le mobifier, la ooUeetion
de tableaux et de sculptures, les archives et la bibliothèque du
Théâtre.
Les mouvements de ce matériel sont soumis à une compta-
bilité d'entrée et de sortie.
Chaque année, les résultats de cette comptabilité sont constatés
dans un inventaire, ^ il est procédé à un récolement général,
dans les formes indiquées ci-dessus.
Un double du procps-verbal de récolement est remis au minis-
tère de rintérieur, après avoir été communiqué au comité d'ad-
ministnition.
— 204 —
Art. 26. Le compte de l'exercice de chaque année reste ouvert
jusqu'au l*"^ avril, pour le complément des opérations engagées
avant le 31 décembre de Tannée précédente , conformément à
l'art. 16.
Il est définitivement arrêté le l^** mai de l'année suivante.
11 comprend toutes les recettes réalisées et les droits acquis
dans la période de l'exercice ; toutes les dépenses faites ou enga-
gements contractés, pour des services faits, pendant la même pé-
riode, et constate l'excédant de recettes , formant les bénéfices à
répartir, conformément aux art. 9 et 12 ci-dessus.
Art. 27. Ce compte est certifié par l'administrateur, soumis par
lui à l'examen de l'assemblée générale et à l'approbation du mi-
nistre.
A l'appui dudit compte sont joints :
1° Un état présentant la situation des valeurs de caisse et de
portefeuille, à la date de la clôture de l'exercice ;
2« Un état des engagements contractés ;
3° L'inventaire du matériel.
Art. 28. Les dispositions encore en vigueur du décret du 15 oc-
tobre 1812 auxquelles il n'est pas dérogé par le présent décret ,
continuent à recevoir leur exécution.
Le ministre de l'intérieur continue à exercer ceux des pouvoirs
conférés au surintendant à l'égard desquels il n'est point statué
par le présent décret.
Art. 29. Le ministre de l'intérieur est chargé de l'exécution du
présent décret.
Fait à Paris, à l'Elysée National , le 27 avril 1850.
Louis-Napoléon Bonaparte
Le Ministre de Vintérieur^
J. Baboghe.
— 205 —
Est-ce assez d'inslabriitê , Je revirements et d'in-
conséquences ? Dans des conditions aussi mouvantes,
une institution sérieuse peut-elle'prospérer ou seu-
lement exister qu^au moyen des plus grands sacri-
fices? On pourrait foire un gros volume de Béné-
dictin avec les notes, mémoires, réquisitoires et
consultations éVoqués depuis quelques années sen-
lem^it à propos de la Comédie française : M** Ri-
pault, Marie, Paillet, de Vatimesnil, Ch. Du pin ,
Odilon Barrot, toutes les lumières du barreau con-
sultées, sans parler des procès et des difficultés
de toutes sortes aboutissant à l'ordonnaDce de 1830.
Cette ordonnance doit-elle être le port où Ton vent
atteindre, le calme que Ton espère. Tordre, la régula-
rité, rissueà laquelle tendent tons les vœux? Nous
ne le pensons pas, parce que nous avons la convic-
tion intime que ce que le Président de la République a
pu préparer , l'Empereur Napoléon III le complétera.
Le Théâtre-Français est aussi nécessaire à la gloire
de notre civilisation que les musées qui font notre
orgueil : « Les destinées de la Comédie française
c( importent à Thonneur littéraire du pays, » disait
M. Samson , Thonorable doyen actuel des Sociétai-
res, dans un excellent travail publié en 1846; et
il ajoutait : « La Comédie française a pris sa part de
K la gloire du grand siècle. On se souvient encore
« de Féclat quelle a jeté sous TEmpire. La réduc-
« tion des théâtres, ordonnée par un décret impé-
— 206 —
a riai da 8 aoûl 1 807 , servit puissamineDt les idté-
c< rets des Sociétaires. Napoléoa aimait à détourner
<c sa pensée des préoccupations les plus terribles
« pour les reporter sur eux > sur leurs travaux , sur
« leur avenir... Les hauts fonctionnaires de TEm-
c( pire avaient mis au nombre de leurs habitudes
« la représentation de nos chefs-d'œuvre^ obéis*
« saut ainsi à l'exemple et aux désirs du souverain;
<c car notre gloire dramatique était chère à l'Empe-
<i reur : c'est avec la gloire des armes celle que les
« nations rivales de la France osent le moins lui dis-
<c puter. »
Nous ne pourrions certes pas si bien dire, et citer
l'opinion de M. Samson, c'est s'appuyer sur la plus
compétente et la plus respectable autorité.
Oui , la Comédie française est le véritable théâ-
tre de la nation , le vrai temple élevé au culte de
la poésie française, l'unique maison de Molière,
de Corneille et de Racine, la scène illustrée par
des auteurs dramatiques dont un grand nombre
l'ont aussi honorée par leurs talents d'artistes so*
ciétaires depuis Molière, le père de la Comédie, jus-
qu'à nos jours. Il faut donc sauvegarder le Théâtre-
Français, c'est-à-dire l'art tout entier. La multiplicité
des scènes de troisième ordre , l'état de dégradation
où en est arrivée la littérature dramatique , la dif-
ficulté que l'on éprouve à recruter des sujets d'un
mérite satisfaisant sont des obstacles qu'il faut com-
— 207 —
hÊHùre. D'ud bout de la France à l'autre ce ue sont
que flonflons et ritournelles , que piètres et minces
vaudevilles, dont le moindre défaut est de porter at-
teinte à l'esprit moral des populations. Quant à la
musique, qui , elle aussi , est un art noble et élevé ,
elle a tout envahi aux dépens de la comédie, et
Texécution des grands opéras continue à ruiner
toutes les administrations de la province. En atten-
dant des temps meilleurs, auxquels il est impossible
de croire sans la protection du Gouvernement, sans
son intervention ferme et énergique, les comédiens
manquent, et le Conservatoire et TOdéon restent
seuls pour alimenter la scène française, ce qui est
loin de suffire ; car si le Conservatoire forme d'ex-
cellents élèves, il ne fait pas de comédiens.
Est-ce à dire pour cela que la Comédie française
ne renferme pas encore de beaux éléments de suc-
cès et d'exécution? Tout le monde sait le contraire.
Le Gouvernement a placé à sa tête, pour la diriger,
un littérateur distingué, artiste passionné et éclairé,
un homme jeune, intelligent, rempli de bonnes in-
tentions et de bienveillance, et qui a déjà su ren-
dre au Théâtre-Français une part importante de
prospérité. M. Arsène Houssaye est tout prêt à con-
tinuer son œuvre, si on lui laisse des moyens d'ac-
tion. Non, ce ne sont pas les éléments dont on
dispose qui peuvent faillir à la mission imposée au
Théâtre-FranÇais ; ces éléments, il ne s'agit que de
— sos-
ies coordouuer pour en tirer le plus grand parti pft^-
sible. La littérature dramatique de 1810 n'existait
guère qu'à Tétat de pâle imitation du xviii^ siècle ;
celle de 1853 a de la valeur, elle est elle-même,
elle essaye, lutte, combat et triomphe souvent.
Les talents supérieurs abondent, mais ils ont be-
soin de sérieux encouragerDents. Le répertoire clas-
sique est d'une richesse incomparable, il faut le
jouer avec honneur. Le répertoire moderne est abon-
dant en œuvres spirituelles, pleines de sève, de
verve et de style; on doit tendre à Tépurer et à le
choisir avec soin. Les petits actes, au Théâtre-Fran-
çais, doivent être tous remarquables; les grandes
pièces, des œuvres supérieures longuement élabo-
rées. Rien de tout cela ne nous manque , et nous
avons encore, ce qui est inappréciable, l'interpré-
tation savante et studieuse des chefs-d'œuvre con-
sacrés.
N'avons-nous pas, en effet, M*'® Ràghel, le point
culminant aujourd'hui de la scène française, la tra-
gédienne inspirée, la véritable Melpomène antique,
la plus riche organisation que la scène ait possédée?
N'avons- nous pas Samson, le Mole de notre épo-
que , école vivante de pure diction , d'atticisme et
de bon goût; ie professeur érudit, l'auteur spiri-
tuel , l'expérience et l'autorité du Théâtre-Français ?
N'avons-nous pas Beauvallet, le dernier repré-
sentant de la tragédie classique; Geffroy, dont la
— 209 —
I
4|d||StiQCtion , les études d'artiste , la noblesse, la di-
gnité sont d'un comédien de premier ordr#j Ré-
gnier, dont le mordant et le vrai comique égalent le
profond savoir et l'érudition théâtrale; Provost,
dont la bonhomie et la verve rappellent les Grandmé-
nil , les Caumont et tous les maîtres dans l'interpré-
tation de la comédie de Molière? N'avons- nous pas
le plus franc sourire , la plus aimable gaieté, l'esprit
le plus vif, la fine soubrette jointe à l'élégante co-
médienne, le tout personnifié dans M"® Augustine
Brohàn? Et M"®Denain et M"® Madeleine Brohan,
qui se partagent, avec un talent plein d'avenir et
tout l'éclat de leur beauté, l'héritage, si difficile à
accepter, de M"® Mars ; et toutes ces charmantes et
jolies femmes, qui luttent entre elles de mérite,
W^^ Rébecca , M^^« Judith , M"® Bonval , M"* Natha-
lie ? Et pourrait-on oublier que la nouvelle Société
du Théâtre-Français s'apprête à marcher sur les
traces de l'ancienne, et que Brindeau, Lerodx,
Maillart, Got, Delaunay, Maubant, Louis Mon-
ROSE ne sont pas déjà les dignes héritiers de leurs
devanciers ?
Il n'y a donc qu'à vouloir , la Comédie française
est encore le premier théâtre du monde et ne de-
mande qu'à prospérer.
Le malheur est tout entier dans l'oubli des règle
ments d'administration intérieure ; et, si Ton trouve
le moyen d'innover, on ne le pourra, d'une ma-
— 2*0 —
nière efficace, qu'en respectant les traditions, qu'||||^
tenan^compte des droits acquis et des services ren^
dus, qu'avec le maintien de l'équilibre d'un budget
que le chiffre des pensionnaires écrase; et en se
rappelant qu'un personnel de cinquante personnes
est inutile là où trente ou trente-cinq artistes,
dont la grande majorité devrait être Sociétaire,
suffisent pour assurer le service amplement. En
général, la qualité vaut toujours mieux que la
quantité.
On doit donc hâter de tous ses vœux une régie-
mentation définitive du Théâtre-Français. Peut-être
le décret de 18S0 ne supplée-t-il pas dans toutes
ses parties à l'ordre administratif du décret de Mos-
cou , qui porte dans ses moindres détails Tadmira-
Ue régularité du génie de son auteur, ordre su-
prême qui consiste dans la pondération intelligente
d'un pouvoir digne ^ fort et respecté, ^ les fonc-
tions d^un comité composé d'artistes expérimentés
et dévoués aux intérêts de leur maison comm^une ,
sorte d'autorité oligarchique,. respectable par cela
même qu'elle repose , comme nous le disions tout
à l'heure, sur Tes droits acquis.
Ainsi, et pour ne citer qu'un exemple, n'arrive-
t-on pas à démontrer que le temps du Socié-
tariat , réduit de vingt à dix années , facultative-
ment il est vrai, peut engager à admettre dans
la Société des talents trop jeunes, non éprouvés.
— ÎH —
lÉBcepiibles de ne pas réaliser les espérances qo^ils
faisaient concevoir; et encore qne les années de
service comme pensionnaire ne comptant plus, on
aspire trop vite an rang de Sociétaire, on Ton pré-
fère on engagement lucratif, dans on théâtre de
genre, à la position éphémère d'un Sociétaire ayant
accompli ses dix années et possesseur peu enrichi
d'une rente de i,300 francs ? N'oublions pas que le
Sociétariat de la Comédie française a toujours été
considéré comme le bâton de maréchal d'un comé-
dien, et qu'il faut que la part reste belle si l'on veut
qu'elle soit poursuivie et enviée.
Nous croyons que l'organisation d'nne surinten-
dance générale des théâtres impériaux, et spéciale-
ment de la Comédie française, serait une mesure
efficace en ce qu'elle nous ramènerait aux traditions
monarchiques et à celles de TEmpereur. On parle
d'abus ? Ils disparaîtraient sans aucun doute. Chargé
d'exécuter les termes d'un décret s'inspirant de cette
législation suprême de i 81 â , un surintendant gé-
néral ne pourrait pas sortir des voies l^les au pro-
fit de certains intérêts particuliers ; on saurait où
s'arrête le droit et où il commence ; on verrait la
loi respectée et toutes les positions franches et net-
tes, ne serait-ce que celle d'un administrateur,
commissaire du Gouvernement, aujourd'hui respon-
sable d'actes qui peuvent se trouver répréhensibles,.
et qui ne sont pas toujours de son fait.
— 212 —
Mais nous avons confiance en Napoléon Ilf.
Comme tous les grands esprits, comme tontes les
natures élevées et exceptionnelles , TEmpereur aime
les arts et les lettres, et nous savons qu41 affec-
tionne le Théâtre-Français. L'Empereur ne le prouve-
t-il pas chaque jour par sa présence fréquente dont
S. M. veut bien honorer notre première scène ; ne
l'a-t-il pas prouvé en rendant aux Sociétaires le
titre glorieux de ses Comédiens ordinaires ? Sous le
poids d'un loyer onéreux , et devenu d'une percep-
tion injuste depuis que la salle du Théâtre -Français
appartient à l'État, la Comédie ne doit-elle pas à la
munificence de l'Empereur et à l'active interven-
tion de M. le comte de Morny, alors ministre de
l'intérieur, l'exonération définitive d'une charge
énorme que rien ne pouvait plus justifier? Depuis
lors , et par cela seul , FEmpereur a assuré irrévo-
cablement les pensions de retraite que les cent mille
francs dont Napoléon V^ a doté la maison de Mo-
lière étaient destinés à acquitter concurremment avec
le loyer de la salle. Ce sont là des gages assurés pour
une protection plus efficace. Nous y croyons ferme-
ment, en vertu de deux grands principes qui obli-
gent le TRÔNE et le nom impérissable de Napoléon ,
nom deux fois immortel par le génie et la puissance
organisatrice de Napoléon V^ et de Napoléon III.
Et, d'ailleurs, pourquoi s'inquiéter? Comment
pourrait péricliter et disparaître cette institution si
— 213 —
précieuse de la Comédie française ? N'a-t-elle pas au-
jourd'hui pour la sauvegarder notre noble souveraine,
l'Impératrice, la protectrice de Tintelligence , et
l'Impératrice ne sera-t-elle pas pour le Théâtre-
Français comme pour les lettres et les arts , comme
pour la France, l'ange tutélaire qui veillera sur nos
destinées ?
Quant à nous, nous n'avons voulu qu'essayer
humblement de formuler la ferme espérance qui
nous soutient et nous inspire. Puisse notre modeste
et bien imparfait travail apporter comme une pierre
infime au grand œuvre d'organisation qui se pré-
pare et qui ne tardera pas à être accompli.
MATIÈRES
CONTENUES DANS CE VOLUME.
ÂTertissement 7
Règlements de la Comédie française, depuis son établissement
en 4680 ii
Acte de société du 27 germinal an XLI 29
Décret de Moscou 45
Documents historiques, relatifs à la Comédie française sous le
règne de Tempereur Napoléon P' 61
Programme des spectacles de la Cour impériale 91
Liste générale et récapitulation de ces spectacles 171
La littérature dramatique sous TEmpire 175
Conclusion. — Le Théâtre-Français actuel '. 191
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